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G. Rey et les devoirs de l?habitat

6 avril 2006, 00:00

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L?actualité 2006 prétend qu?un promoteur immobilier a porté à la connaissance du CCID une allégation de pot-de-vin concernant des Pas géométriques, relevant du ministère des Terres. L?enquête policière nous dira, peut-être, s?il y a ou non fondement fiable dans cette allégation. Retenons aussi une information de notre MBC-TV, précisant que le ministre du Logement participe, à Nairobi, à une conférence africaine sur l?Habitat. Il rejoint en cela l?actualité d?il y a un quart de siècle où il est déjà question d?une conférence régionale sur ce thème mais se déroulant à Maurice.Ces lectures de l?actualité mauricienne, à 25 ans d?intervalle, révèle, malheureusement, une surabondance de discussions et de débats, à différents échelons, desquels le profane a les plus grandes difficultés à dégager la mise en pratique réussie des suggestions et propositions, pouvant apporter une amélioration appréciable à nos difficultés quotidiennes en général et à notre ?problème lacase? en particulier. On peut également conclure, sans craindre de se tromper lourdement, que rares sont les ministres à avoir, en ce quart de siècle écoulé, loupé volontairement une de ces grands-messes africaines ou mondiales, sous prétexte que la part de bla-bla-bla est sans commune mesure avec les problèmes chroniques que nous rencontrons depuis l?Indépendance ou avant. Les méchantes langues ne manqueront pas, à ce propos, de chiffrer le déplacement de toutes ces délégations ministérielles, en multipliant les coûts des billets d?avion, des ?per diem? et autres allocations, pour comptabiliser en espèces sonnantes et trébuchantes l?argent ainsi dépensé pendant un quart de siècle sinon davantage. En échange de quoi ? Au mieux une collection de rapports, de notes, de correspondance, n?intéressant personne ou presque, et qui a peut-être disparu dans l?incendie de l?aile nord-ouest de l?Hôtel du gouvernement.

Elles (les méchantes langues, bien sûr, à moins qu?il ne s?agisse à présent d?esprits chagrins connus pour leur manie de la contradiction) souligneront volontiers que, autant il y a pléthore de conférences au-delà du ?Bell Buoy?, autant peut-on déplorer l?absence quasi chronique de débats locaux sur les thèmes correspondants. Dieu sait pourtant que ces débats, sur des sujets préoccupant au plus haut point l?ensemble de la population mauricienne, débats exhaustivement couverts par notre presse écrite si dynamique et si informative, auraient permis, d?une part au public mauricien d?être davantage partie prenante de ces échanges d?idées et, d?autre part, à nos ministres et à nos délégués de se faire l?écho, au niveau international, des principales préoccupations des professionnels locaux et autres spécialistes des questions, faisant le thème des différentes conférences internationales précitées. Ne désespérons surtout pas et gardons l?espoir qu?un jour, dans notre pays bien-aimé, un Premier ministre du ?Zanzement? ou du ?Retour à la normale après un 10 sur 10 réussi au bowling?, sera bien avisé d?imposer à ses ministres subalternes ce recours aux utiles conférences locales préalables : « Pas de déplacement au-delà du Bell Buoy, sans conférence locale au préalable ».

On ne peut reprocher, en tout cas, aux patriotes, concernés par les problèmes de l?habitat, de ne pas avoir pris la peine de faire connaître leurs points de vue sur ce sujet, à l?occasion de la tenue, en avril 1981, à Maurice, d?une conférence africaine sur ce sujet. Nous en voulons pour preuve l?architecte Gustave Rey qui rappelle, par voie de presse, que l?habitat en général et les logements sociaux en particulier doivent respecter le mode de vie et le climat des îles. Son point de vue fait d?autant autorité que nul n?ignore que cet architecte se dévoue corps et âme au service de l?île Maurice souffrante et démunie, au point d?avoir accepté de devenir la cheville ouvrière de Caritas-Maurice.

Cette conférence lui fournit l?occasion de répéter, à toutes fins utiles, son leitmotiv : L?habitat ne saurait se résumer à une simple question de construction. Il touche à l?urbanisme dans son sens le plus large mais aussi le plus restreint car peut-il avoir quelque chose de plus personnel, sinon individuel que notre habitat ? Il a déjà proposé, à la requête du FED, un projet d?habitat de 10 000 unités. Son rapport doit dormir quelque part dans un tiroir ou un placard du ministère du Logement. Qui s?en soucie ?

Il est d?avis que les logements sociaux doivent retrouver l?allure des maisons types de Maurice, autrement dit la case traditionnelle faite de feuilles de tôle autour d?une charpente, pouvant être faite de simples rondins d?eucalyptus, même si les nouveaux bâtiments doivent être construits en dur pour des raisons, entre autres, cycloniques. Il redonne à notre varangue une place privilégiée, tristement supprimée dans les projets officiels. Il met aussi l?accent sur une bonne ventilation que facilite une bonne orientation des logements. Le toit conique en tôle épargne aux occupants les problèmes d?étanchéité défectueuse du toit plat ou, pire encore, en légère pente. Il insiste sur le jardinet d?agrément à l?entrée et sur l?arrière-cour à usage multiple même s?il faut traverser la maisonnette pour se rendre de celui-là à celle-ci et vice-versa. Le coût du logement doit être forcément modéré. La fourniture d?eau, d?électricité et de tout-à-l?égout doit être considérée de façon prioritaire. Le ?feed-back? des résidents est capital. Il permet de tenir compte des erreurs commises et surtout de ne pas les renouveler. Evitons par-dessus tout les cubes résidentiels déshumanisants, conclut-il. S?il avait été seulement entendu et pris au sérieux en hauts lieux...

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