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Le ?welfare state? ne doit pas faire exploser le budget
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Le ?welfare state? ne doit pas faire exploser le budget
Le Professeur Nicholas Barr poursuit son cycle de conférences, avec une audience choisie. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, deux vice-Premier ministres, Rama Sithanen et Rashid Beebeejaun, et pas moins de trois autres ministres ont assisté à son dernier exposé intitulé ?Le rôle du gouvernement ? l?étendue de l?intervention gouvernementale?.
Cet intellectuel de la prestigieuse London School of Economics (LSE) a travaillé pendant longtemps pour la Banque mondiale qu?il qualifie d??archidiacre du capitalisme occidental?. Il s?est empressé d?affirmer qu?il ne cherche pas ?à attaquer l?Etat providence? (Welfaire State) et que son rôle n?est pas de conseiller le gouvernement mauricien.
Mais, a-t-il fait remarquer, ? vous n?allez pas défendre l?Etat providence en faisant sauter le budget. La qualité des services publics doit être élevée. Ça finira en désastre si vous ignorez les réalités fiscales?. Il a soutenu que le rôle des secteurs public et privé devrait être davantage défini par des ?arguments techniques plutôt qu?idéologiques?.
Le secteur public doit s?adapter à de nombreuses pressions, dont certaines, à l?instar de la mobilité des capitaux, sont globales. D?autres, comme le vieillissement de la population, sont locales. évoquant ce dernier fait, il a souligné qu?il faut ?encourager les gens à travailler plus longtemps et à économiser plus?.
Dans tous les cas de figure, ?les dépenses de l?Etat, en général, et les dépenses sociales en particulier, sont compressées?, a-t-il dit. Un peu plus tard, il devait rappeler qu?il existe une ?opinion qui dit que ce ne sont pas les dépenses qui comptent le plus, mais plutôt le déficit?.
Conditions pour l?efficience
Pour le professeur Barr, le point de départ est l?efficience qui, selon lui, est le meilleur moyen de ?promouvoir l?équité?. Il s?est référé à un des premiers champions de l?économie de marché libre et père de la théorie de ?la main invisible?, Adam Smith. Celui-ci estimait que ?les marchés atteindront automatiquement l?efficience?. ?Mais seulement si d?autres conditions sont maintenues?, a tempéré le professeur de la LSE. Parmi ces conditions sine qua non, on compte ?une information parfaite? sur la qualité et le prix des biens et services offerts, ?une compétition parfaite? et l?absence d??échecs dans le marché?, tels les facteurs extérieurs et les biens publics.
Le conférencier a souligné que c?est là que l?interventionnisme gouvernemental entre en jeu. Il se décline en quatre types génériques : la régulation partielle ; les taxes et les subsides ; la production publique et, finalement, le transfert de revenus. La question qui se pose est ?quel type d?intervention aidera le plus? à assurer un certain niveau d?efficience ?
Le professeur Barr a mis en garde contre ?le vieux réflexe qui dit que nous devons aider les pauvres au moyen de prix subventionnés?. ?Cet instrument ne convient pas à assurer l?équité?, a-t-il maintenu. Il a postulé que ce genre de subvention ?peut aider les riches plutôt que les pauvres car il est de nature régressive?. ?Le gouvernement devrait intervenir seulement quand cela est rentable. Il doit réguler pour protéger le consommateur quand celui-ci n?est pas suffisamment bien informé et quand le coût d?une éventuelle erreur est assez élevé.?
Dans les pires des cas, des prix subventionnés peuvent même être ?contre-productifs?. Il a cité l?exemple des loyers contrôlés en Angleterre, lesquels avaient poussé de nombreux propriétaires à vendre leurs biens immobiliers et donc à compresser le marché. ?Je préférerai de loin des moyens plus directs pour alléger la pauvreté, telles des pensions plus élevées.? Selon lui, le socialisme ne s?axe pas autour des biens de l?Etat, mais plutôt de l?aide aux démunis.
Les activités dans lesquelles le gouvernement est appelé à jouer un rôle majeur sont notamment le soulagement de la pauvreté, les allocations pour les chômeurs, les pensions, le financement des soins de santé et de l?éducation. Certains secteurs, tels les pensions ?au-delà des pensions de base?, les soins de santé et l?éducation supérieure peuvent être ?partiellement externalisés?.
D?autres, tels l?alimentation, le logement et le secteur bancaire, sont ?manifestement privés?. La motivation du secteur privé reste la rentabilité.
INTERVENTION DU PM
Ramgoolam plaide pour la compression des dépenses
■ Le Premier ministre, Navin Ramgoolam est intervenu au début de la conférence. A un peu plus de deux mois de la présentation du budget, il a donné une indication quant à ses préoccupations : son gouvernement a redéfini le rôle de l?Etat, et il y a nécessité pour une contraction des dépenses publiques couplée à un élargissement de la base des revenus. ?C?est ce que je rappelle chaque semaine au Conseil des ministres?, a-t-il insisté. La semaine dernière, lors de sa réunion avec le Mouvement des entreprises de France, le Premier ministre avait rappelé que la consolidation fiscale était une des priorités de son gouvernement.
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