Publicité
Les eaux de table en eaux troubles
Arômes périmés, taux élevé de bromate dans les eaux de table, il ne fait pas bon boire ces temps-ci. Les producteurs de boissons non-alcoolisées sont dans la ligne de mire du ministère de la Santé.
La Compagnie industrielle de Pailles vient d?en faire les frais. Lors d?une visite de routine dans cette usine spécialisée dans la production de boissons gazeuses et d?eau de table, des inspecteurs du ministère de la Santé découvrent la présence d?arômes dont la date de péremption a expiré.
Comme le veut la procédure dans de tels cas, un Detention Certificate, est servi à l?employeur. Ce dernier est tenu de détruire les produits indiqués. Les inspecteurs motivent leur décision par le fait qu?ils estiment qu?il y a une probabilité qu?ils soient impropres à la consommation et susceptibles de provoquer une intoxication alimentaire. La notice est accompagnée d?une interdiction d?utiliser ce produit.
<B>Absence de rigueur du ministère</B>
Mais le suivi de cette affaire par les inspecteurs semble poser problème. Un porte-parole du ministère n?a pas été en mesure d?indiquer avec précision si des dispositions avaient été prises pour vérifier si ces arômes n?ont pas été utilisés accidentellement. « Nous déplorons l?absence de rigueur de la part du ministère de la Santé. Son personnel sanitaire aurait dû s?assurer que ses instructions exigeant que la Compagnie industrielle de Pailles détruise une certaine quantité d?arômes dont la date de péremption est arrivée à expiration, sont bien suivies », soutient Jayen Chellum, secrétaire de l?Association des consommateurs de l?île Maurice.
La Compagnie industrielle des Pailles est confrontée à un autre problème. Il s?agit de la découverte, toujours à la suite d?une vérification de routine, de la présence d?un taux élevé de bromate dans les eaux de table vendues sous la marque La Mauricienne.
Le bromate est un sous-produit qui provient de la mise en contact de l?eau avec de l?ozone, un gaz très instable utilisé pour purifier l?eau naturelle. Ailleurs, des analyses pour tester la pureté de l?eau ont démontré que les rats ayant bu de l?eau contenant du bromate avaient développé un cancer de leur système urinaire. Dans certains pays comme le Canada, le bromate est interdit. D?autres pays autorisent son utilisation en imposant un taux. Celui qui est recommandé par l?Organisation mondiale de la santé est de 25 mg par litre d?eau.
Les mesures prises dans ce cas contre de la Compagnie industrielle de Pailles ont été plus fermes et rigoureuses. Une mise en demeure a été servie à l?entreprise. Elle interdit la production d?eau La Mauricienne aussi longtemps que des dispositions n?auront pas été prises pour remédier à la situation. « C?est purement dû à un problème de filtrage. Ce problème sera vite réglé avec l?arrivée, samedi, de nouveaux équipements », explique Gavin Glover, l?avocat de la Compagnie industrielle de Pailles.
C?est la deuxième fois cette année que le processus de production de La Mauricienne est pointé du doigt. En mai, elle a été sommée de stopper sa chaîne d?embouteillage en attendant de prendre des dispositions pour réduire le taux d?ozone dans l?eau minérale, qui était 50 fois supérieures aux normes internationales. L?interdiction ne concernait pas la qualité de l?eau mais seulement l?unité d?embouteillage.
<B>Le bromate suscite des inquiétudes</B>
L?inspectorat sanitaire est sur les dents. Toutes les bouteilles d?eau de la marque Vital provenant d?un lot contaminé doivent être saisies. Une analyse de routine a permis, il y a une semaine, de déceler un taux anormalement élevé de bromate dans ce lot. Il porte le numéro de série 017012, avec la date d?expiration du 1er juillet 2006.
Il est alors décidé de mettre l?usine sous scellés et de saisir les bouteilles de 0,5 et de 1,5 litre, déjà distribuées. « Il est possible que d?autres lots aient été contaminés. Dans le doute, il vaut mieux opter pour la sécurité. L?eau saisie sera détruite », affirme-t-on à l?inspectorat.
Le ministère de la Santé a donc interdit la commercialisation de l?eau Vital. Hier, le directeur de Vital Water Bottling Co. Ltd. affirmait qu?il attendait la permission des autorités pour reprendre les activités. Selon certaines sources, cette situation résulterait d?un problème technique. « Des analyses seront effectuées régulièrement. C?est seulement lorsque nous serons satisfaits des résultats que nous donnerons le feu vert », dit-on au ministère.
Les désinfectants, comme l?ozone, jouent un rôle important dans la protection de l?eau potable contre les microbes, et dans la prévention des maladies transmissibles. Cependant ils peuvent aussi réagir avec des substances présentes dans l?eau et former des sous-produits indésirables.
Publicité
Publicité
Les plus récents