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Liverpool face à ses démons
Liverpool cultive le paradoxe. Couronnés rois d'Europe en mai dernier, les Reds peinent à s'affirmer parmi les top-teams de Premiership. Quatrième en 2004, cinquième en 2003 et 2005, le club de la Merseyside n'a jamais pu se mêler à la lutte pour le titre national. Il faut remonter à 2001/2002 pour retrouver Liverpool, alors entraîné par Gérard Houllier, vice-champion du royaume, à sept points d'Arsenal. Quant à la consécration suprême, les Reds ne l'ont plus connue depuis 1990.
Principal écueil du Liverpool FC, depuis qu'il est revenu parmi les grands clubs du pays, sous l'impulsion, notamment, de Gérard Houllier au début des années 2000, son incapacité chronique à s'imposer face à ses concurrents directs pour le titre que sont Chelsea, Manchester United ou Arsenal.
Lors des trois dernières saisons, soit 18 matches face à ces trois cadors, le bilan des champions d'Europe est tout simplement catastrophique : 2 victoires et 2 nuls pour... 14 défaites !
Autant dire que la réception, demain de Manchester United, premier choc à Anfield de la saison, pour le compte de la 6e journée de Premiership, donnera de précieux enseignements quant à la capacité de Liverpool à jouer un rôle majeur en championnat.
Battus lors de ses six dernières confrontations face à ses voisins mancuniens, le club de David Moores n'a plus triomphé face aux hommes de Sir Alex Ferguson depuis le 22 janvier 2002. Ce jour-là, Danny Murphy avait donné la victoire aux siens à Old Trafford (1-0).
Benitez, deuxième
Quatre saisons plus tard, à Anfield, le Liverpool de Rafael Benitez tentera de briser cette spirale infernale, exploit qu'il n'avait pas réussi à réaliser en 2004-05, lors du premier exercice outre-Manche du technicien espagnol. Le second permettra-t-il de changer la donne ?
Arrivé la saison dernière en provenance du Valence FC, avec un doublé Liga-Coupe de l'UEFA dans ses bagages, Rafa Benitez a réussi, contre vents et marées, à mener à bien sa révolution après les années mi-figue, mi-raisin de l'ère Houllier.
Plus effacé qu'un Arsène Wenger ou qu'un José Mourinho, l'Ibère a discrètement réussi à inculquer une véritable culture de la gagne à un groupe atypique en Angleterre fait de fougue (Alonso, Garcia) et de rigueur (Callagher, Riise), le tout emmené par l'idole d'Anfield, Steven Gerrard, possible Ballon d'or 2005. Seul problème, les résultats ont été plus visibles sur la scène continentale que sur le sol anglais.
Reste que fort de sa victoire finale en Ligue des Champions, Liverpool jouit d'une nouvelle image en Angleterre, d'autant que l'amalgame réalisé par Benitez semble différencier le club d'un jeu britannique trop souvent stéréotypé. Si certains en font de potentiels champions, d'autres les imaginent pouvoir rivaliser avec Manchester et Arsenal, Chelsea possédant une longueur d'avance sur la concurrence.
Sur le terrain, toutefois, ce statut issu de la finale d'Istanbul tarde à éclater. Une seule victoire, contre Sunderland (1-0), et deux nuls face à Boro (0-0) et Tottenham (0-0), en trois rencontres de Premiership, la satisfaction du début de saison des Reds est encore une fois à aller chercher sur le continent avec une victoire en Supercoupe d'Europe face au CSKA Moscou (3-1, le 27 août dernier à Monaco, ndlr). Une performance qui reste, maintenant, à être confirmée face à leurs bêtes noires de Premiership, à commencer par celles de United.
L?ETAT DES TROUPES
Manchester United diminuée
Manchester Utd présentera une équipe décimée. Le défenseur argentin Gabriel Heinze, qui s?est blessé au genou à Villareal mercredi, vient compléter une longue liste de joueurs absents, tels que Gary Neville (aine), Roy Keane (six semaines d?indisponibilité), Quiton Fortune (genou), Wes Brown (talon d?Achille) et Louis Saha (genou).
Liverpool retrouve son capitaine Steven Gerrard, qui avait été préservé contre le Betis n?entrant qu?en fin de match, alors que Djibril Cissé et Florent Sinama tenteront d?offrir une première victoire à domicile face à United depuis 2001.
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