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La FSSC seule contre Cunningham

18 novembre 2005, 20:00

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Les réactions à la suite de la démission de Bert Cunningham continuent à pleuvoir. Après la Mauritius Export Processing Zone Association, le Port Users Council, c?est au tour de la Chambre de commerce et d?industrie et du leader de l?opposition de réagir au départ du receveur des douanes. Le départ de Bert Cunningham inquiète Paul Bérenger. «S?il s?en va et si l?on nomme des corrompus (?) ce sera un recul dans le combat contre la fraude et nous allons nous retrouver cinq ans en arrière.» Il précise que les corrompus sont «une minorité», que la fraude a reculé et que l?Etat a pu récupérer des milliards. «Il faut prendre des dispositions pour que les corrompus ne reviennent pas à la charge.» Et il faut, dit Paul Bérenger, voir au-delà des six mois durant lesquels le contrôleur des douanes était censé rester.

Paul Bérenger apporte un «soutien inconditionnel» à Bert Cunningham. Il rend hommage à son courage. Il estime que le Premier ministre a «fait des choses pour casser les reins» du receveur des douanes. Il critique le rôle des syndicats.

Dans un communiqué émis hier, la Chambre de commerce et d?industrie (CCI) affirme qu?elle a travaillé en étroite collaboration ces dernières années avec Bert Cunningham et les douanes pour la mise en place de nouveaux modes de fonctionnement plus performants et transparents. «Nous pensons que Bert Cunningham, grâce à son expérience, a beaucoup contribué aux améliorations marquantes notées dans les services de douanes», soutient la CCI. «Nous tenons à lui assurer notre soutien dans le travail qu?il fait et nous espérons qu?il pourra continuer sa mission».

Hier, Bert Cunningham campait toujours sur sa décision, malgré les différentes tentatives du gouvernement pour le faire revenir à de meilleurs sentiments. Il maintient son départ au 16 décembre.

Seule note discordante dans ce concert de soutien : la Fédération des syndicats du service civil (FSSC). Elle met en garde contre toute tentative d?ingérence politique dans le choix des directeurs de la Mauritius Revenue Authority (MRA). Toolsyraj Benydin, le président, estime que le gouvernement ne devrait pas intervenir pour empêcher la nomination d?un haut cadre de la douane comme un des directeurs au MRA. Ce dernier entretient des relations difficiles avec le receveur des douanes, Bert Cunningham.

Rencontrant la presse, hier, Toolsyraj Benydin a réclamé une enquête sur les fuites d?informations à propos des choix des directeurs à la MRA.

Toosyraj Benydin a réfuté l?allégation du receveur des douanes selon laquelle il y a des douaniers pourris. Il lui demande de retirer ses propos. «Pourquoi ne rend-il pas publique sa liste ? Balie li pa finn trouve pou clean the kitchen pendan troizan ?»

Il avance que c?est le syndicat des douaniers qui a été à la base de l?arrestation de leurs collègues qui ont tenté d?introduire de la drogue dans le pays. Il n?y aurait rien de «xénophobe» dans ses sorties contre Cunningham. «Tout ce que je souhaite est que les institutions soient respectées. Le Tribunal d?arbitrage permanent a, dans un récent jugement, clairement dit que le receveur des douanes occupe ce poste à titre temporaire et qu?à la fin de son contrat il doit laisser les commandes à un Mauricien.»

Parlant du bilan de Bert Cunningham, Toolsyraj Benydin a déclaré que le ministre des Finances, Rama Sithanen, avait dans une récente interview expliqué comment les recettes douanières avaient augmenté : grâce notamment à la hausse de la TVA, et une taxe supplémentaire sur les boissons alcoolisées importées. Et puis, dit-il, si les recettes douanières ont augmenté c?est bien parce «les douaniers ont fait leur travail». Pour le président de la FSSC, il y a suffisamment de douaniers compétents pour prendre les commandes de ce département. «Pourquoi continuer avec Cunningham avec qui nous avons entretenu des relations conflictuelles ?»

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