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Newcastle au pied du mur

27 août 2005, 00:00

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A Saint-James Park, on commence forcément à trouver le temps long. Et à se poser des questions. Etait-il raisonnable, par exemple, de virer sir Bobby Robson pour le remplacer par Graeme Souness ?

Depuis que l’ancien mentor de Blackburn a pris le relais, Newcastle n’en mène pas large. La saison dernière, les Magpies avaient été particulièrement indignes de leur statut d’habituel outsider, ne se donnant même pas les moyens de se mêler à la course pour l’Europe.

On avait espéré que la saison 2006, entamée il y un mois, sonnerait l’heure de la révolte. Que nenni. Newcastle est encore plus pâle, s’engluant petit à petit dans la zone de relégation. Un point de pris en trois matches, aucun but marqué, ce n’est pas le tarif habituel du côté de St-James Park.

Forcément, on a vite fait de comprendre, chez les blanc et noir, que la réception de Manchester United, demain, revêt une grande importance. Un nouveau faux-pas et les feux passeront peut-être au rouge pour un Graeme Souness qui commence singulièrement à irriter Frank Shepherd.

Le grand patron des Magpies a visiblement très mal digéré le nul vierge concédé à West Ham le week-end, résultat qui avait d’ailleurs provoqué la furie des supporters du club, généralement calmes et discrets, même quand les choses ne vont pas comme ils l’entendent.

Pour détourner l’attention de son auditoire, Newcastle a fait parler de lui sur le marché des transferts, en s’offrant un grand coup de pub à travers Michaël Owen, qui désespère de quitter Madrid contre une tunique de titulaire dans un «grand» club anglais, ce qui lui ouvrirait éventuellement les portes de la prochaine Coupe du monde.

Sur son site Internet, Newcastle a en effet annoncé en grande pompe mercredi s’être mis d’accord avec le Real Madrid pour un éventuel transfert de l’ancien petit prince de Liverpool. Aucun chiffre n’a été avancé, mais il s’agirait, de toute évidence, d’une transaction record pour le club, c’est-à-dire un peu plus que les quinze millions d’euros payés à Blackburn il y a quelques saisons pour faire venir Alan Shearer à St-James Park.

Tottenham a retrouvé l’appétit

La perspective de voir débarquer à Newcastle la star Michael Owen a suffi pour calmer l’ardeur des supporters. Seulement voilà, ce n’est, jusqu’à présent, que pure spéculation.

Si Newcastle-Manchester United ne manque pas d’attrait, c’est pourtant le vieux White Hart Lane qui abritera ce soir le choc de cette 4e journée, un sulfureux derby entre les ennemis intimes de Londres, Tottenham Hotspur et Chelsea, deux équipes encore invaincues.

Les Spurs forcent désormais le respect. Mieux, ils ont retrouvé de l’appétit, espérant même entrevoir l’Europe en fin de saison. C’est vrai qu’avec Martin Jol à sa tête, la Maison Blanche a de bonnes raisons d’espérer.

Jol c’est pas Santini. La comédie permanente ? Très peu pour lui. Le technicien hollandais n’est pas un homme à cultiver les paradoxes. Il sait ce qu’il veut, il sait où il va. Et, surtout, il connaît le football. Voilà pourquoi les supporters des Spurs ont accueilli avec soulagement sa décision de rempiler pour trois ans.

Contre Chelsea, sa bête noire, Tottenham se verra proposer un test grandeur nature. Voilà quinze ans que les Spurs n’ont plus battu les Blues en championnat. Une éternité. Preuve s’il en faut que Martin Jol mijote un joli coup, il a laissé au repos, mardi à Blackburn, les deux leaders de son équipe, le «pitbull» Edgar Davids et le «kalachnikov» Jermain Defoe.

Tottenham a certes pris le bon chemin cette saison, mais on a quand même du mal à croire que la machine à gagner Chelsea laissera des plumes à White Hart Lane cet après-midi.

Quatre jours après avoir pris un ascendant psychologique important sur le reste du peloton en dominant Arsenal, considéré comme son principal adversaire dans la course au titre, le club de Stamford Bridge a fait boire la tasse au modeste West Brom, qui lui rendait visite mercredi. Quatre à zéro, les protégés de Brian Robson n’y ont vu que du feu.

Tottenham ne paiera pas le même tarif, c’est sûr, mais elle a sans doute intérêt à bien serrer la garde. Faute de quoi l’excellent début de saison ne sera plus qu’un beau souvenir.

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