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“La compétition a encouragé les prestataires de télécom à innover”
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“La compétition a encouragé les prestataires de télécom à innover”
● <B> Le gouvernement vient de dévoiler ses premières initiatives dans le secteur des Tic. Où en est-on à ce stade ? </B>
Il y a un boom dans les secteurs de la technologie informatique, des télécommunications et du business process outsourcing (BPO). Maurice est désormais une destination crédible pour les BPO et les centres d’appels aux yeux des Européens et des Américains.
Il s’agit maintenant de consolider les acquis pour un développement soutenu. Il faut maintenir une équation simple. BPO veut dire télécommunications plus ressources humaines. Or, on se rend compte qu’on n’a pas un personnel qualifié. Les entreprises ont du mal à recruter. C’est un phénomène mondial. Même en Europe et aux états-Unis, les sociétés n’arrivent pas à obtenir les compétences qu’elles ont besoin.
À Maurice, en raison de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, les ressources humaines deviennent chères. Pour compenser la cherté de la main- d’œuvre, il est très important de maintenir le coût des télécommunications à un niveau bas.
● <B>Dans quelle mesure les récentes initiatives annoncées vont-elles contribuer à faire chuter les tarifs des télécommunications ?</B>
L’idée de soustraire le câble SAFE du contrôle de la Mauritius Telecom (MT) est excellente car elle rejoint l’idée de la démocratisation de l’économie qui est une bonne chose. J’espère que cette initiative va se concrétiser au plus vite. Si on a une structure plus simple et plus flexible, telle la Multi-carrier Mauritius Ltd (MCML), pour gérer le SAFE, l’on devrait s’attendre à une utilisation optimale du câble et des coûts de gestion moindres. La formule MCML– radios privées marche très bien. Il n’y a aucune raison pour que cela ne marche pas dans les services des télécommunications.
Pour réaliser la démocratisation de l’accès à l’Internet, il faut que les foyers puissent se doter du broadband. Maurice est en retard par rapport à l’Europe. Au niveau du débit, on a des accès de l’ordre de 10 mégabits par seconde à un tarif mensuel équivalant à Rs 600. à Maurice, la capacité maximale de l’ADSL est d’1 mégabit par seconde et coûte Rs 10 000. Le pays doit faire un gros effort dans ce sens.
● <B>Qu’est-ce qui fait que le coût de l’Internet rapide reste très élevé ?</B>
Contrairement aux pays industrialisés, Maurice n’a pas effectué le dégroupage de la boucle locale. Quand l’opérateur historique vend une ligne téléphonique ou de l’ADSL, il doit tenir compte du coût des équipements télécom, de la maintenance et de la main-d’œuvre pour entretenir ces outils. Avec l’avènement d’autres prestataires, les données évoluent. Le dégroupage consiste à déconnecter la ligne des équipements de MT et de la relier aux nouveaux opérateurs. Les fournisseurs d’accès à l’Internet (FAI) auront à mettre en place leurs propres équipements telecom et assurer le service de bout en bout.
Cela devrait faire baisser le coût de l’accès. Cette idée rejoint la logique d’enlever la gestion du SAFE à MT.
● <B>Quel a été l’impact de la dérégulation sur les prix de l’Internet ?</B>
La libéralisation a effectivement fait baisser le prix. Avant, il n’y avait que l’Internet dial-up qui coûtait une roupie la minute. Maintenant, il y a plusieurs offres, et le coût de la connexion a baissé. Des forfaits intéressants sont à la disposition de toutes les bourses.
La compétition a encouragé les prestataires à innover. Cela a grandement aidé le secteur de l’Internet. L’entrée d’Emtel dans le 3G a créé pour sa part une dynamique qui sera à l’avantage du consommateur. Mail il ne faut pas s’arrêter là. En Europe, par exemple, l’utilisateur peut avoir sur sa ligne téléphonique la téléphonie, l’Internet haut débit, la télévision par ADSL et des appels illimités sur le territoire national pour environ 30 euros seulement. Il faut que Maurice arrive à un cas de figure similaire si nous voulons que les Tic décollent vraiment et que nous devenions une E-society,
● <B>La création d’un National Internet Exchange Point (NIEP) est envisagée. Comment cela aiderait-il à faire chuter les tarifs ?</B>
C’est une idée fort louable. à l’époque où Telecom Plus avait le monopole d’Internet, tous les clients étaient connectés chez lui. Le trafic local n’allait jamais à l’étranger. Avec les nouveaux Fai, les choses ont changé. Si un abonné de Telecom Plus veut envoyer un e-mail à un abonné de Clickpost, son e-mail est obligé de sortir de Maurice pour aller à Paris et ensuite revenir à Maurice à son destinataire. Cela prend inutilement de la place sur le SAFE.
Avec l’avènement du nouveau système d’échange, le trafic local va basculer sur le NIEP. Cela va améliorer la qualité de l’Internet local en termes de rapidité et de coût. Cependant, les Fai auront à assumer ce nouveau coût d’interconnexion que nous souhaitons abordable pour ne pas pénaliser le consommateur.
Par ailleurs, les internautes qui surfent sur des sites étrangers ou qui envoient des e-mails à l’étranger, pourront bénéficier d’un accès plus rapide également car il y aura un trafic plus fluide sur le SAFE.
Le NIEP est une très bonne initiative qui va améliorer la qualité du service. Cette mesure permettra une meilleure synergie et une meilleure qualité de service entre les différents FAI à Maurice. Il est essentiel que l’échange soit géré par une structure indépendante un peu du genre de MCML.
● <B>Quelles sont les perspectives de développement sur le moyen terme ? </B>
Plus il y aura des Mauriciens connectés à l’Internet, plus il y aura des opportunités pour les services à valeur ajoutée tels les services bancaires en ligne et le commerce électronique.
Si nous avons des connexions illimitées pour des tarifs mensuels de Rs 500, il y aura certainement beaucoup de débouchés sur le plan du développement de contenu. Il y a aussi des possibilités au niveau du télétravail. Les gens pourront entreprendre certains types d’opération tels la saisie des textes chez eux ou d’autres services BPO à très forte valeur ajoutée tels que la comptabilité, le design, la publicité, les services légaux, etc.
Si la connexion n’est pas chère, des applications à valeur ajoutée dans le domaine des loisirs tels la télévision par l’ADSL et les jeux interactifs, et celui de l’éducation, entre autres. Les élèves pourront accéder à des classes virtuelles par exemple.
Il faut toutefois que le coût de la connexion soit abordable. Valeur du jour, l’Internet haut débit est très cher pour le pouvoir d’achat des Mauriciens. Ce qu’il nous faut, c’est une liaison de haut débit d’une capacité minimale de deux mégabits où l’on peut avoir tous les services dont la télévision et la téléphonie.
Il faut que l’ICTA donne un coup de pouce en ce qui concerne le dégroupage des lignes téléphoniques. Le dégroupage permet aux nouveaux prestataires de réduire drastiquement le coût de l’interconnexion avec la MT. Cette économie pourra être passée aux consommateurs sous forme de meilleurs tarifs.
<I>Propos recueillis par</I> <B>Akilesh ROOPUN</B>
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