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Huit ans à attendre une réparation en justice

28 janvier 2006, 20:00

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«Je veux que la police puisse aller jusqu?au bout de cette affaire. Je veux savoir qui empoché le chèque de Rs 400 000 que j?ai émis au nom de la Barclays Bank », dit d?un ton las Pascal Beuk. Cet homme d?affaires français se bat depuis 1998 pour savoir qui l?a escroqué de cette somme d?argent.

Cette année-là, il intente un procès en Cour suprême, réclamant conjointement Rs 25 millions aux compagnies qu?il estime l?avoir floué ? AOI Ltd et Tekal Export ? ainsi qu?à la banque. Mais les lenteurs administratives et judiciaires le découragent. Au bord de la faillite, il est contraint de fermer son entreprise, Action Trade Company Ltd (ATC), spécialisée dans la rénovation et la décoration intérieure des bâtiments, et de licencier ses 30 employés.

Il rentre en France en se jurant de ne plus remettre les pieds à Maurice? jusqu?en 2004, lorsque le Central Criminal Investigation Department (CCID) le contacte pour qu?il vienne déposer une nouvelle plainte. Selon le ressortissant français, les enquêteurs sont parvenus à retracer le chèque qui aurait été endossé par un employé de la banque. En octo-bre 2005, la police obtient ainsi un ordre du juge Matadeen ordonnant à la banque de lever la confidentialité bancaire sur les bénéficiaires de la somme détournée.

Le mystère demeure entier

« La banque a toujours refusé de nous donner les renseignements recherchés en disant qu?ils étaient de nature confidentielle », affirme un proche de l?enquête. Pascal Beuk ajoute : « La dernière parade de l?avocat de la banque est d?invoquer qu?il y a un civil case en cour. Et par conséquent, le fait de donner ces informations me permettrait de remporter mon affaire. »

Contactée, la banque, à travers son Chief Operating Officer, Paul Nice, s?est refusé à tout commentaire. « Je suis désolé, comme cette affaire est en cour, je ne peux pas faire de commentaires. Kamal Taposeea, le directeur général de la banque, est absent du pays, mais je suis certain qu?il vous aurait donné la même réponse. »

Pour Pascal Beuk le mystère qui entoure cette affaire est toujours aussi entier qu?à ses débuts, qui remontent à 1997. Dans sa plainte, il affirme qu?en avril de cette année-là, il a obtenu un contrat pour rénover la succursale de Grand-Baie de la Barclays.

La compagnie décide alors de sous-traiter le contrat à Aluminium Ocean Indien (Mauritius) Ltd (AOI). Il soutient que le directeur de cette entreprise, qui se trouvait dans des difficultés financières, lui a alors demandé de lui régler Rs 400 000 d?avance. « Au moment de faire le chèque, il m?a demandé de l?émettre au nom de la Barclays Bank en soutenant qu?il avait un accord avec elle. »

Le chèque encaissé, l?argent disparaît et ATC se retrouve sans les marchan-dises commandées. Entre-temps, la banque s?impatiente. Pour elle, vu qu?il y a eu rupture de contrat, elle le résilie après avoir réglé ce qu?elle doit à la compagnie de Pascal Beuk.

Ce dernier affirme avoir découvert plus tard que le chèque était en réalité destiné à Tekal Company Ltd (TCL). Selon ATC, AOI s?approvisionne en matières premières auprès de cette entreprise. Pascal Beuk allègue qu?AOI et TCL ont les mêmes actionnaires et directeurs.

« Pour moi, l?argent a servi à sauver TCL qui était au bord de la faillite. » Selon lui, AOI s?est servi de TCL pour avoir accès à des matériaux à meilleur marché, tout en alléguant que les paiements à travers la Barclays visaient à camoufler la transaction.

Pour AOI, c?est ATC qui a refusé d?effectuer les paiements relatifs au contrat de sous-traitance. Mais ATC maintient qu?elle a perdu les contrats alloués par la Barclays par sa faute. Estimant avoir subi de graves préjudices, ATC entame plusieurs actions en justice contre ces compagnies. Affaires qu?elle remporte effectivement. Aujourd?hui, elle continue de se battre bat pour obtenir réparation contre la banque. « J?estime avoir perdu au moins un million d?euros », affirme Pascal Beuk.

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