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Comme si

29 octobre 2005, 20:00

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de Christophe Vallée

La philosophie chazalienne consiste à remettre en cause le primat de l?analogie telle qu?elle a été pratiquée depuis Platon. Le Mauricien Malcolm de Chazal veut donc prohiber l?usage du « comme si » : provocation volontaire, certainement. Mais aussi plus profondément volonté de tendre vers l?absolu. Or l?absolu est bien l?horizon visé par Malcolm de Chazal, et qu?il s?efforce d?atteindre par le biais des correspondances seules susceptibles de capter les perceptions latentes « au ras de la vie des choses ». Il veut diviniser la nature ou naturaliser le divin afin de percevoir le secret des choses.

« Autrement dit, la philosophie future cherchera à percevoir puis à sentir, puis à comprendre et en dernier lieu à expliquer, et par le fait simplifier, et arriver par là à l?essence des choses en partant de l?essence, faisant la boucle de la connaissance en partant d?un invisible pour expliquer un plus grand Invisible. »

Il n?y a pas chez Chazal un hiatus entre la raison, le logos et le sensible. À l?inverse de vingt siècles de philosophie, la sensation et la pensée sont l?envers et l?endroit du même gant. Alors que les philosophes traditionnels partent de l?idée pour aboutir à la sensation comme Descartes, à l?inverse De Chazal part de la sensation pour aboutir à l?idée. D?où chez Malcolm de Chazal, l?éloge très empiriste, très Humien du « sens commun ». L?homme simple, dit Malcom De Chazal au sens du simple d?esprit de l?Évangile c?est-à-dire celui dépouillé des préjugés de l?homme commun. La connaissance conceptuelle est une illusion car elle ne repose que sur des hypothèses, des constructions de l?esprit.

Rien ne vaut, dit De Chazal le sixième sens, l?intuition intueri, c?est-à-dire la vision. Tous les syllogismes, toutes les idées ne sont que des formules en vase clos. L?essentiel part de la lumière : je vous rappelle que nous sommes en 1949, que Malcolm de Chazal est un scientifique de formation, ingénieur qui fit des études à l?université de Bâton Rouge en Loui-siane aux USA et qu?il est familier de la théorie restreinte et généralisée de la relativité d?Einstein publiée presque 30 ans plus tôt.

Il sait que le monde n?est que lumière, que l?espace et le temps ne sont que des représentations de la conscience et que le seul critère du réel est la vitesse de la lumière. La lumière est aussi au sens symbolique : lorsque je vois qu?il y a immédiateté entre l?objet vu et le voyant, le visible et l?acte de voir.

Dans le visible il y a le chiasme vu/voyant, perçu/percevant qui ne font qu?un. Le privilège de la vue est que le vu et le voyant ne font qu?un, d?où son importance pour Malcolm.

« L?analyse de la lumière est selon moi la voie la plus directe pour atteindre la connaissance. » D?où l?intérêt de Malcolm de Chazal pour le Traité des couleurs de Goethe.

?Christophe Vallée donnera une conférence le 3 novembre à 17 h 45, à l?hôtel Sofitel sur « Qu?est-ce qui rend heureux ? »

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