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Le ?kor? à l?écoute du vent
Des corps qui portent des souffles. Des artistes qui se font multiples. Les danseurs deviennent chanteurs. Les chanteurs, plasticiens. Et vice versa. La troupe réunionnaise Talipot est de retour pour un éclat. Kor, la maison du vent, tel est le titre de ce spectacle hautement bouleversant. Un événement que nous propose le centre Charles Baudelaire au théâtre de Port-Louis ce samedi 27 mai à 20 heures.
Qu?est-ce qui compose le souffle de l?homme ? Des mélopées. Une intensité qui s?agite. Des racines. Des traditions. Écrit et mis en scène par Philippe Pelen, directeur de Talipot, Kor, la maison du vent, vient nous titiller. Joué dans plus d?une cinquantaine de pays, ce spectacle épure les vérités. Il se rapproche des rituels ancestraux de l?Inde, du Sri Lanka et de la Réunion. Lors de ses nombreux stages chez nous, Philippe Pelen nous parlait du mystère de la création. C?est une parcelle de cette création qui sera mise à nu ce samedi.
?Vivants, traversés par les vents?
Avis aux sensibles. Talipot possède ce don de vous faire voyager. À travers Kor, la maison du vent, la troupe s?est emparée et s?est nourrie de traditions orales et culturelles de nombreux pays. C?est cela que les artistes, danseurs, acteurs, plasticiens, démontrent sans retenue. Contemporain jusqu?à l?ossature, Kor, la maison du vent unifie dramaturgie corporelle et les nouvelles technologies multimédias. La vidéo est très présente dans le spectacle. Mais le beau réside ailleurs.
Dans les mouvements. Dans les messages. Mettant en lumière l?exil et l?oppression, les artistes expriment la violence, l?émotivité et les souffrances. Ils revêtent divers sentiments. Épousant de même des émotions denses. La gestuelle est libre.
Lors des précédents spectacles, la troupe Talipot qui existe depuis 20 ans déjà, démontrait sa technique du moving-painting. La scène, voire le théâtre, devient l?espace de toutes les formes d?art. L?intensité se communique dans tout le corps.
Inspiration. Respiration. Souffle qui vient aussi des instruments. Les interprètes : Philippe Pelen, Thierry Moucazambo, Raveendrane Peringaden Sankuru, Prema Santhanagopal, Eric Angels et Jako Maron.
Des artistes qui viennent de La Réunion, de l?Inde et du Sri Lanka. C?est en parcourant le monde lors de leurs divers spectacles, que les deux directeurs de Talipot, Philippe Pelen et Thierry Moucazambo, ont élargi leurs connaissances et établi des liens.
Tout est affaire de liens aussi dans Kor, la maison du vent. Un extrait du spectacle dévoile : ?Nous étions vivants ! Tous vivants ! Traversés par les vents?? Par ces liens, Talipot tente de nous ramener à la source de l?homme. Les racines. L?histoire des ancêtres. C?est sur les planches que les corps indiens et réunionnais ondulent. Dansant leurs différences. Chantant la mort d?un défunt.
La chorégraphie découle d?un métissage de styles. Alliant Bharat Natyam, arts martiaux, Kalari Payat et hip-hop. Une diversité puissante. C?est aussi un voyage dans le temps que nous proposent ces artistes. Le centre de la pièce se conjugue à travers l?instrument à vent. Un instrument qui alourdit et enrichit les voix des artistes.
Talipot est connu pour cette force aussi. Cette puissance qui échappe des corps des danseurs et qui provoque un effet boomerang dans les corps des spectateurs. L?on ne peut s?empêcher de frémir sous le poids de ces souffles.
Les interprètes vous le disent. Ils reviendront sur ?le souffle et le besoin d?un nouveau souffle, le souffle et le désir de vivre, le souffle et le grand vent?? Histoire de prendre un grand bol d?air, ce rendez-vous s?impose. Ce sera le samedi 27 mai au théâtre de Port-Louis. Les billets s?élèvent à Rs 200.
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