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L?Office des marchés se repositionne

28 janvier 2006, 20:00

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Après plus de quarante ans d?existence, l?Office des marchés décide enfin de se refaire une santé. La nouvelle administration dirigée par Shekar Dewoo veut en finir une fois pour toutes avec un organisme dont le rôle est perçu comme étant confiné à l?importation de la pomme de terre et des oignons. Pour le rendre plus visible aux yeux des consommateurs et plus proche des planteurs, des points de vente sont prévus à Port-Louis, Curepipe et dans le Nord.

Y seront disponibles toute une gamme de produits de grande consommation : pommes de terre, oignons, mais également haricot, piment, gingembre, poisson salé ou congelé, viande ou encore lait. La création et la conception de ces points de vente seront réalisées en concertation avec les partenaires de l?Office des marchés.

Si les planteurs et les producteurs vont devoir y exposer leurs produits, l?Office des marchés établira des normes spécifiques pour justifier l?accès à ces points de vente. À terme, ce projet vise la distribution de produits standardisés qui gardent leur fraîcheur et leur qualité depuis le lieu de la production jusque chez le consommateur. Si les résultats de cette initiative sont positifs, ils serviront de justification pour exploiter les possibilités sur des marchés extérieurs. « Nous demanderons aux responsables d?Enterprise Mauritius d?inclure dans leur stratégie de marketing, la recherche de débouchées pour nos produits agro-industrie », explique Shekar Dewoo.

La Market Intelligence Unit, nouvellement créée, jouera un rôle déterminant dans le processus de réorientation de la mission de facilitateur et de régulateur de l?Office des marchés. Ce département sera placé sous la supervision directe du directeur général de l?organisme. « Il sera à l?Office des marchés ce que le Bureau des statistiques est au pays », déclare Shekar Dewoo.

« Un pas dans la bonne direction »</B>

Il devra recueillir toutes les données concernant la production des produits agro-industrie auprès des organismes spécialisés comme le Mauritius Sugar Industry Research Institute et l?Agricultural Research and Extension Unit. La Market Intelligence Unit aura également pour tâche d?anticiper la demande.

L?examen de ces données permettra de planifier la production grâce à la dissémination des informations utiles et ciblées auprès des producteurs et des planteurs. Le manque de maîtrise de ces données ou un déficit dans leur utilisation rationnelle dans le contexte actuel aboutit à une absence de planification au niveau de la production. Les effets en sont multiples, explique Megh Pillay, ancien directeur de l?Office des marchés. « La Market Intelligence Unit est indispensable si on veut vraiment moderniser le système de production et de distribution de produits de qualité. La planification est une nécessité. Sans elle, tous, producteurs, planteurs et consommateurs sont perdants. Les seuls qui gagnent à tous les coups, ce sont les intermédiaires. »

Ceux qui l?ont précédé au fauteuil de directeur de l?Office des marchés à savoir Jagadish Manrakhan et Basdeo Joynathsingh aujourd?hui à la retraite, accueillent favorablement la création d?une Market Intelligence Unit. « Ce concept a été introduit pour la première fois sur le conseil de Monty Melliken, un expert de la FAO d?origine néo-zélandaise. C?est un outil indispensable pour anticiper la demande et cibler la production », explique Basdeo Joynathsingh.

Jagadish Manrakhan se demande toutefois si l?Office des marchés a les moyens pour concurrencer les supermarchés qui sont déjà solidement ancrés dans le commerce des légumes. La démarche de l?Office des marchés n?est pas pour déplaire à l?Association des consommateurs de l?île Maurice (Acim) et aux planteurs. « C?est un pas dans la bonne direction si celle-ci permet une stabilisation des prix. Espérons que les personnes ayant les qualifications appropriées, seront postées dans cette Market Intelligence Unit », déclare Jayen Chellum, secrétaire de l?Acim.

« Si cet organisme joue bien son rôle, tous les acteurs du marché de produits agro-industrie seront gagnants », estime Jayprakash Makoonlall, planteur de légumes de Tamarind Falls et de Closel. « C?est une excellente opportunité pour les planteurs de revaloriser leurs produits », soutient Hurrydev Daby, secrétaire général de l?association Atma qui regroupe une quarantaine de petits planteurs de la région d?Henrietta.

Une chose est sûre : le changement de régime n?a pas modifié la philosophie déjà existante qui vise à faire du secteur non-sucre une industrie profitable avec une option pour l?exportation.

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