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Un été sans pitié !
La saison des mangues arrive tôt cette année. Certains y voient le présage d?un été rude qui fera? suer. Les prévisionnistes n?ont pas le même outil de mesure mais leur pronostic n?est guère différent.
La station météorologique de Vacoas annonce en effet un été très chaud, humide et pluvieux. ?Nous prévoyons que la température sera régulièrement au-dessus de la moyenne de la saison, surtout durant les trois premiers mois de 2006. Si cela dure une semaine ou plus, cela créera beaucoup de problèmes pour les personnes vulnérables. Nous aurons deux ou trois manifestations de ce genre?, indique le directeur, Sok Appadu.
En revanche, des pluies dilu-viennes accompagnées de vents violents pourraient assombrir le ciel dès décembre, ?surtout à partir de la deuxième quinzaine de ce mois-là?, précise Sok Appadu. Le pluviomètre se stabilisera aux en-virons de 1 400 millimètres à Maurice et 800 mm à Rodrigues. Si les prévisionnistes voient juste, les Mauriciens pourraient bien célébrer les fêtes de fin d?année les pieds dans l?eau.
Pour ce qui est des cyclones, Sok Appadu et ses collègues météorologues estiment qu?une dizaine de formations cycloniques seront nommées durant la saison 2005-2006 dans la région du sud-ouest de l?océan Indien. Parmi, deux ou trois pourraient se développer en cyclones tropicaux intenses, avec des rafales dépassant les 240 km/h. Il va donc falloir se préparer.
La station météorologique, toutefois, relativise. ?Ces cyclones ne toucheront pas nécessairement Maurice. Ils se développeront dans le bassin sud-ouest de l?océan Indien qui couvre une surface de 15 millions de Km2. A titre indicatif, la Zone économique exclusive mauricienne fait 2 millions de Km2 tandis que Maurice et ses dépendances ne font que 2 000 Km2?, indique Sok Appadu. Les prévisionnistes estiment cependant qu?il y a ?une forte éventualité? qu?un de ces cyclones passe près de Maurice.
?Si les côtes mauriciennes étaient aussi grandes que celles de Madagascar, il est certain que nous serions régulièrement touchés par des cyclones. Plus le territoire est grand, plus le risque d?être ravagé par des cyclones est grand. Cela va de soi?, ajoute le météorologue.
<B>Réchauffement de la planète </B>
Compte-tenu de tout cela, peut-on affirmer que l?on vivra un été pourri ? Pas nécessairement, estiment les prévisionnistes de la station de Vacoas. ?Les conditions météorologiques correspondent grandement à celles de l?année dernière?, déclare-t-on.
Encore faut-il que toutes ces prévisons soient exactes. Le bilan est flatteur. Sur une période de 17 ans, les météorologues de Vacoas n?ont été que quatre fois en-dehors des prévisions.
Plusieurs paramètres sont pris en compte pour faire ces prévisions. Les météorologues se fondent sur des éléments globaux, régionaux et locaux tout en tenant compte les résultats de recherches effectuées par les grands centres météorologiques de la planète, dont le United Kingdom Meteorological Office.
Cet été chaud et humide que Maurice s?apprête à vivre peut être considéré comme faisant partie d?un processus qui a démarré depuis des années. ?Le réchauffement de la planète a évidemment un impact sur notre pays et sa météo. Depuis 1950, la température à Maurice a enregistré une hausse de 0.5° à 1° Celsius, ce qui est énorme?, analyse Sok Appadu.
Parmi les conséquences probantes de cette hausse de température généralisée à travers le monde, figurent les cyclones qu?ont vécus les pays d?Amérique centrale. Faut-il donc prêter foi aux mangues qui sont sorties plus tôt cette année ?
APPROVISIONNEMENT
<B>Réservoirs : la CWA ?très satisfaite? du niveau d?eau </B>
■ Nos réservoirs sont à un niveau ?très satisfaisant?, estime la Central Water Authority (CWA).
La forte pluviosité de septembre, qui a eu raison d?un record vieux de 100 ans, y est pour quelque chose. Alors que septembre enregistre en moyenne 80 mm de pluie, le pluviomètre a affiché 222 mm cette année-ci. Conséquence, pour la première fois depuis des années, les réservoirs sont à un niveau très élevé pour la saison. Mare-aux-Vacoas est remplie à 90 %, le Midlands Dam à 100 % et les autres se situent entre 75 et 80%. Quant aux nappes phréatiques, qui représentent environ 50 % de l?apport en eau potable, elles sont également à un niveau très satisfaisant, selon Jeet Mohunbahal, chef-ingénieur de la Central Water Authority.
Seule ombre au tableau : les rivières, qui fournissent 15 % de l?eau potable et où une baisse a été enregistrée ces derniers jours. Si la tendance continue ainsi, la CWA devra avoir recours à des coupures d?eau plus drastiques dans la région portlouisienne à partir de début décembre. Idem pour certaines régions du Sud, alimentées par des rivières, qui seront victimes de coupures plus conséquentes.
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