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«Des richesses mal distribuées»

10 février 2006, 20:00

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L?atelier de travail de deux jours, destiné à finaliser les conclusions de la première étude régionale sur les causes profondes de la propagation du VIH/Sida, a pris fin hier à l?Institut de santé de Pamplemousses. S?il y a des spécificités propres aux quatre pays étudiés ? Madagascar, les Seychelles, Comores et Maurice ? les facteurs communs à ces pays sont, entre autres, une mauvaise distribution des richesses et la mondialisation d?une certaine culture auprès des jeunes.

Cette étude sur les causes profondes pouvant influer sur le cours de l?épidémie du VIH/Sida, a été décidée par l?Initiative de partenariat de l?océan Indien. Ce programme englobe la Commission de l?océan Indien (COI) pour son leadership institutionnel et les Nations Unies pour leur leadership technique.

L?étude a été menée par le Professeur Brooke G. Schoepf. Cette anthropologue économique et médicale américaine, rattachée au Institute for Health and Social Justice de la Harvard Medical School aux Etats-Unis, a longtemps enseigné ses spécialités au niveau universitaire au Zaïre et effectué plusieurs recherches en Afrique.

Le Professeur Schoepf a démarré son travail à Maurice le 9 décembre. Outre les chercheurs de l?Institut de santé et les spécialistes du Aids Secretariat et de la NATReSa, elle a eu une série de consultations avec des personnes de la société civile engagées dans la lutte contre le VIH/Sida et l?usage de drogue par voie intraveineuse. A travers une téléconférence, elle a jeté les balises de l?étude pour les anthropologues, économistes et médecins des trois autres pays de la COI à être étudiés. Cet atelier de travail a permis une mise en commun. Les causes fondamentales entraînant une situation de vulnérabilité qui, à son tour, amène des comportements à risques pour le VIH/Sida ont été identifiées. Les comportements à risques recensés dans le cadre de cette étude sont l?alcoolisme et la drogue injectable, une méconnaissance de la santé et de l?hygiène, la malnutrition, la maltraitance des enfants, des enfants à la rue, la prostitution et la sexualité débridée sans protection.

Le fait brut noté est que plus un pays est économiquement faible ou comprend de grandes poches de pauvreté, plus ces comportements à risques sont accrus. Des points communs ont été établis entre les quatre pays étudiés. Ainsi, la grande pauvreté se retrouve à Madagascar et aux Comores tandis qu?aux Seychelles et à Maurice, le niveau de vie est assez élevé mais il y existe des poches de grande pauvreté.

Autres éléments propres aux quatre pays : une sexualité à partenaires multiples consécutifs ou parfois concurrentiels sans protection, l?attitude de certains religieux qui prêchent contre le préservatif et la mondialisation d?une culture de la jeunesse avec la mode, les portables, le cinéma et les films pornographiques et violents, l?alcool et l?usage de cannabis.

Malgré la faiblesse actuelle des taux de prévalence du VIH/Sida dans ces pays, le professeur Schoepf est persuadée que les taux vont grimper dans un futur proche. «Ce qu?il faut, c?est conscientiser les décideurs sur ces causes profondes, les responsabiliser, de même que les bailleurs de fonds, sur le fait que malgré ces faibles taux de prévalences dans les îles, les facteurs de vulnérabilité et les situations de risques sont présents. Et que les comportements sexuels ne vont pas changer. Donc, leur dette extérieure doit être épongée. Ensuite, il leur faut créer le vrai développement avec des conditions de vie meilleure pour la population plus défavorisée. Ils doivent aussi améliorer les programmes nationaux de lutte contre le sida et la communication sur les programmes de sexualité qui doivent se faire d?une façon attrayante pour accrocher l?esprit et inciter à utiliser le préservatif.»

C?est le Dr Joy Backory, point focal de l?ONUSIDA, qui se chargera de soumettre les conclusions de cette première étude régionale au comité technique de l?Initiative de partenariat de l?océan Indien pour l?élaboration de stratégies futures.

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