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Fille de ?
Belle, douée, inaccessible. Fidèle à sa réputation de star impassible, voire apathique, sauf quand elle est face à la caméra, Kareena Kapoor, n?aime pas la compagnie des gens. Que des fans enthousiastes soient prêts à jouer des coudes et à rester là à guetter un sourire, une attention, ne semble guère l?intéresser. Pas le temps pour ceux-là. Pas moyen non plus d?approcher. Les barrages sont inviolables. Il faut donc la contempler de loin.
Ni pétillante ni débordante d?énergie. Légèrement glamour, avec ce teint de pêche unique, ses boots couleur beige, à talons carrés, Kareena Kapoor, fille de Randhir et Babita Kapoor, deux légendes du cinéma indien, petite s?ur de Karishma Kapoor, petite-fille de Raj Kapoor, autre légende de Bollywood, est la digne héritière d?une famille de comédiens-nés. A Bollywood, où les films valsent surtout sur des rythmes romantiques, la benjamine des Kapoor, opte pour un cinéma différent, voire indépendant. Elle bénéficie depuis ses débuts dans Refugee, d?une unanimité rare auprès de la critique et des cinéphiles.
Auréolée du Rajiv Gandhi Award qui vient de lui être décerné par le gouvernement indien, à bientôt vingt-cinq ans, Kareena Kapoor est la figure incontournable du bon goût, quant à sa carrière. Pas de faux pas pour l?instant, pour cette actrice dont la rigueur est reconnue dans la profession.
«Je ne veux pas être une actrice qui danse, je veux être une actrice charismatique.» Pas question pour elle d?emprunter la route des nouvelles tendances libérales à Bollywood. Kareena Kapoor choisit de travailler avec des cinéastes de la trempe de Mani Ratman, de Subash Ghai, de Sooraj Barjatya, entre autres.
Cette actrice qu?on attendait au tournant, en raison du sang qui coule dans ses veines, ne veut pas seulement être la fille de ou la s?ur de, pour elle, le cinéma, mieux que les études de droit qu?elle avait envisagé, a à voir avec le tempérament. «In our family, women were not supposed to join the industry. I guess my sister broke the ice and I am following the tradition," confiait-elle lors d?une interview. Certes l?influence considérable dont elle bénéficie depuis sa plus tendre enfance, ne pouvait que faire surgir en elle l?envie d?être actrice. « Je me suis toujours dit qu?un jour je serai actrice.»
Instinctive et concentrée sur le plateau de tournage, les regards indiscrets qui la fixent, ne la perturbent en aucune manière. Sa famille semble lui avoir transmis le goût du travail. Son métier de comédienne exige de pouvoir créer de nombreuses illusions. Kareena Kapoor semble en posséder tous les atouts. Et quand la caméra ne tourne pas, elle reste collée à son téléphone portable, fait quelques pas, et là encore, ne remarque en rien, la présence des fans agglutinés autour.
Détachée de tout ce qui est extérieur à elle ou à son métier d?actrice, même la présence de Shahid Kapoor son petit ami et partenaire dans 36, China Town, pourrait presque passer inaperçu. « Je suis très heureuse de la façon dont je suis, et je crois que le public m?accepte telle que je suis. Les médias racontent que j?ai la dent dure, en raison de ma franchise et de mon assurance. Cela a très peu d?importance pour moi. Je suis au delà des controverses. » Ce qui est sûr, c?est que Kareena Kapoor n?a pas froid aux yeux.
<B>Des amoureux sur les bancs publics</B>
Tournage en plein air, au Caudan puis au Port Louis Waterfront, sur l?esplanade Bissoondoyal. Sur plusieurs jours, des scènes ont été tournées sous le regard d?une foule de fans, hypnotisés par les étoiles de Bollywood, Kareena Kapoor et Shahid Kapoor.
Un très nombreux public entoure le plateau de tournages. C?est à qui sera le plus près et le plus haut pour apercevoir les stars et les prendre en photo avec un appareil photo de fortune ou un téléphone portable. La chaleur pèse lourd, étouffe, mais le public s?en moque.
Toutefois, la belle Kareena joue la belle et se montre assez froide. Elle est dans sa bulle. Si elle peut être gênée de la présence d?autant de monde, elle feint de l?ignorer. Aucun sourire ni salut à la foule.
Entre deux séances de maquillage et de coiffure, elle tourne une prise, un plan simple, quelques lignes de textes qu?elle doit répéter, un regard à ajuster. On ne voit pourtant pas grand-chose de son travail ou d?une préparation. Elle arrive simplement, se regarde dans le miroir et se lance dans la scène.
Tout autour d?elle, c?est l?effervescence. Si l?on ne compte plus le public, restent encore les techniciens nerveux, les figurants stressés et les réalisateurs toujours cool dans leurs habituels costumes blancs.
Pour un autre plan, elle est assise sur un banc public et n?y bougera plus. A ses pieds, un technicien est allongé par terre et tient en l?air une poupée censée jouer le rôle d?un enfant. L?homme reste en place, qu?importe la chaleur, la saleté, les crampes? Il tient bon et la scène est tournée rapidement. Shahid Kapour, l?autre star du tournage, attend pas loin. Sur un autre banc, il regarde les rushs.
La veille, Kareena partageait un plan avec Shahid, tranquillement assis sur une valise, un grand sourire aux lèvres et des yeux probablement rieurs, derrière ses lunettes noires. Le couple réuni sous les yeux du public a charmé et impressionné.
Pour une petite scène comique, l?on pu entendre de loin, un rire, un léger timbre de voix. Des mots poussés un peu plus forts pour une querelle filmée. Ce fut amusant et tendre, lorsque l?on sait que ces deux jeunes stars forment aussi un couple à la vie.
Tout le monde les regarde avec amour et admiration. Kareena pour ses déjà très grands rôles et pour son style, Shahid pour son magnifique sourire et sa gentillesse.
Le tournage mauricien de 36, china Town, s?est très bien passé. Subeer Basdeo, directeur de Catchlight Production, a supervisé les 12 jours de tournage à Maurice. «Nous nous occupons de tout, transport, équipements, permissions et des figurants».
Ces derniers étaient une centaine à participer. «L?équipe du film a fait cinq jours au casino et deux-trois jours au Caudan. Tout s?est bien passé. Ils ont utilisé beaucoup de figurants», poursuit Subeer Basdeo.
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