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Vent de changement? à la messe de la Saint-Louis

26 août 2005, 00:00

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Le ?changement? continue à avoir raison des vieilles traditions. Par souci de bien faire la distinction entre l?Eglise et l?Etat, le Premier ministre, Navin Ramgoolam a demandé que le ?sitting arrangement? soit modifié à la messe de la Saint-Louis.

Le rassemblement, qui célèbre le patron du diocèse de Port-Louis, est un rendez-vous auquel assiste l?ensemble des officiels, des membres du gouvernement au corps diplomatique. Alors que le président de la République, le Premier ministre et le lord-maire se tiennent en général dans le ch?ur, cette année, ils se sont tenus dans l?assistance, au premier rang.

Ce ?changement majeur? a été très bien accepté. ?C?est mieux comme ça?, déclare l?évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat. ?C?est une manière plus juste de situer la relation entre l?Eglise et l?Etat, ajoute le père Labour. Hier, le catholicisme était la religion de l?Etat. Aujourd?hui, Maurice est une République.?

Pour toutes les cérémonies religieuses auxquelles les officiels seront conviés, le Premier ministre fera la même demande, a-t-il confié au père Labour.

Ce sont les préoccupations sociales que soulève chaque année le célébrant. L?abbé Gérard Mongelard a interpellé le gouvernement sur les ?lourdes responsabilités? qui l?attendent. L?abbé a parlé avec flegme des moments difficiles par lesquels passent l?Église et le pays tout entier.

?Crise de la foi?

L?abbé a raconté avec émotion comment, dans un passé récent, il a enterré cinq jeunes victimes du virus du HIV-sida. Il a également mis l?assistance en garde contre ?la peur et les prétextes? qui empêchent d?assumer pleinement les responsabilités.

Le ?communalisme?, la crise du logement, la criminalité devront aussi être les priorités des dirigeants. Il a évoqué les problèmes sociaux qui surgissent dans le sillage d?une crise au sein de l?Eglise marquée par des ?départs chagrinants, la crise de la foi et de la famille, et le manque de vocation?.

Rodrigues n?était pas oubliée. L?abbé a demandé, en présence du chef commissaire, Serge Clair, que son autonomie engendre un ?développement responsable qui répond aux aspirations de tout le peuple?.

Peut-être l?ambiance et les discours ont-ils appelé à la réconciliation. Au thé qui a suivi, à la cure, Navin Ramgoolam s?est approché du président de la République, Sir Anerood Jugnauth, pour partager avec lui, pendant cinq minutes, un brin de causette cordiale.

Le Premier ministre a ensuite bavardé avec le leader de l?opposition, Paul Bérenger. Sous le regard nerveux de Sir Anerood Jugnauth. Lorsque Mgr Maurice Piat s?est joint à eux, le président en a fait autant avant de prendre congé.

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