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Sept ans et grincements de dents
Vous savez ce qui me pourrit la vie en ce moment ? Ce ne sont pas les convocations et les effets d’annonce matin, midi et soir de notre très prolifique Attorney General (attention à la surexposition aux rayons médiatiques, ça finit par brûler), ni les bouderies présidentielles ou les mesquineries premières ministérielles. Non ! Ce sont des enfantillages à côté de ce que me fait subir mon poison domestique du haut de ses 7 ans. Je ne sais pas qui est l’idiot qui a dit que c’était l’âge de raison. Si vous voulez mon avis, il ne devait pas avoir d’enfant, celui-là. Parce que c’est plutôt l’âge de la déraison.
C’est fou comme ces poids plume – vingt kilos à tout casser, et encore, tout mouillés – s’y entendent pour vous faire tourner en bourrique. À dire vrai, on finit par ne plus savoir comment réagir. Le problème, c’est que ça se prend pour des grands, et que c’est encore des gros bébés. Résultat : vous êtes systématiquement à côté de la plaque. Quand vous pensez vous adresser à la partie « grande fille », c’est le côté « bébé » qui est branché. Et quand vous prenez vos précautions, on vous répond d’un air agacé : « Hé maman, je ne suis plus un bébé ! ».
Le pire, c’est que la demoiselle peut être tout à fait délicieuse. Et puis, allez savoir pourquoi, l’instant d’après, la tête de mule se réveille, se cabre et c’est le début du pugilat. En général, ça commence par un truc banal, genre « éteins la télé, on va dîner » ou bien, « va te brosser les dents ». Et sans que vous y preniez garde, ça dégénère très vite. On répète une fois, deux fois, trois fois, sans effet. À la 4e fois, on commence à bouillir et à la 5e, c’est parti pour la gloire. Enfin, je ne vais pas vous faire un dessin, vous devinez la suite. Évidemment, vous avez décidé de ne pas foncer tête baissée dans son jeu et de garder votre calme autant que faire se peut. Et dans mon cas, croyez-moi, c’est pas une mince affaire. Dans le genre soupe au lait et buté, je ne jette pas ma part au chien. Vos nerfs et votre rythme cardiaque en prennent un sacré coup, surtout lorsque la peste a décidé d’innover en manifestant bruyamment son désaccord. Et quand je dis bruyamment, je suis bien en deçà de la vérité. Ceux qui ont déjà assisté à la mort d’un cochon auront une vague idée de l’ampleur du désastre. L’enfer !
À la fin de l’épreuve, vous êtes sur les rotules. Vidé, anéanti, écarlate, avec en prime la jauge de la culpabilité à son plus haut niveau. Parce que bien sûr, c’est de votre faute, si le petit ange que vous avez finalement puni et qui s’est endormi (vous avez remarqué comme on les aime lorsqu’ils dorment ?) se transforme en démon au pied levé. Parce que bien sûr, le combat recommence le lendemain. Rassurez-moi. Dites-moi que ça ne durera que le temps des 7 ans !
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