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Un Beaubassinois attaqué au sabre par un groupe hostile
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Un Beaubassinois attaqué au sabre par un groupe hostile
Un Beaubassinois de 41 ans, Ewateerao Fakhoo, plus connu sous le nom de Manand, engagé dans un business de location de voitures, a été agressé au sabre par un groupe d?hommes hostiles. Cela s?est passé dans la nuit de mercredi à jeudi sous les yeux de ses proches impuissants.
Gravement blessé, il a subi une intervention chirurgicale au rein droit à l?hôpital Jeetoo. Il est hors de danger mais toujours admis au Surgical Intensive Care Unit.
Ses proches, dont sa mère de 67 ans, son épouse, son fils de 14 ans et sa fille Nikki, 17 ans, se disent traumatisés et terrorisés. Toutes les vitres de leur maison ont volé en éclats. La rampe en aluminium de leur balcon porte des traces d?impact que Nikki attribue à des ?bal fane? d?un revolver.
Les hostilités auraient commencé mercredi vers 21 heures. Nikki raconte qu?elle se trouve à l?étage avec les siens quand elle entend des voix d?hommes pestant et jurant contre son père. En s?approchant de la fenêtre, elle aperçoit un groupe d?environ 75 hommes, armés de sabres. En passant devant la maison, ils auraient balancé des pierres, des bouteilles de bière vides, des briques sur les fenêtres, brisant toutes les vitres.
Des policiers battent en retraite
Des coups de feu auraient été tirés en direction de l?étage, manquant de peu son jeune frère. Face à autant d?hostilité, les Fakhoo disent avoir téléphoné à la police de Beau-Bassin mais personne n?aurait décroché. Ils appellent alors les Casernes centrales. Une dizaine de policiers débarquent chez eux. Manand Fakhoo, se sentant en sécurité, sort de sa maison.
Mais selon Nikki, en voyant la bande se diriger vers eux, les policiers quittent précipitamment les lieux. ?Mon père s?est retrouvé à la merci du groupe. Ces hommes l?ont traîné sur 50 mètres, roué de coups et agressé au sabre à l?abdomen, aux jambes. Je hurlais. Puis ils ont laissé mon père pour mort dans une ruelle. Des voisins effarés assistaient à la scène mais personne n?a bronché.?
La jeune fille téléphone au SAMU mais aucune ambulance n?est disponible. Ce sont des voisins qui se chargent de transporter Manand Fakhoo qui saigne abondamment à l?hôpital. Nikki et les siens ont une peur bleue de passer une deuxième nuit dans leur maison, même si des membres de leur famille élargie viennent en renfort.
Hier matin, aux policiers venus prendre un complément d?enquête et des photos, Nikki et les siens réclament une protection policière. ?Il y a une patrouille qui passe à chaque heure mais ce n?est pas comme avoir des policiers sur place. Ces hommes armés et hostiles ont dit qu?ils reviendraient pour nous. Je crains pour notre sécurité. J?ai peur.?
Cette agression sauvage ne serait pas étrangère à une déposition donnée par Manand Fakhoo dans la soirée du mardi 7 février. Ce soir-là vers 23 heures, il se rend à la police pour dire que, deux heures plus tôt, un homme qu?il dit être un des vigiles du casino Ti Vegas, à Quatre-Bornes, demande à lui parler. Une fois à l?arrière du bâtiment, il dit avoir été encerclé par quatre hommes, toujours des vigiles, selon lui. L?un d?eux l?aurait menacé avec un revolver alors que les autres lui auraient dérobé Rs 101 500. Il dit avoir réussi à s?enfuir mais avoir refusé d?être examiné par un médecin.
Appel anonyme
Le lendemain 8 février, un peu avant 22 heures, Manand Fakhoo se rend de nouveau à la police pour rapporter qu?une heure plus tôt, cinq personnes, dont certaines seraient, d?après lui, des employés de la maison de jeux susmentionnée, ont débarqué devant sa maison à bord d?un van. L?une de ces personnes, qu?il dit s?appeler James, aurait tenu une arme qu?il présume être un revolver, sous son t-shirt, et lui aurait demandé de retirer la plainte faite la veille par lui contre les vigiles du casino. Mais ils auraient démarré en trombe quand les proches de Manand Fakhoo sont venus aux nouvelles.
Le même soir vers 23 heures, à la suite d?un appel anonyme d?une voix masculine, les policiers de Beau-Bassin se rendent chez les Fakhoo. Ils voient une foule hostile sur le chemin. La Divisional Support Unit, la Special Supporting Unit et l?Emergency Response Service sont appelés en renfort. La foule se disperse à leur arrivée. Plusieurs véhicules, garés à 200 mètres de chez les Fakhoo, sont endommagés. Un sabre est confisqué de même qu?un fusil fantaisie cassé.
Ce soir-là, peut après minuit, un homme de 36 ans, vigile du casino Ti Vegas, se présente à la police. Dans une déposition, il déclare qu?en service deux heures plus tôt et voyant que la 4x4 de Manand Fakhoo, qui joue au casino, bloque l?entrée, il lui demande de déplacer son véhicule. Ce dernier, dit-il, aurait été réticent et il doit insister pour qu?il obtempère. Mais avant de s?en aller, Manand Fakhoo l?aurait menacé de revenir avec un gang pour mettre l?établissement à sac.
Dans la nuit de l?agression de Manand Fakhoo, un homme de 26 ans, frère d?un vigile de Ti Vegas, se rend à la police pour dire qu?il se trouve dans une voiture de location quand, arrivé à la route Palma, Quatre-Bornes, un groupe de personnes lui barre la route l?obligeant à descendre du véhicule. Il s?enfuit, laissant la voiture et ne sachant pas si elle a été volée ou non.
La police a fort à faire pour démêler cet écheveau d?allégations. Hier matin, elle a interpellé un maçon de 32 ans, propriétaire d?une voiture spécifique, mais ce dernier nie toute implication dans la rixe. Manand Fakhoo n?est pas un inconnu des autorités car dans le passé, il a déjà eu des démêlées avec elles. L?enquête policière autour de cette agression sauvage se poursuit.
Indira Seebun, ministre de la Femme, se dit outrée par cette agression. Elle rendra visite aujourd?hui au blessé. Elle fera en sorte que les enfants Fakhoo bénéficient d?un soutien psychologique du ministère.
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