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Les JO de Moscou

22 juillet 2005, 00:00

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Depuis les attentats du 11 septembre 2001, nous sommes de nouveau habitués à ce que le ?gendarme du monde? auto-proclamé, l?Oncle Sam, régnant à Washington, ordonne et à ce que ses colonies moutonnantes lui obéissent au doigt et à l??il. Ici, à Maurice, un gouvernement socialiste, pourtant co-dirigé par l?ancien marxiste libertaire qu?est Paul Bérenger, s?est, bien sûr, fait paillasson devant le nouveau caprice américain et a docilement fait voter et revoter une loi antiterroriste, menaçant d?autant notre espace liberté et démocratie, loi et re-loi funestes à un excellent président de la République comme Cassam Uteem, contraint à une démission pré-révocation, appelée à servir, aujourd?hui, de point de repère à l?un de ses successeurs.

Ne jetons pas la pierre antiterroriste au tandem Jugnauth-Bérenger car en nous imposant une nouvelle loi liberticide, ils ne faisaient que répéter lamentablement le triste précédent du quatuor Ramgoolam-Duval-Ringadoo-Walter d?il y a 25 ans. Le terrorisme, faisant si peur aux Amerloques, s?appelle alors communisme et les Ben Laden et Al Quaida de l?époque se nomment Brejnev et le Kremlin. Ils ont obtenu que les 22es Olympiades des temps modernes se déroulent à Moscou et cela est aussi insupportable aux Américains que la destruction du symbole de l?arrogance et insolente domination américaine sur le reste du monde, les tours jumelles du World Trade Centre.

Au ?sus à l?Internationale Communiste? américain et de la guerre froide de l?époque, succède le ?sus à l?Internationale Terroriste? américain et anti-islamique d?aujourd?hui. En 1980, le gouvernement PTr-PMSD de l?époque s?est docilement aligné au mot d?ordre yankee du boycott des J.O. de Moscou. Des voix se sont certes opposées à une décision si peu glorieuse. Elles disent et redisent : ?Ne mélangez surtout pas politique et sport?. Le pouvoir a, pour ne pas changer, ignoré et méprisé le point de vue des contre-pouvoir. Et ce n?est pas en répétant ad nauséam que les Chagos, Diégo Garcia comprise, appartiennent à l?Angleterre et qu?en dehors d?un alignement exclusivement pro-occidental il n?y a point de salut que ce quatuor politique, solidement acquis à la souveraineté anglo-américaine sur la population mauricienne, qu?on peut susciter le moindre espoir d?une attitude plus courageuse et plus honorable vis-à-vis du Big Brother américain.

Les 22es Jeux Olympiques s?ouvrent à Moscou et la délégation mauricienne (encadrement seulement) doit, à contre-c?ur, renoncer à ce déplacement tant attendu.

A Moscou, le boycott atteint des records folkloriques. Il n?y a que 62 pays à oser participer à la cérémonie d?ouverture et à défiler avec leurs drapeaux nationaux. Sept pays défilent mais avec le drapeau de la COI. L?Espagne défile mais derrière le drapeau de son Comité national olympique (CNO). Neuf pays, dont quand même la Grande-Bretagne, (comme quoi Thatcher n?est pas la lavette nommée Blair), ne participent pas à la cérémonie d?ouverture tout en adoptant le drapeau de leur CNO. Le Portugal participe à la cérémonie d?ouverture avec adoption du drapeau de son CNO mais boycotte le défilé des athlètes.

L?Olympisme croyait avoir tout connu : les démonstrations nazies de Berlin 36, les secousses de la révolution hongroise à Melbourne 56, le massacre de la Place des Trois Cultures avant Mexico 68, la sanglante prise d?otages de Munich 72, le walk-out africain de Montréal 1976. C?était sans compter avec le boycott sans précédent de Moscou 80. C?était pourtant à prévoir quand on connaît le comportement de mauvais joueur et de mauvais perdant de certains hégémonistes. Ils s?emparent du premier prétexte venu (l?invasion soviétique en Afghanistan) pour décréter l?opération boycott. Ironie de l?histoire, ils useront et abuseront du terrorisme islamique pour déloger les Russes du territoire afghan et devront ensuite subir l?effet boomerang déclenché par eux et qu?ils nous imposent si allègrement. Le remède est pire que le mal. Une trentaine de pays font plaisir à l?Oncle Sam et boycottent les JO de Moscou 80. Vingt-sept d?entre eux n?ont même pas eu la décence de répondre à l?invitation russe. Ils ne sont que 80 pays à participer à l?ouverture des J.O. 80. Pas d?Américains, pas d?Allemands de l?Ouest, pas de Japonais, pas de Canadiens mais aussi pas de Chinois. Un habitant de la planète Terre sur deux boude ces Olympiades se déroulant à Moscou (même fuseau horaire que Maurice). En fait d?Olympe, c?est le sommet de la confusion sportive et diplomatique. Les 22es Olympiades se déroulent donc sans ces demi-dieux que sont alors Edwin Moses, Larry Myricks, Mac Wilkinson, Renaldo Nehemiah, Dietmar Moegenburg, Henry et Kip Rono.

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