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Quand des détenus sont en faveur de la peine de mort
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Quand des détenus sont en faveur de la peine de mort
Dix détenus de la centrale de Clairvaux (Aube) ont attiré l?attention sur le sort des condamnés qui purgent des longues peines.
« Nous, les emmurés vivants à perpétuité du centre pénitentiaire le plus sécuritaire de France [?], nous en appelons au rétablissement effectif de la peine de mort pour nous », ont-ils plaidé dans une lettre datée du 16 janvier, publiée le mardi 24. Dans un contexte de durcissement répressif contre la récidive, l?appel dénonce l?allongement de l?exécution des sentences.
« Assez d?hypocrisie ! Dès lors qu?on nous voue en réalité à une perpétuité réelle, sans aucune perspective effective de libération à l?issue de notre peine de sûreté, nous préférons encore en finir une bonne fois pour toutes que de nous voir crever à petit feu », écrivent les signataires, qui ont passé entre 6 et 28 années en prison.
Entre 2001 et 2005, le nombre de condamnés à des peines de 20 à 30 ans est passé de 915 à 1 384, tandis que celui des condamnés à perpétuité a légèrement diminué : 538 contre 591.
« Les peines prononcées sont de plus en plus longues et il y a de moins de moins de libération conditionnelle », souligne le président de l?Association nationale des juges d?application des peines (Anjap), Michaël Janas. « Les dernières affaires comme le meurtre de Nelly Crémel ont rendu la décision de libération conditionnelle très difficile pour les magistrats. »
Un « temps d?épreuve » porté de 15 à 18 ans
Le ministre de l?Intérieur, Nicolas Sarkozy, avait déclenché une polémique à l?été 2005 en déclarant que le juge qui avait accordé une libération conditionnelle à l?un des deux meurtriers présumés de cette femme de 37 ans devait « payer pour sa faute ». La majorité avait alors relancé une réforme pénale qui a donné lieu à la loi sur la récidive. Celle-ci a encore allongé la période pendant laquelle le condamné à perpétuité ne peut demander une libération conditionnelle. Ce « temps d?épreuve » a été porté de 15 à 18 ans et même à 22 ans.
Les « périodes de sûreté », par laquelle le jugement fixe le minimum de temps à effectuer par le condamné, peuvent être portées par les cours d?assises à 22 ans en cas de perpétuité, voire 30 ans pour les crimes les plus graves sur mineurs.
« Depuis deux ou trois ans, on pense aux courtes peines, particulièrement du côté du ministère de la justice, avec la loi Perben II ou l?aménagement des peines inférieures à cinq ans, regrette Gabriel Mouesca, président de l?Observatoire international des prisons. Les longues peines se sentent les sacrifiés des prisons. »
« Il faut que la France révise l?échelle des peines car nous sommes aujourd?hui l?un des pays les plus répressifs au monde », prône M. Mouesca. « La perpétuité doit être abolie. Elle ne sert à rien. Elle n?est pas digne de notre niveau de civilisation. »
@ 2 006 Le Monde ? Avec AFP ?(Distribué par The New York Times Syndicate)
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