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Le ciel, la plage? et les algues
Enlever des algues qui asphyxient la mer est une démarche louable en soi. Mais les enlever pour les entasser à côté de la plage relève d?un manque total de respect. Il s?agit pourtant d?une situation qui perdure à Palmar : un monticule d?algues blanchâtres, haut de plus d?un mètre, pourrit lentement entre la route côtière et la plage publique.
Deux touristes allemandes prennent des photos de la vue peu reluisante. Sous le soleil qui brille haut dans le ciel et devant la mer qui scintille, elles ont immanquablement repéré la petite colline de goémons. Les traces de pneus sur la plage laissent deviner que ces goémons ont été enlevés de la mer voisine. Et ils ont été tout simplement jetés à côté de la plage, au lieu d?être transportés en un lieu de débarras approprié.
Le problème des algues dans la mer n?a pas fait sourciller les passants. Mais ce laisser-aller, certainement ! Après l?opération des dix tonnes d?algues enlevées de Bain-B?uf en octobre dernier, c?est Palmar qui semble être affecté par ce fléau naturel. Nous pouvons constater, ça et là, des algues encore vertes qui flottent près de la côte.
La police de l?environnement laisse entendre qu?il y a bien eu une escouade qui a nettoyé la plage publique de Palmar, il n?y a pas longtemps. Qui a enlevé les algues dans cette région ? C?est une question qui intéresserait plus d?un. Ce qui est sûr, c?est que le travail a été mal exécuté. Le problème reste entier. Quand il pleut, le tas dégage une odeur désagréable. Avec les nombreux hôtels aux alentours, il est dommage de constater que jusqu?à l?heure, cette situation interpelle peu tous ceux concernés.
Minimiser les dégâts
Deolall Daby, chargé de cours en Marine and Environmental Sciences à l?université de Maurice, explique que cette situation peut être causée par plusieurs facteurs : ?C?est un problème qui est dû à l?enrichissement de l?eau par les nutriments. Quelle en est l?origine ? Peut-être le mauvais traitement des eaux usées des hôtels avoisinants. Ou celui du fumier qui provient des élevages, ou encore du fertilisant utilisé dans les plantations de légumes?. Des problèmes de ce genre surgissent de temps à autre et touchent particulièrement les îles volcaniques.
Ce phénomène de prolifération d?algues se produit certes assez fréquemment. Mais il peut être évité. ?Il faut qu?il y ait un programme continu de surveillance et que les autorités mettent plus l?accent sur cet endroit. Si nous ne pouvons pas éliminer le problème, nous pouvons en minimiser les dégâts?, dit encore Deolall Daby.
Cette remarque n?est pas à prendre à la légère. Car le chargé de cours souligne que le problème de goémons ira crescendo. Avec les activités côtières qui augmentent, les plages sablonneuses seront plus sensibles aux mauvais traitements causés par les produits chimiques ou les eaux usées.
À Palmar, la vue de ce monticule d?algues est désastreuse. Non seulement pour les touristes, mais pour les habitants eux-mêmes. La balle est dans le camp des autorités. D?ordinaire, quand on s?engage dans un projet, il convient que l?on aille jusqu?au bout.
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