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Mandelson laisse peu d?espoir d?une hausse de l?aide sucrière
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Mandelson laisse peu d?espoir d?une hausse de l?aide sucrière
Le dossier sucre a pratiquement éclipsé les négociations entre l?Union européenne (UE) et la sous-région de l?Eastern and Southern Africa (ESA) en vue d?un accord de partenariat économique. Maurice a effectivement profité de la participation du commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, à ces discussions, pour plaider une aide financière plus substantielle et mettre en avant l?impact désastreux de la baisse de 36 % du prix du sucre sur l?économie.
Néanmoins, à la fin d?une visite éclair d?une journée, Peter Mandelson laisse peu d?espoir que le plaidoyer de Maurice puisse influencer les choses à Bruxelles. Il promet simplement que l?Union européenne se montrera ?généreuse? concernant l?aide financière aux pays affectés par la baisse du prix du sucre. ?Dans la mesure de nos limitations budgétaires, nous prendrons nos responsabilités pour aider les pays affectés. L?assistance financière va croître dans le futur et plus particulièrement entre 2007 et 2013 dans le cadre des perspectives budgétaires de l?Union européenne?, déclare Peter Mandelson.
Toutefois, s?agissant des critères pour l?allocation des fonds entre les pays producteurs de sucre du groupe Afrique, Caraïbe, Pacifique (ACP), le commissaire européen laisse entendre que ces critères ont déjà été fixés. ?Nous avons des critères objectifs. Il y a des pays producteurs qui vont pouvoir s?adapter avec succès et qui sauront créer une industrie compétitive tout en diversifiant ou en ajoutant sur les produits traditionnels de la canne. Dans d?autres pays, l?industrie sucrière est condamnée d?avance. Nous avons la responsabilité de trouver un équilibre entre les besoins de ces deux catégories de pays. C?est un équilibre difficile à trouver et chacun peut être déçu en recevant moins que ce qu?il avait espéré. Maurice a, elle, obtenu la plus importante allocation.?
Quant à savoir si ces critères d?allocations peuvent être modifiés, le commissaire répond. ?L?équilibre a été difficile à trouver mais nous avons maintenant stabilisé les choses?, dit-il. Dans la conjoncture, la seule chance de Maurice de voir s?accroître l?aide qu?elle recevra de l?UE est que l?enveloppe générale pour les ACP augmente.
Maurice perdra 103 millions d?euros par an
Par ailleurs, le commissaire européen ne semble pas trop croire au scénario catastrophe mis en avant par les autorités pour défendre nos intérêts sucriers. Le commissaire européen reconnaît que le pays est confronté au triple choc de la libéralisation du textile, de la baisse du prix du sucre et de la flambée des cours pétroliers. Mais il dit ne pas croire que ?Maurice ne va pas réussir. Ce pays a une force intrinsèque dans sa population, sa géographie physique et sa démocratie. Mais il y a une responsabilité pour le monde extérieur et l?Europe d?aider Maurice. Nous avons déjà dit clairement que nous serons à vos côtés. Nous n?avons pas l?intention de vous déserter?, déclare Peter Mandelson.
Dès la cérémonie d?ouverture des négociations UE-ESA sur un accord de partenariat économique, le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Madun Dulloo, a mis sur le tapis le dossier sucre. A Peter Mandelson qui avait fait le trajet de l?aéroport à Port-Louis en hélicoptère, le ministre a fait ressortir qu?il serait dommage de voir disparaître le tapis de verdure que forment les champs de cannes.
Le ministre des Finances, Rama Sithanen, a lancé un appel à Peter Mandelson pour que l?aide financière européenne soit à la mesure de l?impact désastreux de la baisse du prix du sucre et que des fonds adéquats soient alloués dans le cadre des perspectives budgétaires de l?UE pour la période de 2007 à 2013.
Le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, a pour sa part souligné le caractère ?injuste? de différence de traitement que l?UE accorde à ses producteurs de sucre comparativement aux producteurs du groupe ACP. L?UE prévoit en effet 6,4 milliards d?euros pour restructurer son industrie sucrière. Elle prévoit aussi une compensation de 64 % de la perte de revenus aux betteraviers.
Les ACP ont, eux, obtenu une ?maigre? enveloppe de 40 millions d?euros en 2006 tandis que les pertes estimées pour le groupe est de 250 millions d?euros annuellement. Maurice perdra 103 millions d?euros par an, soit 680 millions d?euros durant la période de la réforme du régime sucrier européen. Mais Peter Mandelson savait probablement déjà tout cela?
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