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En avant pour la 4e saison

17 décembre 2005, 20:00

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Voisine propose cette fois « l?autre face du bonheur ». Cette autre face s?habille d?un nouveau générique, de nouveaux visages, mais aussi et surtout, d?une histoire plus crédible dans laquelle plane le mystère.

Sous couvert d?une île carte postale, filmée sous son meilleur jour, Gaëtan Essoo, qui cumule les fonctions de scénariste, de réalisateur, de producteur et de monteur, esquisse des portraits proches de la réalité mauricienne. Si les personnages sont d?emblée moins caricaturaux, le cinéaste sonde les personnages et fait éclater le vernis des apparences.

Voisin Voisine renouvelle ainsi le soap. Ce genre de feuilleton-fleuve qui multiplie intrigues familiales et rebondissements sentimentaux, a la côte, chez nous, comme ailleurs. Pour sa quatrième et pas forcément dernière saison, (voir hors-texte plus loin), le premier feuilleton « made in Mauritius » dissèque une autre intrigue. L?action tourne principalement autour de Karim (Ben Javed), ressortissant français, venu à l?île Maurice pour fouiller le passé trouble de son père, un certain Jean Dupond.

Epaulé par Shakti, une amie journaliste, rencontrée à Paris, il va chercher à percer les mystères de sa naissance. Restent les conflits entre Preetee (Catherine Kuppusami), désormais maman d?un petit garçon et Geneviève (Marie-Ange Collard), son hautaine belle-mère, pour corser la trame, sans oublier les conflits conjugaux entre Gassen (Anon Payendee) et son épouse Pamela (Danila Essoo).

Les secrets et les soucis des voisins et des voisines, alimentent l?intrigue. C?est le moyen le plus sûr, de poser sa trame, dans un contexte à la fois mauricien et universel. Derrière les façades et les sourires en coin, des choses se trament.

Le voile se lèvera peu à peu, au fil des treize épisodes de vingt-six minutes de cette saison. Et c?est ce mystère indicible, qui marque le renouveau de Voisin Voisine, sinon, comment faire du neuf avec du vieux ? « Il fallait réécrire cette histoire mauricienne au moyen d?ingrédients déjà existants. J?ai voulu donner davantage de consistance aux personnages et j?ai en retour, exigé plus de crédibilité et de subtilités dans le jeu des acteurs, » précise Gaëtan Essoo.

Une saison plus exigeante

Le pari, a semble-t-il, était tenu. A voir Ben Javed dynamique animateur de Kool FM, jouer le jeune homme nerveux, introverti, à la recherche de son identité, investi, dans la peau de Karim, ou à voir Sabine Bourdet, Miss Maurice 2003, dans la peau d?une journaliste décidée et déterminée, on peut accorder le crédit à Gaëtan Essoo. Et reconnaître que son casting, s?il n?est pas de haut vol, faute de formation appuyée, est quand même fort bien inspiré. « Mes acteurs constituent ma plus grande fierté et ma plus grande satisfaction. Ils ont été exigeants avec eux-mêmes et ont su faire montre d?originalité et de rigueur dans leur interprétation. » Au tour des téléspectateurs à présent de se faire une opinion.

Le rideau était tombé en juillet 2002 sur la troisième saison de Voisin Voisine. Décembre 2005, trois ans et quatre mois plus tard, la première série mauricienne fait son grand retour sur le petit écran.

Si la voix de Gérard Louis a remplacé celle de Désiré François au générique, et que celle de Sandra Mayotte réveille d?anciens souvenirs, on a l?impression de n?avoir jamais quitté les familles Toolsy, Lambert et Dewnath.

Certes, il y a de nouveaux visages, tous familiers : Sabine Bourdet, de Ben Javed, de Nella Brasse et de Daniella Grandcourt. Sabine Bourdet, Miss Mauritius 2003. Cette dernière tient dans cette nouvelle saison, un rôle de premier plan. « Je craignais que Ben Javed et Sabine Bourdet ne soient pas à la hauteur, puisqu?une bonne partie de la série repose sur leurs épaules. Ils se sont révélés excellents, » précise Gaëtan Essoo.

