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« La colère naît lorsqu?une situation nous semble injuste »

31 juillet 2005, 00:00

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Comment peut-on définir le sentiment de colère ? Comment se déclen-che-t-il ? Pourquoi ?

Tout comme la joie et la tristesse, la colère est une émotion primaire qui révèle un conflit ou une insatisfaction. Elle permet à l?individu de se défendre et de protéger son intégrité physique ou psychique. Elle traduit l?agressivité qui est une pulsion vitale nécessaire à la survie de tout individu. La colère naît lorsqu?une situation nous semble injuste, dévalorisante et que nos be-soins ou désirs ne sont pas respectés. Elle nous aide alors à réagir et à nous défendre contre un sentiment de danger ou de menace.

Certaines personnes ne se mettent jamais ou très rarement en colère, contrairement à d?autres. Pourquoi ?

Tous les individus n?expriment pas une émotion de la même manière. S?il y a une part d?inné dans toute manifestation émotionnelle, celle-ci sera toutefois influencée par le vécu, l?histoire de l?individu, ainsi que les pratiques éducatives durant l?enfance. L?entou-rage apprend à l?enfant à exprimer la colère de manière acceptable pour la société, lui permettant ainsi de contrôler cette émotion. Toutefois, selon Gonzague Masquelier, psychothérapeute et auteur de Vouloir sa vie, l?éducation reçue peut parfois être si rigide que les émotions de l?enfant sont niées. L?individu ne peut alors exprimer ses émotions que sous une forme pathologique. Ainsi, certains sont incapables de se mettre en colère, alors que d?autres éprouvent systématiquement une colère excessive, disproportionnée par rapport à une situation donnée. Dans d?autres cas, la colère est déviée sur autre chose que sur son vrai destinataire : par exemple, un employé de bureau, en colère contre son patron, va plutôt s?en prendre à son épouse ou à ses enfants en rentrant chez lui. L?individu ne peut ainsi éprouver des émotions adaptées à la situation.

Pourquoi se sent-on toujours soulagé après un excès de colère ? Cela voudrait dire que certaines colères peuvent être positives ?

D?un point de vue physiologique, la décharge de la pulsion agressive par l?expression de la colère s?inscrit dans un processus de libération de la tension. Toutefois, la décharge qui libère l?individu, qui le « soulage » d?une souffrance psychique, est l?expression verbale, à travers les mots qui auront ici une fonction réparatrice. Certaines colères, exprimées au moment où elles surviennent, peuvent être positives dans la mesure où elles aident l?individu à défendre sa place au milieu de ses semblables, à résoudre un conflit et à améliorer sa relation à l?autre.

Pourquoi dit-on qu?il n?est pas bon d?intérioriser ses colères ?

Intérioriser la colère et en inhiber l?expression revient à bloquer une réponse physiologique naturelle de l?organisme. Lorsque la colère est réprimée ou retenue, elle peut s?exprimer par d?autres moyens, notamment par le biais de troubles psychosomatiques tels que les maladies cutanées ou les ulcères. Il est important pour un individu d?exprimer sa colère, non pas par des comportements violents, mais avec des mots.

Comment s?y prendre pour appren-dre à gérer ses colères ?

Il est important de reconnaître sa colère. On peut essayer de la canaliser en la verbalisant, en transformant cette montée d?énergie, de tension interne, en mots et en pensées. Dans un mo-ment de colère, toutefois, les conseils semblent très difficiles à mettre en pratique ! Dans un deuxième temps, on peut chercher à comprendre le sens de sa colère, de ce qu?exprime l?inconscient. C?est une démarche plus complexe, qui peut nécessiter le soutien d?un psychothérapeute. Exprimer et comprendre sa colère peut aider l?individu à mieux la gérer pour progressivement s?en libérer.

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