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Le FMI presse pour une réforme économique radicale

4 janvier 2006, 20:00

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Le Fonds monétaire international (FMI) exhorte le gouvernement à développer très vite une stratégie économique globale qui comprendrait des mesures de réformes structurelles et des politiques visant à rétablir la stabilité macroéconomique. Parmi les mesures préconisées la privatisation, la révision de la politique salariale et un élargissement de l?assiette fiscale.

C?est ce qui ressort de la dernière Public Information Notice rendue publique le 3 janvier à l?issue des Article IV Consultations entre le comité exécutif du fonds et les autorités mauriciennes, en décembre.

Le FMI s?inquiète de la dégradation de la situation économique du pays. La détérioration de l?environnement économique externe, notamment l?érosion des préférences, a affecté les principales exportations du pays, le textile et le sucre. C?est ce qui a conduit à un ralentissement de la croissance, un gonflement du déficit du compte courant et une baisse des réserves internationales.

Le comité exécutif du FMI souligne que ?l?environnement international difficile, le niveau élevé de la dette publique et le risque d?un taux d?inflation plus élevé posent des défis considérables en termes de politique économique sur le court et moyen termes?.

Participation du secteur privé

Des actions énergiques s?imposent donc, soutient le FMI, qui prône des reformes structurelles et des politiques visant à rétablir la stabilité macroéconomique. ?Un tel agenda rassurera les investisseurs internationaux et domestiques, améliorera l?environnement pour l?activité du secteur privé et jettera les bases pour un retour à des taux de croissance élevés et pour des opportunités de création d?emplois.?

Au niveau structurel, une des prescriptions du FMI est d?encourager une plus grande participation du secteur privé, notamment à travers la privatisation. Ce qui aidera à favoriser l?investissement et la croissance. Dans ce contexte, le FMI met l?accent sur la nécessité de revoir le rôle du secteur public dans les activités commerciales. La solidité financière des principales entreprises étatiques mérite également d?être revue.

Le FMI remet aussi sur le tapis la question de la politique salariale. ?L?impact de négociations salariales centralisées sur le coût de la main-d??uvre et la compétitivité doit être examiné bientôt?, estime l?institution de Bretton Woods. Il est également nécessaire de créer un marché du travail plus flexible permettant le transfert des salariés des secteurs en déclin vers d?autres secteurs. Mais cela passe par des mesures d?accompagnement telle la formation orientée vers les besoins des secteurs économiques en expansion.

En ce qui concerne les secteurs en difficulté, le sucre et le textile, le FMI met en garde contre l?utilisation d?incitations fiscales ou de fonds publics pour leur venir en aide, compte tenu du niveau déjà élevé du déficit budgétaire. Le FMI apprécie toutefois les efforts de restructuration déjà en cours dans ces deux secteurs.

Au niveau du déficit fiscal justement, le fonds recommande une panoplie de mesures afin de contenir tout accroissement supplémentaire. Quant aux revenus, il note qu?il existe une latitude pour un élargissement de l?assiette fiscale. Du côté des dépenses, l?institution invite à un meilleur ciblage de ceux qui ont vraiment besoin de l?assistance sociale de l?Etat. La récente majoration des produits pétroliers est une bonne chose, mais le mécanisme d?ajustement automatique doit être maintenu à l?avenir afin de passer entièrement aux consommateurs toute hausse du cours du pétrole sur le marché mondial. Toutefois, des mesures bien pensées peuvent être prises pour épargner les plus pauvres, estime le FMI.

Taux de change plus flexible

La Public Information Notice fait ressortir que les politiques monétaire et de taux de change seront déterminantes pour garantir la compétitivité du pays sur le plan international à moyen terme. La majorité des membres du comité exécutif du FMI prône une approche prudente de resserrement monétaire afin de contenir l?inflation. Une assistance technique pourrait être mise à la disposition du pays afin d?aider à développer une gamme plus diversifiée d?instruments de politique monétaire.

Au niveau du taux de change, le FMI insiste sur le fait qu?il devrait refléter les mouvements dans les principaux paramètres macroéconomiques. Ainsi, le taux de change devrait être plus flexible. Pour préserver les réserves internationales, les interventions de la Banque centrale devraient se limiter à lisser la volatilité à court terme.

PERSPECTIVES

Croissance faible pour deux ans encore

■ Dans un rapide survol de la situation, le Fonds monétaire international (FMI) fait ressortir que la croissance s?est ralentie à 3,5 % en 2004-2005. Le FMI estime que l?expansion économique devrait rester faible au cours des deux prochaines années fiscales. En raison de la flambée du cours du pétrole, couplée à une diminution des recettes d?exportation, le compte courant, qui était en surplus, est passé en déficit.

Le ralentissement économique et le fait d?avoir repoussé l?ajustement du prix du pétrole a aggravé la situation fiscale. Le déficit budgétaire a tourné autour de 5 % en 2004-2005, mais les pertes de la State Trading Corporation se sont accumulées. Si des mesures correctives ne sont pas prises, le déficit public risque de se détériorer en 2005-2006 à cause d?une baisse des revenus attribuable à une faible activité économique.

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