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La victime aide à démasquer le faux médecin

31 juillet 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Louise n?en revient toujours pas. Elle pensait que cela n?arrivait qu?aux autres. À 41 ans, cette habitante de Bramsthan s?est fait duper par un charlatan qui lui a soutiré Rs 42 000 en lui faisant croire qu?il allait l?aider à trouver un emploi à son gendre et à sa fille, âgés de 22 et de 19 ans, en Angleterre.

Il y a deux semaines, elle avait passé une annonce dans un quotidien, faisant une demande d?emploi dans le domaine du télémarketing. Après vingt ans passés à élever ses cinq enfants, Louise avait décidé de suivre une formation dans ce créneau avant de se lancer dans le monde du travail.

Deux jours après la publication de son annonce, elle a la surprise de recevoir son premier appel. Il s?agit d?un homme qui se présente comme un éminent cardiologue qui est aussi chargé de cours à l?université de Maurice.

Louise n?y voit que du feu lorsqu?il lui annonce qu?il cherche un couple pour travailler comme employés de maison auprès de sa fille et de son épouse en partance pour l?Angleterre.

« Sa fason linn koz are moa la, linn atir moa. Monn trampe dan so lasos. Il disait s?appeler Sharma Gowreesungkur et m?a donné rendez-vous pour discuter du job », confie la victime.

L?homme lui expose alors les avantages de son nouveau travail. Mais Louise est attachée à son île, et pense que c?est plutôt une aubaine pour sa fille. Cette dernière vient de se marier il y a un an et le couple vit de petits boulots.

Louise a le choc de sa vie

Après leur avoir parlé, elle négocie le contrat avec le vrai-faux médecin qui lui demande alors Rs 100 000 pour faciliter la demande de visa et l?intégration des jeunes gens. Pour lui faire miroiter le travail, il l?emmène même dans une agence de voyages pour négocier l?achat des billets d?avion.

« Il m?a dit qu?il voulait m?aider à changer l?argent en euros. » Louise lui déclare alors qu?elle n?a pas cette somme et que tout ce qu?elle peut lui remettre, c?est Rs 42 000. « Li fine dir moa o. k., donn sa mem, li pou koup sa lor zot saler. »

Rendez-vous est pris près de l?université de Maurice pour lui remettre l?argent. « Il m?a aussi demandé les copies des extraits de naissance et m?a demandé d?aller au bureau des passeports où une dame allait m?aider pour les documents de voyage. »

Louise a le choc de sa vie lorsqu?on lui apprend sur place que la dame qu?elle cherche ne travaille plus là-bas depuis longtemps. « Monn sonn boug la line pann reponn. Monn ress koumsa mem. Mo finn dekonserte. Monn asize, monn santi moa vinn fol. »

La victime attend alors une semaine pour tenter de piéger son beau parleur. Elle passe une deuxième annonce dans le quotidien en se présentant comme une habitante de St.-Paul, et en donnant un autre numéro de téléphone.

L?escroc mord à l?hameçon deux jours plus tard. Il utilise le même procédé, mais se présente cette fois comme étant le Dr Nitesh Sharma. Il l?envoie dans une agence de voyages pour se renseigner sur le prix des billets d?avion et réclame Rs 100 000 pour faciliter les démarches. Louise déclare n?avoir que Rs 60 000 et rendez-vous est pris devant la basilique Ste.-Hélène à 13 heures, le 21 juillet. Cette fois, Louise se rend la CID de Moka pour informer l?équipe de l?assistant surintendant de police Seebaluck de sa mésaventure et expose le plan qu?elle a concocté pour piéger l?escroc.

Il se faisait passer pour un avocet

Louise a dit s?appeler Pascale et que son époux Siven l?accompagnera. Lorsque l?escroc l?appelle pour lui demander comment il la reconnaîtra, elle donne le signalement d?une détective et celui d?un autre agent, « son époux ».

Le jour J, le charlatan appelle et déclare que c?est son chauffeur, Bhye, qui prendra livraison de l?argent. « Linn dir moa vinn a ler et dire moa pas bliye al biro paspor apre. »

Le jour du rendez-vous, Louise, cachée dans une voiture de police banalisée, identifie l?escroc. L?homme fait le tour de l?église avant d?aborder les agents de la CID de Moka. Les hommes de l?inspecteur Badal lui passeront les menottes aux poignets lorsqu?il prendra possession de l?enveloppe que Louise a bourrée de papier journal.

« Monn desann dan loto et mone riye dan so figir, monn dire ?to dokter twa hein, voler !? À un moment, il a pensé que mon véritable époux était agent de la CID. Il lui a demandé de partager l?argent et que l?affaire n?aille pas en cour », raconte Louise.

Le charlatan, Anand Kissoon, un habitant de Caroline, n?est pas un inconnu de la police. Il a déjà fait parler de lui dans le passé en se faisant passer pour un avocat. Il a travaillé deux ans sans être inquiété, avant qu?il ne soit trahi par une fausse motion qu?il comptait présenter en cour intermédiaire.

Le plus drôle, c?est que Louise a réussi là où les agents de la CID du Port ont failli ! Ce serait le même homme qui a subtilisé l?ordinateur portable d?une femme de ménage qui avait passé une annonce en quête d?un emploi. Un homme se présentant comme un médecin lui avait demandé Rs 40 000 mais elle n?avait que cet appareil comme seul bien.

Libéré sous caution pour ce délit, Anand Kissoon risque de se retrouver à nouveau en cellule. En attendant, Louise espère recouvrer ses Rs 42 000.

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