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Jeetah sonne l?alarme sur les pertes de la STC

16 janvier 2006, 20:00

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Est-ce un exercice de communication ou de ?public opinion management? en vue d?une prochaine augmentation du prix du gaz ménager ? A écouter la conférence de presse d?hier du ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, le gaz risque de flamber. Il en est de même pour le carburant ? essence et diesel. Une décision devra être prise lors de la prochaine réunion de l?Automatic Pricing Mechanism (APM), au début du mois d?avril.

Les chiffres qu?annonce le mi-nistre font peur. Le paquebot State Trading Corporation, (STC) est en train de sombrer. Lentement mais sûrement. Au 31 décembre 2005, les pertes de l?importateur de produits stratégiques pour l?Etat s?élèvent à Rs 2 milliards. Si les prix du gaz et des produits pétroliers restent inchangés au cours de cette année, les pertes s?élèveront à Rs 3,2 milliards, (Rs 9,1 millions par jour). Ce qui représentera des pertes cumulées pour l?exercice financier se clôturant au 31 décembre 2006 à Rs 5,2 milliards.

<B>?Prendre des mesures qui s?imposent?

Pour les observateurs, on ima-gine mal le gouvernement et la STC rester les bras croisés en regardant le naufrage. En effet, le mi-nistre Jeetah déclare lui-même que le prix réel du gaz aurait dû être de Rs 393 la bonbonne de 12 kg, alors que le prix actuel est de Rs 250.

?Rien que pour le gaz, la STC a enregistré des pertes de Rs 526 millions au 31 décembre, soit Rs 1,2 million par jour?, déclare Rajesh Jeetah. Selon lui ?il faudra prendre des mesures qui s?imposent car cette situation ne sera pas soutenable?, rajoute le ministre du Commerce. Si l?on décode ce message, la seule solution pour sortir la STC de ce gouffre financier est une augmentation du prix des produits pétroliers.

Certes, le gouvernement et la STC comptent recourir au hedging sur l?approvisionnement du gaz et des produits pétroliers pour tenter de limiter la casse. Mais les observateurs se demandent dans quelle mesure le hedging pourra contenir les pertes de la STC. Interrogé sur une éventuelle hausse du gaz ménager, le ministre du Commerce n?a pas voulu se prononcer explicitement. ?Je ne peux répondre, ni par l?affirmative, ni par la négative, car ma réponse pourrait provoquer un rush sur ce produit, et provoquer ainsi une pénurie artificielle?, affirme le ministre Rajesh Jeetah.

<B>Prix avantageux avec l?Inde</B>

Le ministre est aussi resté très flou sur la possibilité que le gaz ménager puisse passer sous l?Automatic Price Mechanism (APM). ?Nous sommes en train de tout revoir, peut-être que oui, peut-être que non?, déclare Rajesh Jeetah. Mais selon certaines indications, le Conseil des ministres est divisé sur la question. En effet, les opposants à l?introduction de l?APM sur le gaz craignent une hausse trop importante sur ce produit essentiel si ce système devait être appliqué. De plus, socialement et politiquement, une augmentation importante sur le gaz pourrait avoir des réactions diverses.

La situation n?est guère meilleure, pour le non-domestic LPG, soit la bonbonne de plus de 12 kg utilisée principalement par les hôtels, ainsi que l?huile lourde. Les pertes par jour de la STC sur ces deux produits s?élèvent respectivement à Rs 428 000 et Rs 166 000.

Abordant la question des produits pétroliers, le ministre du commerce tire la sonnette d?alarme. Le prix de l?essence qui est actuellement à Rs 34,80 le litre aurait normalement dû être fixé à Rs 38,55, dit-il. Pour refléter les cours mondiaux, le diesel aurait dû coûter Rs 31 le litre au lieu de Rs 23,75 le litre. La conséquence est sans appel : en ne répercutant pas les prix réels, la STC engrange des pertes annuelles de plus de Rs 300 millions, rien que sur ces deux produits. De plus, le contexte international ne nous est pas favo-rable. Ainsi, l?annonce, mardi, par l?Iran, de la reprise de ses activités nucléaires, a fait grimper le cours du baril à New York de trois dollars en deux jours, à près de 65 dollars jeudi. Ce qui constitue aussi une menace pour le consommateur mauricien, ce pays étant le deuxième producteur mondial de produits pétroliers.

Le ministre a aussi annoncé des solutions que le gouvernement compte prendre pour faire face à la flambée des prix sur le marché mondial. L?achat des produits pétroliers en gros de l?Inde en vue de bénéficier de prix plus avantageux est l?une d?elles. ?Une demande a été faite dans ce sens par le ministre des Affaires étrangères mauricien auprès du gouvernement indien?, affirme le ministre. La possibilité de trouver d?une alternative à l?essence et au diesel est envisagée. L?éthanol serait une solution.

Rajesh Jeetah a aussi fait un appel à la population pour qu?elle économise l?énergie, et qu?elle évite tout gaspillage. Mais il faudra bien plus que cela pour tirer les comptes de la STC du rouge. ?La STC pourrait bien être en mesure de ne plus importer des produits pétroliers si rien n?est fait?, conclut le ministre du Commerce.

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