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Que de progrès depuis Graham Bell

20 février 2006, 00:00

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Ces réminiscences d?il y a 25 ans surprennent parfois par leur aspect conservateur. Ainsi hier, Mouchoir Rouge se plaignait que la police n?était plus, déjà en 1981, ce qu?elle était du temps où il affrontait, armé de son seul courage et de son sens du devoir, des bandits aussi redoutables que Télémaque ou Ti-Papa. Mais quand on aborde le chapitre du téléphone et des communications extérieures, on ne peut que sourire en se souvenant qu?il y a 25 ans, le progrès en la matière s?appelait le télex. Le défunt Cernéen s?extasie pourtant, à la mi-février 1986, des progrès réalisés, à Maurice, depuis la géniale découverte de Graham Bell. Il cite notamment l?introduction de l?automatique en 1962, rangeant au placard les demoiselles du téléphone, irritantes ou charmantes, selon qu?elles ont affaire à un businessman, pour qui Time is Money, ou un Don Juan trop heureux de pouvoir séduire même à distance. C?est aussi l?occasion de rappeler à notre bon souvenir Fernand Raynaud, l?inoubliable auteur du sketch ?le 22 à Asnières? aussi célèbre, dans le temps, que la chanson de Nino Ferrer, ?Gaston il y a le téléphon qui son et y a jamais person qui r?pond?.

En 1981, grande innovation téléphonique : nous passons aux faisceaux hertziens. Les méchantes langues assurent qu?il faut moins de temps, au bureau du Cable and Wireless, aux Cassis, pour atteindre New York et même San Francisco, aux antipodes ou presque, que pour avoir, de Port Louis, Floréal ou un central des régions rurales. Pour avoir le Sud, il faut faire le 7 et attendre la tonalité. Les plus impatients, tel Gérard de F., chantonnent pour passer le temps : ?J?attendrai le jour et la nuit, j?attendrai toujours? ? Le système s?est pourtant grandement amélioré depuis 1978, année où il devient en partie électronique pour au moins 50% des abonnés. Le Nord et le Sud dépendent des centraux électromécaniques de Port Louis, de Rose Hill et de Floréal. L?Est et l?Ouest sont reliés aux centraux électriques de ces centraux.

On se réjouit de l?apport de l?électronique qui permet le traitement simultané d?un plus grand nombre d?appels. Il faut aussi compter avec l?humidité des câbles et les défectuosités des branchements. Pour tout excuse, on vous explique gentiment que votre téléphone a ?fauté?. Deux lignes qui entrent en contact et voilà votre entretien téléphonique exposé aux oreilles indiscrètes. Il suffit pourtant de signaler toute défectuosité constatée au 92 pour que les techniciens en soient avertis et viennent faire le nécessaire. Plus facile à dire qu?à faire. Il suffit de savoir qu?en février 1981, le département du téléphone n?est pas encore arrivé à bout des dégâts causés par les cyclones de l?été 1979/80, dont l?inoubliable Claudette.

Les faisceaux hertziens permettront le passage des appels par ondes plutôt que par câble. Des antennes de 30 pieds de haut sont installées à Mapou, Triolet, Grand Bois, Goodlands. Elles sont orientées vers le nord. Elles doivent résister à des rafales de 300 km à l?heure. La Société Anonyme des Télécommunications de France se charge de leur mise en place.

En 1970, quelque 12 000 Mauriciens disposent d?un téléphone. Ce nombre passe à 23 600 en 1981. La liste d?attente regroupe 16 000 insatisfaits impatients. Un investissement de Rs 100 millions permettrait au Bureau du Téléphone d?installer 5 000 à 6 000 nouvelles lignes par an contre 3 000 à 3 500 en 1981 et seulement 500 avant 1976.

Les téléphones publics sont au nombre d?une vingtaine seulement. Le plan prévoit l?installation d?une trentaine d?autres. Mais les travaux sont tellement lents qu?on inventera le portable avant de les terminer. Le nombre insuffisant d?abonnés ne permet pas d?envisager une amélioration plus poussée du système téléphonique.

En 1978, le Cable and Wireless inaugure sa station terrienne nous reliant au satellite « Intelstat ». Intelstat est un satellite géostationnaire, circulant donc à la même vitesse que la Terre, à 73 000 miles de distance. En mai 1980, il installe un ordinateur pour diriger les lignes de communications, grâce à son ?electronic switch?. Le personnel est à la hauteur. Des équipes, pouvant compter jusqu?à 11 opérateurs, se relaient toutes les six heures, 24 heures sur 24, 365 jours par an. Pas question de dormir. Chaque opérateur peut prendre charge de cinq appels simultanément. A tout moment, il peut consulter les annuaires téléphoniques de France, de Grande-Bretagne et d?Afrique du Sud.

La mi-février 1981 enregistre également la nomination de Harry Tirvengadum à la tête d?Air Mauritius, à la place d?Amédée Maingard de la Ville ès-Offrans, récemment décédé. Il est aussi beaucoup question de la base nucléaire américaine à Diego Garcia. Une conférence des pays non-alignés, à Delhi, à laquelle participe Kher Jagatsingh, condamne avec virulence les gouvernements britanniques et américains et les accuse d?accélérer la militarisation, sinon la nucléarisation, de l?océan Indien. Des orateurs accusent le gouvernement mauricien de se faire le complice des impérialistes anglo-américains.

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