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Des génocidaires retrouvent la liberté
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Des génocidaires retrouvent la liberté
Le Rwanda a libéré près de 30 000 prisonniers le 29 juillet. Ces détenus ont reconnu leur implication dans le génocide perpétré dans le pays en 1994, a annoncé, le 26 juillet, le procureur général du Rwanda, Jean de Dieu Mucyo.
Le magistrat a déclaré à Reuters que 90 % de ceux qui seront relâchés avaient de leur propre aveu joué un rôle dans les massacres, mais ne figuraient pas parmi les planificateurs du génocide. Ils comprennent des malades, des personnes âgées et des enfants emprisonnés avant l?âge de 18 ans.
« Il y a des malades mentaux, il y a ceux qui ont plus de 70 ans et même des auteurs de délits mineurs, a-t-il précisé. Ce sont des gens comme eux que nous voulons retirer des prisons. » Cette initiative est de nature à ulcérer des survivants du génocide de 1994, dans lequel quelque 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été tués par des extrémistes de la majorité hutue.
Des libérations intervenues avant ont été critiquées par des survivants qui estiment que certains accusés ont fait de faux aveux pour obtenir leur remise en liberté. M. Mucyo a toutefois noté que leur libération était provisoire du fait qu?ils devraient comparaître devant les tribunaux traditionnels gacaca, nom de l?esplanade où siégeaient les assemblées traditionnelles villageoises qui réglaient les différends locaux avant la colonisation), ajoutant que leurs dépositions pourraient servir la justice parce qu?un nombre immense avait reconnu leur participation au génocide.
En 2003, près de 24 000 détenus avaient été libérés en vertu d?un décret présidentiel prévoyant la relaxe des mineurs, des personnes âgées et des malades notamment. Quatre mille autres avaient retrouvé la liberté en 2004. Selon M. Mucyo, près de 87 000 personnes sont encore détenues dans les prisons rwandaises, dont 70 000 accusées de crimes liés au génocide.
Par ailleurs, le procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a transmis, mardi, dix dossiers d?enquête concernant des criminels impliqués dans le génocide et toujours en liberté. Il s?ensuit que si ces fugitifs sont appréhendés, ils devront être envoyés au Rwanda pour y faire l?objet de poursuites et que les affaires pourront se prolonger après la disparition du TPIR.
@ 2 005 Le Monde ? REUTERS ? Distribué par The New York Times Syndicate
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