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La cristallisation des idées

10 février 2006, 20:00

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La deuxième journée de réflexion des Assises du tourisme a été égale à la première. Les propositions ont fusé et le débat était très ouvert. Malgré les couacs techniques et la chaleur dans les salles sans climatisation, les acteurs du tourisme ont maintenu le cap vers ce qui sera probablement la grande réussite des Assises : la cristallisation des idées.

Dans l?atelier sur la marque d'identification (branding) de la destination, Wally Ollins, consultant britannique, a repris les arguments avancés lors de la séance plénière. «Qu?est-ce qui incitera les gens à venir à Maurice ?», interroge-t-il. Pour lui, la beauté de l?île et les services excellents ne sont pas suffisants. Maurice doit se différencier par une identification (label). «Un brand élèvera Maurice d?une simple destination à celle d?une destination spéciale», argumente-t-il.

L?atelier de travail sur l?accès aérien a bénéficié de la présence des principaux groupes hôteliers et de l?état-major d?Air Mauritius. «Que voulons-nous ? Plus de touristes ou plus de compagnies aériennes ?» a lancé Nirvan Veerasamy, directeur d?Air Mauritius. Il a mis l?accent sur la nécessité de négocier des accords bilatéraux sur les droits d?atterrissage. Air Mauritius souhaiterait desservir Milan tous les jours?

Mais pour un opérateur, le système des droits aériens mauriciens est «archaïque». Pour l?aviation civile mauricienne, «on est en train de bouger graduellement vers la libéralisation». Suresh Seegobin, ancien directeur commercial d?Air Mauritius, aujourd?hui chez Mauritours, estime qu?il y aura des occasions ratées en ce qui concerne l?ouverture de l?accès aérien, notamment vers l?Inde. «Air Mauritius n?a pas profité des occasions qui lui ont été offertes», a ajouté Patrice Hardy, président de l?Ahrim, l?association des hôteliers et restaurateurs.

«des vérités énoncées»

A l?atelier de travail sur le secteur para-hôtelier, il a surtout été question des difficultés qu'il faut surmonter pour exister? «Pour avoir un permis, cela dépend de qui vous êtes ou du nom que vous portez», lâche une opératrice, évitant la langue de bois.

Les autres ateliers se sont penchés sur les marchés britannique, réunionnais et italien. Pour la Grande-Bretagne, Air Mauritius se dit prête à assurer un vol par jour. La MTPA veut elle augmenter les parts de marché à la Réunion. L?organisation de semaines thématiques pourrait attirer plus que les quelque 100 000 visiteurs par an actuellement.

En définitive, les opérateurs sont «satisfaits? malgré les petits problèmes», comme le souligne adroitement Karl Braunecker, directeur de l?agence Connections. « Il y a eu beaucoup de vérités qui ont été énoncées », se réjouit Jean-Michel Pitot, directeur de Véranda Hotels. Même satisfaction du nouveau directeur des Ressources humaines d?Air Mauritius, Dinesh Burrenchobay : «C?est une très bonne initiative et nous avons tous donné nos idées.»

Peter Goldsmith, président de l?association des réceptifs, juge l?exercice réussi. «Il fallait le faire car cela nous permet de voir où nous voulons aller.» Un autre opérateur apprécie la passion et l?absence de parti pris chez tous les participants. «On a tous pu émettre des idées», se réjouit Bissoon Mungroo, le représentant des petits et moyens hôtels.

Satisfactions donc, mais aussi attentes. Car il y aura des décisions à prendre. «Il faudra appliquer les lois », insiste Jean-Michel Pitot. «Le plus important, c?est le suivi», ajoute Dinesh Burrenchobay. Il affirme qu?il faudra une limite (deadline) pour la mise en place des recommandations. «Nous attendons un plan d?action quantifié et mesurable avec un calendrier de travail multi-sectoriel», conclut Peter Goldsmith.

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