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Gare au quatrième choc
Par Stéphane Saminaden</B>
Sans vouloir être alarmiste, une épée de Damoclès nous pend sur la tête. La maladie du chikungunya a effectivement la capacité de ruiner en un clin d??il tous les efforts consentis ces derniers mois pour remettre la destination Maurice sur la carte touristique.
Les initiatives prises récemment ont porté des fruits, comme le témoigne les taux de croissance à deux chiffres enregistrés en décembre et janvier. Selon la tendance notée, on pourrait rééditer cette performance en février.
Mais cet élan vers de nouveaux sommets peut aisément connaître un coup d?arrêt brutal. Chez notre voisine, l?île de la Réunion qui compte 110 000 cas de chikungunya, l?industrie touristique est à genoux. Pour Maurice qui mise tant sur le tourisme pour tirer la croissance économique et créer des emplois, un tel scénario serait catastrophique.
Il suffirait de deux ou trois reportages de TF1 ou de CNN et d?une augmentation du nombre de cas pour causer un vent de panique chez les voyageurs européens qui éviteront alors Maurice comme la peste.
Cette panique peut très facilement être déclenchée. A Maurice même, alors que les chiffres officiels mentionnent 600 cas décelés, d?autres sources s?avancent pour dire que ces chiffres sont loin de refléter la réalité.
Les chiffres émanant de l?hôtel du gouvernement ne sont pas des vérités d?évangile. Mais si nous nous amusons nous-mêmes à nous faire peur en remettant en doute les chiffres officiels ? même si c?est dans un souci d?informer correctement et en toute indépendance ? imaginez la réaction du Français moyen devant son poste de télévision en voyant des images chocs de touristes atteints du chikungunya à Maurice ? Encore une fois, la liberté d?informer n?est pas ici remise en cause.
Ce sont les impacts négatifs de cette information que nous devons maintenant savoir gérer pour prévenir ou limiter les dégâts. Il s?agit de dégager une stratégie de communication juste, pertinente, efficace et bien ciblée pour rassurer nos principaux marchés.
Tout d?abord avec 600 cas pour une population de 1,2 million d?habitants, on ne peut pas encore parler d?épidémie qui selon la définition de l?Organisation mondiale de la santé est un terme qui est applicable quand 10 % de la population est touchée.
Mais la meilleure campagne de communication est de stopper net la progression de la maladie dans les meilleurs délais et d?arriver ensuite à l?éliminer complètement de notre territoire.
Pour cela il faut prendre des mesures qui sont en rapport aux importants enjeux ? sanitaires, humains, sociaux et économiques ? que représentent le chikungunya.
L?Etat, les entreprises et la société civile doivent conjuguer leurs efforts pour éradiquer ce mal au plus vite. Ce serait pitoyable de ne pas y arriver faute de ressources ou de volonté.
Le ministre des Finances, Rama Sithanen, devra alors parler d?un quadruple choc économique en ajoutant la désertion de nos hôtels aux trois autres chocs que sont la baisse du prix du sucre, la contraction du textile-habillement et la hausse du prix du pétrole.
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