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Le cheptel attaqué par la rinotracheite
Les éleveurs de la Plaine-des-Palmistes, à l?image de Mickaël Rougemont et de Reine-Marie Hoarau, sont confrontés à un double problème : le mauvais temps et la maladie.
Il pleut depuis quatre jours déjà. ?Nos prairies sont remplies d?eau. Nous n?avons pas d?eau potable, ni d?électricité. Nous ramassons les eaux de pluie dans des bassines avec lesquelles nous lavons les mamelles des vaches pour pouvoir ensuite les traire ?, explique Reine-Marie Hoarau, qui se dit cependant plus préoccupée par la maladie, qui a commencé depuis un an à décimer son cheptel. ?Sur la trentaine de vaches laitières que j?avais en 2004, il ne m?en reste plus que 22. ?Aujourd?hui, nous produisons seulement une centaine de litres de lait par jour contre 500 litres auparavant ?, souligne cette mère de famille.
La raison de cette mauvaise production : l?IBR ou la rinotracheite infectieuse bovine, ?une maladie du sang, un peu comme le Sida des vaches?, ajoute Reine-Marie Hoarau, complètement dépitée à cause de cette situation. Elle accuse la Sica-Lait d?être à l?origine de son malheur. ?C?est la Sica-Lait qui nous a vendu des génisses malades?, précise-t-elle. ?J?ai dû vendre deux terrains constructibles pour pouvoir investir dans un élevage. Aujourd?hui, il ne me reste plus que mes deux yeux pour pleurer.?
Mickaël Rougement, éleveur lui aussi, pleure depuis 2001 déjà. Chaque jour qui passe, ses vaches tombent comme des mouches. En quatre ans, il en a perdu 70. La 70e a été retrouvée morte pas plus tard qu?hier matin. Les vaches sont victimes de paratuberculose. Comme Mme Hoarau, Mickaël Rougemont pointe du doigt la Sica-Lait, qui lui aurait vendu des bêtes importées et malades.
L?éleveur évalue aujourd?hui le préjudice à 250 000 euros. ?Mon troupeau et mon terrain sont infectés. Je n?ai même plus le droit de vendre un veau ou un brin d?herbe. Je suis un homme ruiné à cause de la Sica-Lait?, lâche ce père de six enfants. Qui ne comprend pas non plus pourquoi le vétérinaire ne lui a rien dit depuis 2001. Les responsables de la chambre d?agriculture se sont rendus sur les deux exploitations il y a environ un mois. Mais depuis, les deux éleveurs n?ont plus eu aucune nouvelle de ces services.
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