Le premier épisode de cette quatrième saison, ne résume pas les précédentes saisons. « Cette saison a été construite de manière à ce qu?un public qui n?aurait rien vu des saisons précédentes, ne soit pas en décalage. Cela dit, des flashbacks récurrents, au cours des divers épisodes, rafraîchiront la mémoire des fidèles de la série, » précise le réalisateur.

Rien qu?à voir les plans du premier épisode de cette quatrième saison, on constate le travail sur l?image. Chaque plan a été minutieusement pensé, chaque mouvement de la caméra est étudié. « La barre doit toujours être plus haute. Outre les dialogues, c?est dans le jeu des acteurs, que repose toute cette saison. »

Perfectionniste et rigoureux, Gaëtan Essoo a exigé de vraies larmes pour certaines scènes. « J?en avais marre de la facilité. C?est trop facile de simuler une émotion, mais faire monter l?émotion est un vrai défi, voire une gageure. Mes acteurs m?ont surpris par leur détermination et leur envie de se surpasser. »

Zoom sur les nouveaux visages

Du statut d?animateurs radio, ils sont passés « acteurs ». Ben Javed, Nella Brasse et Daniella Grandcourt, ont trouvé un nouveau métier, une nouvelle passion, grâce à Gaëtan Essoo. Ce dernier a également recruté Sabine Bourdet, Bernard Desvaux de Marigny et Martine Bienaimé, pour compléter le casting.

L?expérience a été à la fois belle, stressante et intéressante. « C?est un truc de fou, une expérience folle, à vivre et à revivre ! » s?exclame Bernard Desvaux de Marigny, grand amoureux des opérettes et de la chanson. « Incarner un personnage, sortir de soi-même pour devenir un autre, c?est quelque chose d?unique en soi. J?en ai ri et j?en ai frissonné, » ajoute Daniella Grandcourt, la fidèle animatrice d?Encore Plus sur Radio Plus.

Animateur freelance sur Kool FM et présentateur sur la MBC télé, Ben Javed, consultant en informatique, vient d?ajouter une nouvelle corde à son arc. «Une fois passées les premières appréhensions, je me suis pris au jeu. Ce fut une expérience exaltante à revivre, très certainement !» Shakti est incarnée par Sabine Bourdet, Miss Mauritius 2003. La jeune femme fait preuve des mêmes disponibilités face à la caméra. « J?ai toujours aimé me fixer de nouveaux défis. Il est toujours souhaitable de tenter des choses plutôt que de rester les bras croisés. »

Autre petit rôle, celui de Martine Bienaimé, dans la peau de Devi, la secrétaire des Dewnath. Enseignante de profession, Martine Bienaimé est devenue comédienne pour le théâtre. Baraz, de la troupe Sapsiway, écrit et mise en scène par Gaston Valayden, a été une véritable révélation pour elle. Poussée par son mentor à s?inscrire au casting de Voisin Voisine, elle ne regrette pas du tout sa décision. Personnalité de la radio, Nella Brasse incarne Anna, une prof d?économie plutôt sévère. « Pour moi, faire de la radio c?est rester soi-même. Mais être comédienne, c?est épouser un rôle. Ce fut un grand défi à relever.»

<B>Quelques chiffres</B>

Rs 2,5 millions :Un budget limite, pour cette quatrième saison de Voisin Voisine.Rs 2000C?est le montant qu?a touché chaque acteur par jourde tournage, indépendamment de leur rôle.27 : C?est le nombre d?acteurs engagés sur le plateau de tournage.

5 mois : pour ce tournage qui n?a pas été de tout repos, compte tenu des emplois du temps serrés des acteurs et des caprices de Dame Nature. Il a débuté en juin 2005, pour s?achever en octobre 2005.

13 : épisodes pour cette IV saison.

26 minutes : C?est la durée de chaque épisode.

