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« Pas question de revenir au ?ranking? »

31 juillet 2005, 00:00

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<B>Cela fait trois semaines que vous êtes à la tête du ministère de l?Éducation et des Ressources humaines. Quelles en sont les forces et les faiblesses ? </B>

J?ai la responsabilité de deux secteurs, l?éducation et les ressources humaines. Les deux ont un rôle clé à jouer dans le développement du pays. Depuis mon arrivée, je procède à un état des lieux de ces secteurs et j?ai eu de nombreuses consultations avec mes collaborateurs.

Cela m?a conduit à faire quelques constats : d?abord, il manque à ce ministère une vision d?ensemble. J?estime que mon prédécesseur avait une attention sectorielle, mais point de vision d?ensemble. Les interventions n?ont été que des mesures, comme remplacer le ranking par le grading, ou la régionalisation pour que plus d?enfants aient accès aux collèges d?État. Cela a impliqué la construction de nouveaux SSS et la conversion de certains établissements en Form VI Colleges. Mon prédécesseur finn rod fer tro vit tro buku kiksoz.

Permettre l?accès à l?éducation, c?est bien ; mais il faut voir également dans quelles conditions se fait cet accès. Un exemple concret : certains élèves ont été admis, sur papier, dans un collège précis. Mais en fait, ils sont logés ailleurs : les élèves des SSS Port-Louis et Vacoas suivent, ou ont suivi, des cours ailleurs. Leurs bâtiments n?étaient pas encore prêts après deux ou trois ans. Il y a eu de gros retards dans la construction de certains collèges d?État en raison d?une mauvaise planification et d?un mauvais project management.

J?avoue être un peu inquiet pour la rentrée 2006 : arriverons-nous à bien accueillir les nouveaux élèves, compte tenu des retards dans la livraison des collèges ? Dans cette situation, nous avons élaboré un Contigency Plan pour parer au plus pressé. Nous allons faire de notre mieux pour que tous ceux qui entreront en 2006 aient une place en Form I.

Nous avons également noté un manque important de laboratoires et autres facilités pour les élèves entrant en Form IV. Une de nos priorités sera d?équiper ces établissements de manière satisfaisante.

Ensuite, au niveau des ressources humaines, nous avons différents organismes qui fonctionnent, mais là également, il manque une vision globale de la question. <B>Le discours-programme affirme que les collèges accueilleront les élèves de Form I à VI. Comment cela se passera-t-il concrètement en janvier 2006 ? </B>

Tous les collèges n?accueilleront pas des élèves de Form I à VI du jour au lendemain. En revanche, tous les collèges accueilleront des élèves de Form I l?an prochain. Les Form VI Colleges existants accueilleront des élèves de Lower VI et de Form I. Notre objectif : quand un élève est admis en Form I dans un collège, cela veut dire qu?il fera la Form VI dans ce même établissement.

<B>Comment reviendrez-vous à ce système sans recourir au « ranking » ? </B>

J?insiste sur un point : pas question de revenir au ranking. Nous allons garder le grading et l?améliorer, le rendre plus juste. Nous proposerons bientôt des mesures à ce sujet.

<B>Le discours-programme de vendredi ne dit rien sur les établissements ZEP?</B>

Nous voulons d?un système qui favorise l?égalité des chances. Il faut également que l?on offre une éducation de qualité qui permette à nos enfants de faire face aux défis de la société, tant locale qu?internationale. Les écoles ZEP ont été conçues pour aider les enfants en difficulté. Elles touchent des établissements ayant moins de 40 % de réussites au CPE. L?idée d?écoles ZEP est excellente, mais c?est un projet qui n?a pas été suffisamment préparé et qui a été mal géré. Il faut saluer les efforts des enseignants qui y sont postés, mais la majorité n?a jamais été formée pour y exercer. Nous offrirons à ceux-là la formation nécessaire et, aux enfants, un programme plus adapté à leurs besoins, avec une pédagogie plus appropriée. Nous allons également intensifier, dans ce projet, l?engagement de la communauté autour de l?école.

Le projet ZEP n?a pas fonctionné comme il se devait. Nous allons relancer le ZEP Council et lui permettre de suivre et de redynamiser les acteurs du projet. Les parents de ces enfants doivent être ciblés pour qu?ils soient partie prenante du projet, car l?éducation est un moyen concret pour vaincre la pauvreté. Nous allons revoir les faiblesses du projet ZEP et proposer des mesures concrètes pour le rendre efficace.

