Publicité

Boodhoo dresse la liste des faillites du PTr

23 mai 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Cinq heures, montre en main, au dire du Speaker adjoint, Me Robert Rey. Telle est la durée de l?intervention d?Harish Boodhoo sur le dernier discours budgétaire de Veerasamy Ringadoo. Fin mai 1981, le leader du PSM dresse un « noir tableau » des faillites du gouvernement dirigé par Seewoosagur Ramgoolam. En bref, il fait le bilan de la faillite d?une politique de diversification agricole et celle de notre industrie de la pêche. Il se livre à de graves allégations contre la State Bank et propose l?institution d?une State Trading Corporation qu?appréhende le secteur privé.il est catégorique : la politique et la stratégie économiques du tandem Ramgoolam/Ringadoo sont orientées vers l?emprunt. L?endettement est le triste résultat de la dilapidation des fonds publics, avec pour résultat peu glorieux : le désespoir créé par la mauvaise gestion, le manque de planification et la corruption sur une grande échelle. Le PTr gouverne l?île Maurice by trial and error. Il échoue dans tout ce qu?il entreprend parce qu?il porte les visières du capitalisme et de la bourgeoisie d?Etat.

Son échec n?est jamais plus grand que dans le domaine de la diversification agricole. De 1976 à 1979, le gouvernement dépense Rs 661 millions en subsides à l?importation de riz étranger. Cette somme aurait-elle été mise à la disposition des planteurs locaux que Maurice aurait pu produire à un coût compétitif le riz qu?elle consomme. Les projets agricoles du gouvernement travailliste s?évaporent dans l?atmosphère en raison de la lenteur, de la léthargie administrative et bureaucratique. C?est ce qui arrive quand les décisionnaires officiels ne sont pas certains de prendre la bonne décision. Ils privilégient alors les valses-hésitations. Boodhoo se demande ce qu?il adviendra de l?île Maurice si l?on devait enregistrer une sérieuse pénurie de riz sur le marché mondial.

Les comités de haute instance chargés de la diversification agricole multiplient les réunions mais pas les résultats bénéfiques pour la population. Boodhoo procède alors à la litanie de nos échecs commerciaux : Rs 70,7 millions de maïs importé de 1977 à 81 ; Rs 13 millions de noix de coco importées de 1976 à 1979 ; Rs 13.5 millions pour 178 tonnes de café; Rs 900 000 de? thé importé ; Rs 115 millions de fruits; Rs 367 millions de viande; Rs 367 millions de lait en poudre; Rs 3.4 millions pour 312 tonnes de pistaches importées de 1976 à 79 ; Rs 192 millions d?huile comestible ; Rs 729 000 pour l?importation de 335 tonnes de sel de cuisine ; Rs 10.4 millions d?oignons et Rs 3.4 millions pour l?importation de 334 tonnes d?ail.

Or Rodrigues peut aisément produire 25% sinon davantage de nos besoins en maïs. Maurice peut être autonome en miel, noix de coco, fruits, épices, poissons. ?C?est une honte, estime-t-il, d?importer ce que nous pouvons produire localement?. Il n?y a jamais eu de volonté politique de cultiver scientifiquement la banane à Maurice. Les prospections des marchés extérieurs pour nos letchis et ananas sont faites de façon superficielle. Le seul secteur agricole, où nous pouvons nous vanter des progrès réalisés, est celui de la production du poulet et encore, tout le mérite revient au secteur privé. Merci Michel !

En 1974, Maurice possède 20 000 vaches ! Ce chiffre tombe à seulement 8 000 en 1980. Ne parlons pas ici de 2006. Mais il y a pire. Nous sommes entourés de mer particulièrement poissonneuse et nourricière mais nous importons, en 1980, pour Rs 215 millions de poissons. Pire encore : nous achetons à des étrangers des poissons pêchés dans nos eaux. Nos richesses marines sont pillées par des étrangers, au vu et au su du gouvernement travailliste. Rien n?est fait pour protéger notre zone économique exclusive. Boodhoo préconise, à cet effet, la création d?une National Fishing Corporation que nous attendons toujours. Il recommande aussi des études conjointes avec les autres îles de la région pour une évaluation scientifique de nos ressources pélagiques. Il propose également une législation plus sévère contre ceux qui détruisent nos ressources en poissons et en fruits de mer.

Boodhoo se trompe en revanche en recommandant que nos barachois passent sous contrôle gouvernemental ou sous celui du mouvement coopératif. La mise en pratique de ses suggestions font qu?aujourd?hui les barachois sous contrôle public ou semi-public sont hors service ou presque alors que ceux restés sous le contrôle du secteur privé fournissent régulièrement du poisson de premier choix et des fruits de mer de qualité à nos principaux établissements hôteliers.

Boodhoo accuse le secteur privé d?avoir boycotté des projets intéressants comme une fabrique de papier à Maurice. Le secteur privé privilégie autant les importations que le gouvernement travailliste. Il aligne d?autres statistiques commerciales : Rs 461 millions de ciment en cinq ans ; Rs 582 millions d?acier et de fer ; Rs 897 millions d?appareils électroménagers. Il dit comprendre alors l?hostilité du secteur privé à l?égard d?un projet de création d?une State Trading Corporation.

Publicité