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Des manifestants comoriens se font soigner à Maurice
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Des manifestants comoriens se font soigner à Maurice
«Des soldats ont fait irruption chez moi. Ils m?ont tiré dessus à bout portant. Une balle m?a traversé la poitrine du côté droit et a percuté le mur derrière moi. » Nous ne sommes ni en Irak, ni en Afghanistan, mais dans une salle de l?hôpital Nehru à Rose-Belle. Celui qui parle est l?un des manifestants comoriens sur qui l?armée a tiré à bout portant lors d?une manifestation organisée à la suite de l?augmentation de 23 % du prix de l?essence et du gasoil et de 71 % de celui du diesel, le 21 septembre.
Ces augmentations ont suscité la colère de la population et des partenaires sociaux qui ont demandé leur suspension. Le premier à lancer un mot d?ordre de grève a été le syndicat des conducteurs de taxis. Il a été suivi par celui de la confédération des travailleurs comoriens et par le syndicat patronal, l?Opaco.
Le gouvernement a choisi la manière forte pour mater la manifestation. Résultat : deux morts et plusieurs blessés. Au moins trois d?entre eux ont choisi Maurice pour se faire soigner ; deux à l?hôpital et un autre à la clinique. Ces blessés sont originaires d?Itsandra Mdjini, un village où se trouve le bureau du président de la République, Assoumani Azali. Par mesure de précaution, ils évitent de parler à visage découvert. L?un d?eux a reçu trois balles réelles à l?estomac, à l?épaule et à la jambe. Il souffre toujours et ne peut bouger sa jambe. « Les premiers signes de mécontentement sont l??uvre de nos villageois. Puis le mouvement a pris de l?ampleur. Le président Azali a peur que la situation lui échappe. »
Pour le moment, les blessés s?occupent plus de leur santé que d?autre chose. Leur présence ici est l?illustration de l?entraide et de la solidarité dont les habitants d?Itsandra Mdjini font preuve dans les épreuves. Dès qu?un plan de transfert des blessés vers Maurice a été envisagé, les habitants n?ont pas hésité à donner de l?argent. Ils ont ainsi prix en charge le prix de billets aller/retour pour quatre blessés, un accompagnateur et un médecin, les honoraires de ce dernier, les frais d?hébergement dans une clinique et les frais de séjour. L?accompagnateur se charge de toutes les démarches.
« Je souffre, certes, mais cela me fait chaud au c?ur de constater que mes frères ne m?ont pas abandonné. Ils me rendent visite. Dans quelle démocratie, l?armée utilise des balles réelles contre les manifestants. Ce n?est que dans une dictature que de telles choses se produisent », dit l?un des blessés.
Les Comoriens, originaires d?Itsandra Mdjini qui séjournent à Maurice, n?ont pas hésité à les héberger à leur sortie de la clinique et de l?hôpital.
Quant au gouvernement mauricien, il n?a pas été en reste. Il a tout fait pour faciliter l?admission des blessés et leur assurer des soins gratuits.
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