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L?engagement social

6 janvier 2006, 20:00

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Premila DOSORUTH

Elle a le regard brillant, les propos justes et percutants. Un esprit cartésien tempéré par une pointe d?humour. Sandhya Boygah, nouvellement élue à la vice-présidence du «district council» de Pamplemousses-Rivière-du-Rempart, milite d?une manière pratique et concrète pour l?éga-lité des femmes, sans qu?on puisse la taxer de «féministe», terme qu?elle récuse d?ailleurs.

Chez elle, l?intérieur et la disposition des pièces sont à l?image de la maîtresse de maison, ouverts vers l?extérieur. Pas de cloisonnement. Des pièces baignées de lumière communiquant entre elles. On apprendra par la suite qu?elle est spécialiste de Feng Shui, de Vaastu, de Shastra, ces arts de vivre millénaires qui prônent avant tout l?harmonie.

Favoriser l?esprit d?équipe

Sandhya Boygah dégage force et bonne humeur. Mère heureuse de deux jolis bambins, Kovid et Druham, femme comblée d?un mari, Yash, respon-sable informatique chez Desbro Group qui, dit-elle, «m?aide beaucoup sur tous les plans, que ce soit psychologique, social ou politique», Sandhya est d?une reconnaissance infinie envers ceux qui la soutiennent, notamment ses pa-rents, Parinieta et Ravind Luchoomun (un père décédé trop tôt), ses beaux-parents Nirmala et Sooriadeo Boygah et Vishwanee ? «mon bras droit qui m?aide dans beaucoup de domaines, en particulier pour mon bébé».

Après des études primaires à Rivière-du-Rempart, secondaires au BPS de Beau-Bassin et au collège d?Etat Droopnath Ramphul et tertiaires à Poona, considérée comme la capitale culturelle du Maharashtra, Sandhya Boygah vient, armée de ses diplômes servir sa région à laquelle elle est très attachée. «Je suis née, j?ai grandi et me suis mariée à Rivière-du-Rempart.» Elle est détentrice d?une licence en «Economics, Soft Engineering and Technology» et d?une maîtrise en marketing qui la prédisposent au poste de consultant en marketing.

Puis vient son engagement en politique ? au terme «politique», Sandhya Boygah préfère celui de «social». Les relations publiques et, par ricochet le «social» se sont imposés à elle comme une évidence. «Petite déjà, je travaillais avec mon papa dans sa boutique. J?avais beaucoup de contact avec le public et j?y ai certainement fait mes premières armes. Plus tard, je l?ai suivi dans ses actions sociales au temple et même au niveau du village.» Ses yeux s?embrument à l?évocation de ce père décédé beaucoup trop tôt. Lui qui aurait été si fier du parcours de sa fille qui a même frôlé de très près la présidence du district council.

Aucune amertume chez cette femme de n?avoir pas brigué cette fameuse présidence pour laquelle elle était pressentie. «Ma formation, c?est le Parti travailliste et l?école des rouges m?a enseigné qu?il faut être à l?écoute, suivre et mettre en action ce que l?état-major nous demande. Les dirigeants ont choisi. Nager à contre-courant n?est pas dans ma nature. Je suis présente pour épauler Ranjiv Woochit le président du district council dans sa tâche.» A toute tentation d?individualité, Sandhya Boygah répond par l?esprit d?équipe. «L?honneur revient à mon groupe, aux 36 villages qui m?ont élue et à la femme mauricienne en général. Ce dont, véritablement je suis fière, c?est d?être passée par une élection et non par un quelconque consensus.»

Foncièrement humaniste, elle se sent des affinités avec la po-pulation laborieuse, les petites gens, les personnes âgées et les enfants. Pour cette battante, il s?agit avant tout de servir les autres. Tant et si bien qu?elle en oublie même de fêter son cinquième anniversaire de mariage. Monsieur ne lui en tiendra pas rigueur, il connaît l?esprit fonceur de sa femme quand elle se fixe des objectifs. Enceinte de sept mois, n?a-t-elle pas sillonné les rues pour faire six heures de porte-à-porte journalières pour les élections 2005 ? Pour illustrer sa vision du travail, Sandhya préfère nous filer une jolie métaphore : «Si tu veux gravir l?échelle du succès, assure-toi d?abord qu?elle est appuyée contre un mur et que le mur est asez solide.»

Beauté et prestance

Cette travailleuse acharnée n?en est pas moins mère. Elle prend le temps d?interrompre cette conversation à bâtons rompus pour s?occuper de son aîné Kovid venu la solliciter. Un adorable bambin de trois ans venu montrer son gros camion rouge que «Père Noël inn donn moi». Elle n?en est pas moins femme aussi. Sandhya Boygah est belle. Une beauté qui lui confère une aura et une prestance qui ne doivent pas laisser indifférents ceux qui la côtoient. Mais, en joue-t-elle ? D?un revers de la main, elle balaie cette question superficielle à ses yeux. «Je sais que the first impression is the last impression mais je ne pense pas qu?on doive se servir de la beauté comme un atout ; je pri-vilégie la nature de l?approche que je réserve aux gens. Et je garde mes distances quand il le faut.»

A l?heure où la présence des femmes en politique ne cesse de s?étioler, une femme de cette trempe-là serait un atout certain dans l?arène politique en 2010. Sandhya Boygah reste songeuse: «Je me contente pour l?instant de m?occuper de mes huit mille électeurs. A l?avenir, si je travaille dur, si j?ai le potentiel, si les dirigeants veulent donner la chance à une femme d?être au Parlement, je verrai bien. Petit à petit, l?oiseau fait son nid.»

Gageons que Sandhya Boygah se construira un très joli nid.

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