<B>Qu?en est-il du projet PreVoc, également passé sous silence dans le discours-programme ? </B>

Encore une bonne initiative, mais insuffisamment réfléchie? Rien n?a été prévu pour les enfants après les trois années passées dans les PreVoc. De plus, les enseignants qui y sont affectés n?ont pas reçu de formation spécifique. Le programme d?études ne répond pas aux besoins des enfants. Il faut repenser le projet PreVoc et voir ensuite les passerelles avec l?IVTB. Je vais constituer une Task Force qui sera chargée de revoir comment les élèves des PreVoc pourront par la suite intégrer l?IVTB.

<B>Vous n?allez donc pas tout chambouler ? </B>

Nous sommes dans une période de transition et nous voulons voir le système dans sa globalité avant d?intervenir pour l?améliorer. Nous visons un développement holistique de nos enfants et, pour cela, nous allons tout analyser et tout évaluer avant d?agir de manière efficace.

<B>« Nous voulons donner aux enfants mauriciens une éducation de qualité de niveau mondial »</B>

<B>Il y a donc de nombreux points communs avec votre prédécesseur?</B>

Oui, mais nous avons une vision globale et, à partir de là, nous travaillons dans les différents secteurs. Nous allons améliorer là où c?est nécessaire et réformer là où c?est nécessaire.

<B>Le discours-programme parle de White Paper pour les études supérieures. Qu?en est-il au juste ? </B>

Le passage de mon prédécesseur a été marqué par des mesures ponctuelles. Le préscolaire a été négligé, le cycle primaire n?a pas connu de grands bouleversements dans les programmes d?études. Au secondaire, l?accent a été mis sur le nombre de places, mais rien sur le programme d?études et sur les sciences.

En ce qui concerne les études supérieures, un secteur vital, il aurait fallu un vrai plan d?ensemble. Cela a été une des grosses lacunes du précédent gouvernement, qui n?a laissé qu?un draft de White Paper. Il n?y a pas de plan d?ensemble pour le développement de ces secteurs.

Pas un mot dans le discours programme sur l?un des chevaux de bataille de la campagne électorale : l?échec scolaire?

C?est un des aspects que nous allons attaquer immédiatement. Nous voulons donner aux enfants mauriciens une éducation de qualité de niveau mondial et nous allons donc nous attaquer aux faiblesses du système. Nous avons un fort taux d?échec scolaire. Nous allons identifier des moyens pour, par les réformes des programmes d?études, de la pédagogie et des conditions d?accompagnement des enfants, combattre ces échecs.

<B>Ne faut-il pas avoir une liste commune, garçons-filles, pour l?attribution des bourses d?études supérieures d?État lauréats, sachant que les filles ont de meilleurs résultats que les garçons ? </B>

Nous sommes pour la parité garçons-filles et il serait souhaitable que tous les acteurs de l?éducation réfléchissent sur cette question. Personnellement, je suis pour ce changement, mais il faut en discuter avec tous avant de changer.

<B>Quelles sont vos relations avec les syndicats ? </B>

Je suis un homme de dialogue et souhaite que les relations avec les syndicats soient cordiales. Mon prédécesseur avait des relations très tendues, conflictuelles, avec les syndicalistes. Je souhaite favoriser le dialogue avec tous les acteurs de l?éducation.

Vous n?avez pas encore nommé des conseillers?

Il y a actuellement six conseillers qui sont demeurés en poste. Ces professionnels s?occupent de secteurs spécifiques et ils ont soumis des rapports sur leurs actions.

Je veillerai d?abord à ce que les cadres et autres fonctionnaires puissent travailler librement, sans avoir à rendre compte à des conseillers, à des nominés politiques. Les conseillers que je recruterai seront des professionnels qui ne s?occuperont que de leur domaine.

<B>Qu?en est-il de la politique des langues ? </B>

Nous sommes tous d?accord qu?il est préférable d?enseigner, durant les premières années, dans la langue maternelle de l?enfant. Nous allons poursuivre dans la voie déjà en cours et suivre ce dossier.

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