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Mission : Fiction mauricienne

17 décembre 2005, 20:00

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La série Voisin Voisine redémarre et l?on ne peut que féliciter Gaëtan Essoo pour sa persévérance.

Le Mauricien, de nature difficile, trouvera toujours des choses à redire. Mais de la fiction mauricienne, on en veut !

Le goût des Mauriciens pour les séries est quasi-légendaire.

Le succès des interminables télénovelas, qui font le bonheur officiel des ménagères et de ceux qui se croient au-dessus de la mêlée, ne se dément pas. Entre les amours contrariées de Rosa en passant par la sauvageonne Marimar ou les autres histoires à l?eau de rose, un facteur manque : l?identification. Culture différente, physionomie différente? l?identification est un processus quasi-impossible.

D?où l?importance de la fiction mauricienne. Se retrouver dans une langue ou des tournures de phrases bien de chez nous, entendre parler d?un bouillon brèdes chouchou accompagné d?un poisson salé frit, rien de tel pour se sentir Mauricien. La fiction d?un pays peut aider à resserrer les liens, mieux encore, permet de s?imprégner davantage d?une identité vraiment nationale. Pour cela, il faut se voir à la télévision, se reconnaître. A cause d?un manque de divertissement et de moyens, le Mauricien a mis la télévision au centre de sa vie. Mais si les films africains l?intéressent moyennement, les films américains le fascinent. Provoquant ainsi la construction d?une culture qui se veut proche de celle des Etats-Unis.

La fiction mauricienne a ainsi un rôle important, presque capital à jouer dans la construction de cette identité mauricienne. Il y a encore du travail à faire. Beaucoup de travail même. Mais la volonté est là et avec un soutien financier, rien n?est impossible. La MBC a fait le bon choix d?ouvrir son antenne à la production indépendante. Que l?argent suive pour venir en aide à ceux qui ont envie de faire de la fiction mais que le manque de finances enclave.

En ce qui concerne la MBC, les mécontents se font entendre ses derniers jours. Ceux qui étaient au placard pendant des années et qui en sont sortis, ont retrouvé le sourire. Mais pour cela, il a fallu faire de la place. Les deux postes importants qui risquent d?échapper à leurs actuels occupants, sont ceux de la programmation et de la production locale. Christian Comarmond, responsable de la programmation, et Atma Bumma, directeur de la production locale, attendent actuellement qu?une décision soit prise en ce qui concerne le renouvellement de leurs contrats. Renouvellement qui risque de ne pas avoir lieu.

Si, comme le précise Bijaye Madhou, toute personne sous contrat doit s?attendre à ce qu?il ne soit pas renouvelé, il faut aussi faire attention à ne pas changer pour plaire à certains seulement.

Pour cela, il faut rester objectif et prendre en considération les réalisations des uns et des autres.

La compétence devra primer sur la décision finale.

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