Le pari osé de Gaëtan Essoo, le réalisateur

Il voulait être derrière la première série 100% mauricienne et parallèlement, donner une ouverture au cinéma mauricien pour lui permettre d?éclore. Gaëtan Essoo a tenu le pari. Il a failli se brûler les ailes, mais il n?a jamais perdu la foi. « Je suis aujourd?hui endetté jusqu?au cou. Pour les trois précédentes saisons, Georges Chung Tick Kan était le producteur, il gérait toutes les finances. Pour cette saison, je me suis retrouvé seul, à démarcher les sponsors, à jongler avec le budget, à tout orchestrer. J?ai dû me couper les cheveux en quatre à plusieurs reprises. Je n?ai pas encore réglé tous les cachets des acteurs et j?attends encore que d?autres sponsors règlent leur part du budget. Malgré tout, je suis content d?être arrivé aussi loin. »

Ce qui fait courir Gaëtan Essoo, c?est la passion. La passion pour le cinéma et la passion pour les choses bien faites. S?il a horreur de se mettre en avant, et que par-dessus tout, il déteste les séances photos, il sait en revanche comment fonctionne le cinéma. Il connaît ses exigences et sait comment contrecarrer ses faiblesses. Pour cette quatrième saison, il a cumulé les fonctions de scénariste, de réalisateur, de producteur et de monteur. « J?ai toujours su que le public voulait encore de cette série. Les sponsors ont suivi la tendance et ont bien voulu miser sur un produit qui a déjà fait ses preuves. Outre financier, mon défi à été de tenir à la fois la route et la distance, pour que cette saison ait le même impact que les autres. Je souhaite seulement que le public nous suive à nouveau. »

S?il n?est pour l?instant pas question d?une cinquième saison, Gaëtan Essoo, avoue ne pas être réfractaire à poursuivre l?aventure au-delà de cette quatrième saison. « Je ne dis pas non, mais ça prend du temps ! Si le public suit, on peut poursuivre, mais si l?argent ne suit pas, ce sera difficile. Déjà le budget actuel ne m?a guère laissé beaucoup de libertés. Ces 2,5 millions sont dérisoires pour une série de cette durée. J?ai fait néanmoins avec les moyens du bord. Continuer dans ces conditions serait presque de la folie, » explique-t-il avec raison. Acharné de travail, Gaëtan Essoo, peut néanmoins prendre le temps de souffler, avant d?envisager une suite éventuelle à cette quatrième saison. Pour l?heure, pour lui et pour toute son équipe, c?est mission accomplie. Une fois encore.

La MBC divisée

Des employés sur la sellette, d?autres qui se plaignent de leur sort, un communiqué? la MBC est encore une fois dans un état particulier après le changement de direction et de présidence. Les anciennes « victimes » sont à nouveau sur les devants de la scène et cela ne plaît pas. Leur manque de compétence dans certains cas a provoqué des incidents à cause d?un manque d?organisation et de prévoyance. « Si on n?est pas de la bonne couleur politique et que l?on n?utilise pas le même langage, on n?est pas dans les bons papiers. Tout le monde se plaint de la désorganisation. Certains n?ont pas eu l?habitude de travailler. Ils ne gèrent pas, n?anticipent pas. Il faut vraiment faire une comparaison entre l?avant et le présent », explique un employé de la MBC.

Bijaye Madhou, directeur de la MBC, dément le fait que certaines personnes aient été mises au placard. En évoquant Selvina Chadien et Sarah Persand, il nous parle d?une rédaction unifiée pour expliquer de leur passage à la radio. « Il y a un système de rotation », explique-t-il. Mais cela n?empêche que les deux jeunes femmes ne sont plus à la télévision.

En lui disant qu?elles étaient de bonnes présentatrices, il nous rétorque que c?est de la subjectivité. « Les gens travaillent dans un système. Nous avons recruté de nouvelles personnes et une nouvelle structure a été mise en place. Il y a toutes sortes de sensibilités et je les accepte. Du moment que les employés agissent de manière professionnelle, je n?y vois aucun problème », souligne Bijaye Madhou. Le directeur de la MBC a tenu à préciser qu?il n?y a pas de victimisation.

Un communiqué nous a été envoyé et signé par Nanda Armoogum, Raghoonath Deal, Feyçal Caunhye, Rishi Gopaul, Jugdish Joypaul, Jug Gocool, Abid Syed Hossen, Nadarajen Pillai et Ravin Joypaul. Ils expliquent que la direction collégiale dont ils font partie « opère et continuera à opérer avec professionnalisme. » Ils mettent aussi en avant les différentes nouvelles émissions présentes sur la grille de programmes depuis que la rédaction se trouve sous leurs responsabilités.

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