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Menwar On the road again

17 février 2006, 20:00

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Le chantre du sagaï reprend son bâton de pèlerin ? la nouvelle a de quoi réjouir ! Rentré du Festival d?Angoulême, où il a frotté sa musique métissée, à celle de ses frères africains, Menwar, bénéficie du soutien de Christian Mousset, directeur et fondateur du festival, aux avant-postes de la musique « world », qui produit son nouveau disque, chez son propre label, Marabi. Ce disque devrait faire sensation lors du prochain rendez-vous des musiques métisses d?Afrique.

Saisi au vol, au studio Scorpio, où il a pris ses quartiers depuis une dizaine de jours, l?artiste reste le même, malgré la présence du Réunionnais Yann Costa qui réalise le disque.

Même soin apporté à la couleur de ce nouveau disque, même rigueur sur les rythmes et la vibration. Même sobriété de l?artiste. Avec ce nouvel enregistrement, le griot de Pointe-aux-Sables devient virtuose. Il repart triomphant, à la conquête de l?Afrique et de ses origines.

Une douceur mélodique impressionnante, une énergie physique qui ne flanche presque jamais. Trente ans qu?il fait de la musique inspirée, trente ans que son inspiration ne tarit pas. Menwar reste un artiste unique.

Sa vigueur prédomine, accentuée par sa musique, toujours destinée à percer l?âme. Il cultive allégrement son obsession pour les rythmes uniques, qui à chaque fois, donne la couleur à ses morceaux. Son but : offrir quelque chose d?unique et d?authentique.

Le regard est vague, histoire de laisser s?échapper ses émotions les plus secrètes. En quête d?un certain absolu, c?est au fond de lui, qu?il faut faire remonter les choses. Il prend son temps, jusqu?à soulever une certaine inquiétude, chez ceux qui l?observent.

Menwar savoure le bruit des notes et se laisse gagner par les rythmes parfois saccadés, parfois secs, tantôt nostalgiques, mais toujours inspirés. Il veut saisir l?instant. Le transcrire sur son morceau. Il frotte les couleurs dans tous les sens. Nous restons attentifs, fascinés.

Ce nouveau disque qui va faire écho à Eko La Rivyer Nwar, témoigne de l?incroyable diversité artistique de Menwar.

C?est un vaste carrefour de vibrations et de sonorités, que percussions, djembé, « kann amba », « la po pistass », guitare basse, savent mettre à profit. Tout cela travaillé par ce chercheur de son et de rythme, qu?est Menwar. «Mo fer zis bann dékouverte ar tou cé ki kapav existé lor la ter, » explique Menwar.

Depuis une dizaine de jours, chaque session d?enregistrement est chapeautée par Yann Costa, musicien et ingénieur du son, venu de l?île s?ur. « Nous prenons dix jours, rien que pour mettre l?artiste à l?aise musicalement, » explique-t-il. « Dans les productions indiaocéaniques, on ne prend pas le temps nécessaire pour se mettre à la hauteur de toutes les productions qui se font dans le monde. L?album de Menwar sera d?abord une musique d?identité mauricienne, avec beaucoup de groove. Nous faisons tout, pour que l?artiste travaille dans des conditions optimales. » Yann Costa qui travaille à la Réunion et beaucoup à Mayotte, sortira dans le courant du mois d?avril, un album avec ses complices du groupe Zong en France. Exigeant autant sur la structure de chaque morceau que sur l?apport de l?artiste à chaque étape de l?élaboration du disque, il rentrera mixer le disque à la Réunion.

Lesclavaz, morceau sur lequel travaillent Menwar et Yann Costa, est aussi vibrant que saisissant. Les percussions vous saisissent à la gorge et font battre votre c?ur au rythme de l?Afrique. « Sa morso là c?est pou fer imazine nou zistwar. Enn zistwar ki komansé la senn dan lipié. Nou pa capav bliyé. Nou kiltir éna so grander ek so valer. »

La silhouette effilée de Menwar, cache dans le fond, un homme de convictions. Et sur Ay Ay lolo, un morceau electro acoustique, l?artiste chante la société mauricienne et ses travers. Cette onomatopée qui joue sur nos fameux « ay » ou encore « ayo », faite de pulsions lancinantes, quand Menwar vient à les chanter, s?habille d?harmonisations et de vibrations. Un régal pour les sens, un éveil pour la conscience.

Menwar continue à avancer sur une route bien tracée. Une route faite de rencontres exceptionnelles et d?une reconnaissance de tout le continent africain. L?artiste n?en tire aucune gloire. « Mo pa koné si mo éna la sans pars ki mo éna patians. Zamé mo pann aret récherché. Mo bizin travay mo la mizik pou li pas aret attir latensyon.» Appelé sans cesse à nourrir la musique mauricienne de sonorités nouvelles, Menwar, artisan du son, artiste inspiré et de génie, est loin d?avoir dit son dernier mot.

Un agenda chargé

Les mois qui viennent, s?annoncent chargés pour Menwar. Le Festival d?Angoulême, rendez-vous annuel de la World Music depuis trente ans, accueille Menwar depuis l?année dernière. Pour cette édition 2006, Menwar et ses musiciens seront à l?affiche de trois concerts en mai. Ils séjourneront dans la ville d?Angoulême pendant deux semaines. Avec Percy Yip Tong, ils animeront divers ateliers sur la musique mauricienne. Menwar animera notamment, un atelier sur la fabrique des ravannes. Au programme également, des ateliers sur la danse, l?histoire et la cuisine mauricienne. Du 3 au 4 mai 2006, Menwar et ses musiciens, feront la première partie des Tambours de Brazza. Auparavant, vers la fin d?octobre, Menwar, ses musiciens, ainsi que Percy Yip Tong, participeront à la foire professionnelle de la World Music, le Womex. Ce rendez-vous de la musique, se déroulera à Séville, en Espagne. Enfin, en décembre, Menwar et ses musiciens, Kerty Oclou et Kerwin Castel, seront à l?affiche du Festival Africolor, dont le thème sera cette année, la ravanne. Et comme les bonnes choses ne viennent jamais seules, Menwar bénéficie du soutien de Christian Mousset, qui s?attelle à la production de son nouvel opus. Ce dernier est le directeur et fondateur du Festival d?Angoulême. Mais les deux hommes sont en contact depuis déjà vingt ans. Christian Mousset découvrit Menwar, grâce à une cassette. « L?aboutissement de cet album, est le fruit d?une persévérance longue de vingt ans, » explique Percy Yip Tong, responsable artistique, ami de Menwar depuis ses débuts, et coproducteur de son nouveau disque, avec Cyper Produktion et Marabi Productions.

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