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Compétition à outrance...

7 janvier 2006, 20:00

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Le retour des collèges d?élite dans le paysage éducatif met le pays en émoi. Tout le monde a une opinion sur la question. Mais ceux qui sont contre la proposition du gouvernement sont ceux qui font entendre le plus leurs voix.

La crainte principale est que l?éducation primaire risque de se résumer une fois de plus à une compétition étourdissante pour une place dans un collège d?élite. La perspective conjure le spectre des leçons particulières et des nuits blanches passées à préparer le Certificate of Primary Education (CPE). L?enfant est poussé à se consacrer exclusivement aux études, délaissant jeu et autres activités qui sont tout aussi importantes à son développement personnel.

« Ceci n?est pas une solution pour trouver l?élite mauricienne. C?est un retour vers les leçons particulières à outrance, vers la compétition à mort pour le CPE », prédit le père Hervé de St-Pern, directeur du Bureau d?éducation catholique, dans une déclaration faite à l?express.

Inciter l?enfant à s?améliorer

La compétition en soi n?est pas une mauvaise chose, arguent ceux qui soutiennent la décision du gouvernement. Elle a le mérite d?inciter l?enfant à s?améliorer, à viser haut. Le retour des collèges d?élite devrait également encourager la compétition entre les collèges. Les autres établissements, en essayant de se mesurer aux institutions de prestige, ne pourront qu?améliorer leurs services.

Très souvent, ce sont les parents eux-mêmes qui poussent leurs enfants dans la course effrénée pour une place dans le collège d?élite. Ils font des résultats du CPE une affaire personnelle. L?enfant, désireux de plaire aux parents, endosse tout le stress et en oublie de vivre son enfance. Désormais, ce sera aux parents de jouer.

Mais les parents sauront-ils se retenir ? Le passé a prouvé que non. Cela peut s?expliquer. Jusqu?à très récemment, le parent n?avait le choix qu?entre les collèges d?élite et les collèges de moyenne-basse performance. Quand on sait que la réussite dans l?ère de l?information dépend du niveau d?éducation et d?instruction, on peut comprendre que les parents mettent autant d?énergie à assurer un bon départ pour leurs progénitures.

Service de qualité comparable aux institutions d?élite

Le challenge, alors, sera d?assurer que les autres établissements, ceux qui ne se feront pas appeler collège national, offrent un service de qualité comparable aux institutions d?élite. L?investissement conséquent des dernières années dans la construction de nouveaux collèges a beaucoup amélioré l?infrastructure. Mais ce sont surtout les élèves et les enseignants qui font la qualité d?une école. Le pari de Dharam Gokhool paiera des dividendes uniquement s?il installe entre les collèges une compétition saine pour les meilleurs élèves et enseignants. Cette compétition-là, personne ne la dénigrera.

CHRONOLOGIE

Les grandes dates du « ranking »

Novembre 1980

Le Certificate of Primary Education (CPE) crée une compétition farouche à travers un système de classement en fin d?études du cycle primaire.

Le 10 mai 2001

Présentation par le ministre de l?éducation, Steven Obeegadoo d?« Ending the rat race in primary education and breaking the admission bottleneck at secondary level », projet de réforme du système d?inscription au cycle secondaire.

Octobre 2001

L?organisation pour la dernière fois des examens dont les résultats sont calculés selon le système de ranking.

Juin 2004

Fin de l?ère des places réservées dans les collèges catholiques. Ajoutée à l?abolition du ranking et à l?aboutissement des revendications pour la comptabilisation des langues orientales.

Juillet 2005

Le Parti travailliste et ses partenaires sont élus sur la base d?un programme qui préconise la réforme du système éducatif.

Janvier 2006

Le Conseil des ministres annonce son intention de réformer le système d?admission dans les collèges conformément à son engagement électoral.

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