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Les stations-service demandent une hausse de leur marge

2 janvier 2006, 20:00

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La grogne enfle. La majoration inévitable des produits pétroliers fera des automobilistes mécontents dès demain. Au tour des propriétaires de stations-service d?exiger une meilleure part dans la vente de l?essence. Leur situation est précaire, dit la Petrol Retailers? Association (PRA). Et les prix de l?essence et du diesel connaîtra encore une hausse mercredi.

Le principal grief, maintes fois réitéré par la PRA, réside dans la marge au détail que perçoivent les stations-service sur un litre. Elle estime que 69,4 sous touchés sur un litre d?essence vendu, de même que 62,8 sous pour le diesel, sont insuffisants. Alors que le prix de ces produits pétroliers n?a cessé de prendre l?ascenseur, ce bénéfice par litre est resté le même depuis le dernier réajustement début avril 2004.

D?un autre côté, le comité de l?Automatic Price Mecanism (APM), se réunit aujourd?hui, pour donner son aval à une majoration maximale de 15 % des prix de l?essence et du diesel. Et la PRA estime que leur profit au litre devrait être couplé à ce quantum. ?A chaque fois que l?APM accorde une hausse, nous revenons avec nos demandes. Indexer la marge sur l?augmentation serait le bienvenu?, ajoute le secrétaire.

Vols à main armée

?Depuis 2004, les propriétaires ont dû payer trois compensations salariales à leurs employés sans compter les heures supplémentaires pour satisfaire la clientèle. A n?importe quel moment, les véhicules de la police, de l?Etat et des ambulances s?approvisionnent chez nous. Nous ouvrons même jusqu?à fort tard dans la soirée pour rentrer dans nos frais?, affirme le secrétaire de l?association, Ashok Rughooputh.

L?association veut pouvoir miser sur une hausse de la marge à une roupie afin qu?ils puissent rentrer dans les frais. La question a été abordée lors d?une rencontre avec le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, en octobre dernier.

La recrudescence, par ailleurs, du nombre de vols à main armée dans les stations-service, tel celui perpétré à Roche-Bois en décembre, alarment l?association, qui regroupe quelque 75 membres. Prendre des précautions contre ces attaques, fait ressortir Rughooputh, se greffe sur des charges à la hausse constamment. Autre dépense fixe mais galopante reste la facture de l?électricité, qui augmente de 15 % pour les commerces aujourd?hui.

Les cartes de crédit sont une autre pomme de discorde. De nombreuses stations-service refusent ce mode de paiement. L?association clame que les prélèvements bancaires sont trop élevés. Rughooputh avance un chiffre de 1,75 % sur les 2,2 % de commission perçue par transaction.

Pour rentrer dans les frais, le secrétaire de la PRA avance qu?une station-service devrait écouler un minimum de 200 000 litres mensuellement. Bien que les revenus bruts soient importants, il faudrait ajouter les pertes par évaporation de ces produits pétroliers, pour lesquels il casque en faveur de son fournisseur au prix cash.

Quoi qu?il en soit, selon la présente structure des prix, toute majoration dans la marge de la station-service se répercutera sur le prix à la pompe. Et c?est le portefeuille de l?automobiliste qui en sera le grand perdant.

PRIX

Ce que pompe l?Etat avant la vente

■ Le budget 2002-2003 a modifié le prélèvement fiscal sur les produits pétroliers. Les taxes sont désormais fixes, indépendamment de la valeur des produits. A ces charges s?ajoutent la taxe sur la valeur ajoutée, les subsides et les marges de profit pour le grossiste et la station-service. (voir graphique pour les composantes du prix de l?essence). Dans le cadre de la réforme fiscale entreprise par l?ancien régime, le ministre des Finances d?alors, Paul Bérenger, avait fixé les nouveaux tarifs à Rs 9,80 par litre d?essence, Rs 3 pour le diesel et Rs 2 pour l?huile lourde. Auparavant, l?Etat percevait un montant variable, indexé sur le prix à l?importation de ces produits. Le prix payé à la pompe inclut d?autres frais tels que le fret, le subside pour le transport et le stockage à Rodrigues (5 sous par litre), la contribution de 25 sous à la Road Development Authority, les coûts d?opération et de marketing et les frais.

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