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Les sondages confortent Ariel Sharon

23 novembre 2005, 20:00

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Au lendemain de son départ du Likoud pour fonder un parti ?centriste? en vue des élections législatives anticipées du début 2006, Ariel Sharon a vu son coup de poker récompensé, provisoirement au moins, par des sondages favorables. Trois enquêtes d?opinion parues dans la presse israélienne créditent la nouvelle formation ? encore sans nom ? du Premier ministre de 30 à 33 sièges sur 120 à la Knesset, le Parti travailliste d?Amir Peretz en obtenant 25 ou 26 et le Likoud de 12 à 15.

S?il maintient cet avantage d?ici aux élections, prévues fin février ou courant mars, l?ancien général sera pratiquement assuré d?un troisième mandat consécutif à la tête du pays et aura gagné, à 77 ans, l?un des paris les plus audacieux de sa carrière militaro-politique. Le président Moshe Katsav a déclaré mardi avoir reporté sa décision sur une dissolution du parlement, en l?attente de nouvelles consultations avec des constitutionnalistes.

?Je pense que les élections auront lieu le 28 mars, et non pas à la date prévue de novembre 2006, mais cela ne peut être officialisé que lorsque le parlement aura été dissous?, a-t-il dit à la presse. ?Pour le moment, il n?y a pas accord pour dissoudre la Knesset, en raison de litiges d?ordre juridique?, a précisé Katsav lors de la conférence de presse qu?il a convoquée après avoir demandé aux députés de suspendre leurs délibérations sur la question.

Une dizaine de personnalités du Likoud se sont ralliées à Sharon, dont le vice-Premier ministre Ehud Olmert et le ministre de la Justice Tzipi Livni. Le ministre de la Défense, Shaul Mofaz, a, lui, choisi de rester au Likoud pour en disputer la direction à l?ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le Premier ministre, qui restera en poste jusqu?au scrutin anticipé de 2006, espère débaucher aussi dans les rangs du Parti travailliste, à commencer par son vieil adversaire et néanmoins ami Shimon Peres, qui vient d?en perdre la direction au profit d?Amir Peretz. Il compte enfin recruter parmi les anciens responsables de la sécurité du pays, dans les milieux religieux modérés, parmi les membres du parti centriste laïque Shinui ainsi que dans les cercles universitaires.

<B>?Définir les frontières permanenentes?

En quittant le Likoud, dont il a été un des fondateurs en 1973, Sharon a fait valoir que, pour faire la paix avec les Palestiniens, il ne pouvait plus ?perdre son temps? à dompter son aile droite, révoltée par le retrait unilatéral de la bande de Gaza. Il s?est toutefois défendu de planifier un autre retrait unilatéral en Cisjordanie, disant s?en tenir à la ?feuille de route? internationale pour la paix, qui prévoit la création d?un Etat palestinien indépendant et viable, mais aussi, a-t-il rappelé, le désarmement des groupes radicaux palestiniens.

Fort de la popularité que lui valent le retrait de Gaza et sa poigne face à l?activisme palestinien, le ?bulldozer? Sharon affiche son intention de débloquer le processus de paix, en panne depuis le début de la seconde intifada, il y a cinq ans. ?Nous avons le désir de définir les frontières permanentes d?Israël dans le cadre d?un accord fondé sur la feuille de route?, a déclaré mardi Ehud Olmert au micro de la radio de l?armée.

A Jéricho, le Premier ministre palestinien Ahmed Koreï a estimé que les bouleversements sur l?échiquier politique israélien relevaient des affaires intérieures de l?Etat juif, mais il a formulé l?espoir d?avoir affaire à un gouvernement ?intéressé par la poursuite du processus de paix dans un temps limité?. Sharon, qui a souvent déclaré qu?Israël entendait conserver ses colonies les plus importantes en Cisjordanie, une exigence rejetée par tous les dirigeants palestiniens, a souligné lundi, en annonçant son initiative politique, que les Israéliens ne devaient pas s?attendre à toutes les conserver.

<B>Jeffrey HELLER</B>

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