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Carl de Souza refait couler ?Le Sang de l?Anglais?

18 décembre 2005, 20:00

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Pour son premier roman, Carl de Souza avait obtenu le prix de l?Agence Intergouvernementale de la Francophonie (ACCT). L??uvre s?intitulait ?Le Sang de l?Anglais?. Distinction décrochée en 1993, qui devait lancer la carrière d?écrivain du professeur de sciences, et sportif émérite.

Plus de dix ans plus tard, l?édition française de son roman, publié chez Hatier étant épuisée, il fait l?objet d?une nouvelle édition. L?occasion de découvrir ou de redécouvrir les déboires de Hawkins, un ?ras mélangé?, bien de nulle part, rejeté de tous. L?impression a été effectuée par Précigraph Ltd. Le livre est disponible en librairie à Rs. 290. La couverture exploite d?une manière nouvelle le cliché bien connu du Last Passenger Train, celui du samedi 31 mars 1956, quittant la gare de Port-Louis pour Curepipe.

Carl de Souza est né à Rose-Hill en 1949. Après des études de biologie, achevées à l?université de Londres, il enseigne durant plusieurs années. Il prend en 1995 la direction du college St. Mary?s à Rose-Hill. Depuis 1986, il écrit régulièrement dans des revues.

Auteur prolifique et ponctuel, il a montré au fil des ans une sensibilité exacerbée pour les phénomènes de société. Parmi ses ?uvres marquantes : ?La maison qui marchait vers le large?, affrontement étouffant de Daronville avec son locataire Haffenjee. Tout les sépare, de la nourriture à l?éducation, de la religion au travail. L?adversité les réunira : le glissement de terrain de La Butte, celle qui fait ?marcher? la vieille bicoque de Daronville et ses odeurs de moisi, vers le mer.

Tout aussi parlant, ?Les Jours Kaya?. Etincelle pour la longue errance de Santee : la mort du chanteur rasta en prison, en février 1999. Santee quitte son village à la recherche de son jeune frère Ram, qui n?est pas rentré. Elle se perdra entre Port-Louis et Beau-Bassin, nous entraînant à sa suite dans un paysage devenu méconnaissable.

?Au-delà des tensions ethniques, dont il trace le diagramme avec précision, Carl de Souza serre au plus près l?humanité de ces êtres abandonnés de tous et nous fait accéder à un monde qui ne connaît plus de limites?, dit la critique.

La même sensibilité pour ceux que l?on jette à la mer. Regard compatissant pour les immigrants clandestins. Quelle est la destination du voyage : un pays réel ou imaginaire, la liberté ou seulement une vie normale ?

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