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Les dérapages du centre de réhabilitation pour filles

1 novembre 2005, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

500 panneaux de vitres en morceaux, 100 tubes fluorescents brisés, 15 caméras de surveillance endommagées? La révolte des pensionnaires du Rehabilitation Youth Centre Girls (RYC Girls) samedi a fait des dégâts évalués à plusieurs centaines de milliers de roupies. La plupart de ces 28 filles âgées de 12 à 18 ans se sont mises de la partie.

Les officiers chargés de s?occuper du centre de réhabilitation en ont perdu le contrôle. Face à la débâcle, ils sont restés impuissants. ?Les filles ont commencé à taper sur des tables et à inventer des ségas avec des jurons. C?était terrible, raconte un témoin. Ensuite, elles ont lancé des objets aux officiers. La police a dû être appelée. Entre-temps, les officiers n?ont rien pu faire. On ne peut pas utiliser la violence avec elles.?

Qu?est-ce qui a pu provoquer ce soulèvement ? Le ministère de la Sécurité sociale explique, dans un communiqué, que cela découle d?un ?traitement abusif (?) de certains officiers à qui elles reprochent un confinement anormal dans leur chambre et pas assez d?activités en plein air?. Mais certains estiment qu?en fait, ?les officiers de la prison ne sont pas équipés pour s?occuper de ces jeunes à problèmes?.

La solution temporaire trouvée à la suite des incidents ne semble pas très indiquée : deux autres employées de la prison seront postées au RYC à partir de demain. ?Ce sont des personnes qui ont le sens de l?écoute et qui pourront comprendre ces jeunes à problèmes?, nous assure-t-on. Mais est-ce vraiment une solution de les faire ?garder? par des personnes habituées à imposer la discipline dans le milieu carcéral ? Est-ce vraiment le genre de surveillantes qu?il faut pour ces jeunes filles ?

<I>?Il y a quelques jours, un collègue a surpris deux filles en pleins ébats dans un lit. Et cela se passe tous les jours?, explique une personne proche du milieu.

La révolte couvait depuis mardi dernier. C?est une jeune fille qui atteindra sa majorité dans deux mois qui aurait poussé les autres à la rébellion. Car dès ses 18 ans, elle devra être transférée à la prison des femmes. ?Nous comprenons sa panique. Ce n?est pas facile de vivre en comptant les jours tout en sachant que sa vie va changer à jamais mais elle ne veut rien savoir?, explique une source proche du RYC.

La semaine dernière, l?officier en charge du centre a ainsi dû envoyer une lettre au magistrat pour se plaindre du mauvais comportement de cette jeune fille accusée d?avoir vendu de l?héroïne à un policier (elle n?a pas encore été condamnée et se trouve donc en détention préventive). Mise au courant, elle n?aurait pas caché son mécontentement. Suite à ses protestations, accompagnées, semble-t-il, de jurons et de menaces, les autorités ont décidé de faire venir une psychologue. Ce qui n?a pas arrangé les choses. Elle aurait alors perdu son sang-froid et aurait insulté les officiers.

Mais ce ne sont pas là les seuls problèmes qui sont à la source du manque de discipline au RYC. ?Il y a quelques jours, un collègue a surpris deux filles en pleins ébats dans un lit. Et cela se passe tous les jours?, explique une personne proche du milieu. Ce serait une des raisons pour lesquelles la salle de bains est verrouillée tous les soirs de 19 heures à 21 heures.

?C?est normal, quand des filles à problèmes vivent ensemble, que des relations de ce genre se développent. Mais c?est aux officiers de pouvoir gérer ce problème adéquatement?, explique un travailleur social. ?Quand elles changent de partenaire, celle laissée pour compte devient violente et s?en prend aux officiers?, explique-t-on du côté de la prison.

En attendant que ces soucis soient réglés, les dégâts sont faits. Et les autorités pénitentiaires vont aider à les réparer, même si elles ne sont pas directement concernées puisque le RYC ne tombe pas sous leur administration. Nous apprenons aussi qu?une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur les incidents de samedi et que le ministère aurait demandé à une garde-chiourme de ?prendre 15 jours de repos?. Cela, pendant qu?au RYC, 28 filles reprennent leur routine?

CONFUSION

<B>Les institutions réformatrices : une gestion en suspens</B>

■ Le ?Reform Institutions Act? régit les institutions pénitentiaires et les centres de réhabilitation pour garçons et filles. Mais les prisons tombent sous la tutelle du bureau du Premier ministre alors que les établissements RYC Girls et RYC Boys sont sous la responsabilité du ministère de la Sécurité sociale et des institutions réformatrices. Déjà, cela prête à confusion.

Cette séparation de ces deux types d?institutions a été mise à l?essai depuis plusieurs années mais n?a jamais été véritablement consommée. Le RYC Boys est géré par les travailleurs sociaux connus comme les ?Rehabilitation Youth Officers?. L?officier en charge est cependant un officier de la prison.

En outre, le ?scheme of service? de leurs collègues féminins n?ayant pas encore été finalisé (cela fait plus d?une dizaine d?années que cette situation dure), ce sont toujours les officiers femmes de la prison qui s?occupent des jeunes filles.

A la prison, l?on est unanime à dire que la séparation devrait se faire au plus vite. ?Les prisons et les centres de réhabilitation pour les jeunes sont deux choses complètement différentes. Un garde-chiourme est formé pour s?occuper des bandits et leur réinsertion dans la société. Il n?est pas équipé pour s?occuper d?adolescents à problèmes.? Ce serait bien là la source du problème?

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