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Un Charlton cinq étoiles !

30 août 2005, 00:00

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Charlton est la grande révélation de ce début de saison. Au sortir du 3-0 infligé à Boro, la presse anglaise a fait les éloges d’une équipe dont le jeu est fluide, rapide et précis.

Charlton n’a peut-être ni histoire, ni palmarès. Mais sa cuvée 2005 est drôlement talentueuse. Middlesbrough, balayé 3-0 en deux temps trois mouvements dans son antre du Riverside Stadium dimanche, en sait désormais quelque chose.

Trois matches, trois victoires, sept buts marqués contre un seul encaissé. Le bilan des petits Londoniens, qu’on se le dise, est étonnamment flatteur. Seuls Chelsea et Manchester United, excusez la comparaison, font aussi bien.

A The Valley, l’entraîneur Alan Curbishley savoure évidemment son bonheur, lui qui, depuis dix ans, construit, inlassablement, morceau après morceau, sa “dream team”.

Pour être une belle équipe, Charlton l’est, même si on peut penser qu’elle finira tôt ou tard par lâcher du lest, s’essouffler, n’ayant jusqu’ici pas l’habitude de jouer les premiers rôles.

De Talal El-Karkouri, tour de contrôle d’une défense solide sur ses bases, à Darren Bent, meilleur buteur de la présente campagne, en passant par Dennis Rommedahl, l’infatigable poumon, le génie créateur du milieu de terrain, les Addicks ont, en effet, de sérieux arguments à faire valoir sur toutes les lignes.

Mais Curbishley, que courtisait jadis Liverpool, en a vu suffisamment dans sa carrière pour ne pas s’enflammer outremesure. “C’est vrai qu’on a frôlé la perfection à Middlesbrough, mais le chemin est encore long. L’Europe ? On y pensera en temps et lieu”, a-t-il déclaré dimanche soir à des journalistes étonnés de voir Charlton pratiquer un football d’une telle fluidité, d’une telle rapidité, d’une telle précision.

Si le plus modeste pensionnaire londonien de la Premier League a su se donner les moyens de passer un pallier cette saison, il le doit en grande partie au Russe Alexei Smertin, abandonné par Chelsea, et dont l’influence dans l’entrejeu n’est pas quantifiable. Danny Murphy, leader moral des Addicks, est le premier à le reconnaître : “Smertin a été immense jusqu’ici. Ça ne m’étonnerait pas qu’il soit notre MVP de la saison”.

Chelsea écrase tout sur son passage

Si Charlton a de quoi pavoiser, Middlesbrough, de son côté, est rouge de honte après le 3-0 concédé au Riverside. “Je suis choqué, en colère, déçu. Il n’y a aucune excuse à cette contre-performance. C’est tout simplement inacceptable. C’est la première fois que je vis un tel cauchemar depuis mon arrivée à Boro”, a-t-il déclaré au sortir du match.

Chelsea a frappé encore un grand coup ce week-end en remportant le derby de Londres qui l’opposait à Tottenham. En déplacement à White Hart Lane, où les Spurs espéraient mettre un terme à quinze années de disette face à leur illustre voisin, les Blues se sont littéralement promenés. 2-0, le tarif est sévère même si, à coup sûr, l’expulsion de l’Egyptien Mido à l’aube de la première demi-heure a changé les données du matches. Quatre matches, quatre victoires, huit buts marqués, aucun encaissé, Chelsea file tout droit vers un deuxième titre consécutif. Jose Mourinho a lui apprécié la performance de ses Blues. “C’est une victoire très importante”, a admis le technicien portuguais. “Les gens diront peut-être que c’était plus facile contre dix que contre onze, moi je sais que le match était difficile. Tottenham a été meilleur que nous par à coups. Mais, ce que je retiens, c’est qu’on a confortablement géré le match, même quand l’adversaire nous mettait la pression”.

S’il y a une équipe dont Chelsea devra se méfier, c’est évidemment Manchester United. Les Diables rouges ont ramené de Newcastle leur troisième victoire de la saison, 2-0, buts de Rooney et van Nistelrooy.

Mais les puristes diront que United n’a pas eu à forcer son talent, ce que confirme à demi-mot sir Alex Ferguson, toujours en quête de perfection. “Ce n’était pas notre plus grand match, mais l’essentiel est d’avoir gagné”, a déclaré après coup le technicien portuguais. “Newcastle était très déterminé à nous mener la vie dure. Aussi a-t-il fallu qu’on élève notre niveau de jeu au retour des vestiaires pour prendre les trois points”.

L’entraîneur des Magpies n’avait, lui, rien à dire après le match. Venant de Graëme Souness, rien n’étonne. Après tout, que pouvait-il bien rabâcher si ce n’est que ses jours à St-James Park sont forcément comptés ?

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