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Faut-il contrôler le prix du lait en poudre ?

31 juillet 2005, 00:00

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<B>Oui

Mosadeq Sahebdin

coordonateur de l’Institute for Consumer Protection</B>

<B>Pourquoi faut-il contrôler le prix du lait en poudre ?</B>

Les augmentations ont été trop fréquentes pour convaincre l’opinion qu’elles sont justifiées. L’absence d’un mécanisme de régulation de ce marché renforce encore cette hypothèse. La règle du jeu a été faussée. Le poids du lait dans le panier de la ménagère est trop important pour que son prix soit déterminé par un marché déréglé.

<B>Le contrôle ne risque-t-il pas de ternir notre image auprès de l’OMC ?</B>

Cela peut ternir l’image lorsqu’il n’y a pas de monopole. Mais il existe une situation de monopole parce qu’un des importateurs occupe plus de 65 % du marché. On peut donc penser qu’il est tenté de dicter les prix. D’où notre appel pour un contrôle des prix en attendant la proclamation du Competition Act.

<B>À quoi attribuerez-vous les récentes augmentations ?</B>

Elles sont attribuables à la fluctuation des devises. Cependant, en l’absence de contrôle des prix, peut-on souscrire aux seules explications des importateurs ? D’où l’importance d’un mécanisme pour suivre l’évolution des prix et justifier les augmentations. C’est le rôle assigné à la Market Monitoring Unit.

<B>Dans un marché libre, n’est-il pas normal que les augmentations soient répercutées sur les consommateurs ?</B>

Un marché libre présuppose une saine concurrence dont les effets seraient bénéfiques pour les consommateurs. La compétition n’est pas réglementée. Le Competition Act a été voté mais n’a pas encore été proclamé. Le consommateur ne pourra rien faire si les opérateurs décident de conclure des accords secrets pour que toutes les marques de lait soient vendues au même prix que la marque leader. Oui à un marché libre, mais il faut s’assurer que toutes les garanties d’une saine compétition sont établies.

<B>Y a-t-il d’autres moyens que le contrôle pour lutter contre les effets des hausses de prix ?</B>

Le gouvernement pourrait faire la promotion du lait produit localement et confier l’importation à la State Trading Corporation en attendant la proclamation du Competition Act.

<B>Non

Fazal Ebrahim Dawood responsable des achats chez « Shoprite »</B>

<B>Pourquoi ne faut-il pas contrôler le prix du lait ?</B>

Le contrôle permet de gérer temporairement les effets de l’inflation mais ne s’attaque pas à ses causes. Il faut laisser le marché à ses propres règles.

<B>Le revendeur exécute-t-il sans broncher les diktats des importateurs ?</B>

Pas toujours. Dans notre cas, on essaie de déterminer les facteurs qui sont à l’origine de l’augmentation. Parfois, on est à la merci de l’importateur. Face aux fournisseurs qui jouissent d’un monopole, la marge de manœuvre d’un revendeur est en effet très limitée.

<B>À quoi attribuez-vous les hausses ?</B>

Elles sont dues principalement aux fluctuations de la valeur des monnaies étrangères, au coût du fret, de la production et de la distribution.

<B>Les explications concernant les augmentations suffisent-elles à convaincre les sceptiques ?</B>

Pas toujours. Il y a des cas où plusieurs augmentations sont réclamées en l’espace de deux à trois mois sans justification. Notre résistance ne tient pas la route en face des importateurs de marques prisées. Leur poids est tel que certains interdisent de revendre en dessous du prix minimum imposé sous peine d’être privé de livraison.

<B>Ce rapport de force est-il fatal ?</B>

Les revendeurs peuvent tirer profit d’une situation de monopole en faisant la promotion d’une autre marque. C’est ce que nous ferons lorsque nous lancerons une nouvelle marque de lait que nous vendrons Rs 89,99 le kilo.

<B>Est-il correct de livrer des produits de base aux seules lois du marché ?</B>

Le contrôle du prix peut avoir des effets pervers. L’un d’eux est le risque d’une accélération de la consommation. Ce facteur peut aussi donner l’impression à l’importateur qu’il y a eu une hausse réelle de la demande. Le contrôle peut servir de prétexte pour provoquer des pénuries artificielles.

<B>Y a-t-il une alternative ?</B>

La mise en place d’un mécanisme pour analyser les facteurs à l’origine d’une augmentation est préférable à un contrôle. Une telle initiative rassurerait les consommateurs et créerait un environnement sain.

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