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?Chacun est libre de faire ce qu?il veut? estime SAJ

21 juillet 2005, 00:00

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La formule est laconique, mais pas anodine : ?Chacun est libre de faire ce qu?il veut?? Elle émane du président de la République, Sir Anerood Jugnauth. En plein conflit entre la State House et l?hôtel du gouvernement, le président de la République affiche la sérénité. Et refuse de faire monter les enchères, du moins officiellement. ?Je ne ferai pas plus de commentaire?, lâche-t-il lorsqu?on essaie d?en savoir plus sur ses relations avec le gouvernement.

Hier après-midi, au Réduit, il a remis leur décoration à 31 personnalités récompensées par l?Etat, un ancien évêque, Rex Donat, mais aussi des hommes d?affaires, des travailleurs sociaux. Parmi ces personnalités, Jayen Cuttaree, l?ancien ministre des Affaires étrangères qui devient Grand commander of the order of the star and key of the Indian ocean.

Ces décorations avaient été décernées lors de la fête nationale. Mais elles sont remises à leurs récipiendaires depuis hier et ce, jusqu?à vendredi, en l?absence, notable, du Premier ministre, Navin Ramgoolam, et de tous les membres du gouvernement. Une absence qui fait grincer des dents dans les coulisses mais qui, en apparence, laisse le président de la République de marbre.

Le bureau de la présidence explique que des invitations ont été communiquées aux membres du gouvernement pour la cérémonie d?hier, visiblement sans succès. Un nouveau chapitre de la ?guerre froide? entre Navin Ramgoolam et Anerood Jugnauth.

Les deux hommes n?ont établi aucune ligne de communication depuis l?entrée en fonction du nouveau gouvernement. Ils font tout pour s?éviter. L?envoi d?informations par le cabinet à la présidence s?est effectué, vendredi dernier, à la limite de ce qui est prévu par la Constitution.

Pour le gouvernement, il est clair que Sir Anerood Jugnauth (SAJ) est indésirable. Rama Valayden, l?Attorney general, donne le ton. Dans une interview accordée hier à l?express, il estime que le président ?doit partir?. Au gouvernement, on évoque un manque de confiance envers le chef de l?Etat?

Rien pour permettre le dégel

Hier, le gouvernement a donc décidé de lancer un nouveau signe à SAJ en n?étant pas présent à la cérémonie de remise des décorations de l?Etat. Et déjà une question brûle toutes les lèvres : le président prononcera-t-il, comme le veut la tradition, le discours-programme du nouveau gouvernement, prévu pour le 29 juillet ?

A la présidence, on assure que le moment n?est pas encore venu de se préoccuper de cette question. Pour Rama Valayden, rien n?indique cependant que ce soit le président qui doive le faire. Pourtant, c?est une tradition qui est plus ancienne que la République, proclamée en 1992.

Le discours-programme, appelé discours du Trône, durant la période pré-républicaine, est préparé par le gouvernement. Il définit les grandes lignes de l?action gouvernementale. Il est remis au président quelques jours avant la cérémonie qui a lieu, normalement, dans les salons de l?Assemblée nationale.

?Le président ne fait que lire le discours. Il peut apporter quelques modifications uniquement dans la forme?, précise Cassam Uteem, ancien président de la République.

Et si le président ne lit pas le discours ? Si Sir Anerood Jugnauth refusait de le faire, le 29 ou si le gouvernement lui refusait cette possibilité ? Cassam Uteem avoue ne pas savoir ce qui est prévu dans ce cas. ?Il n?y a pas de précédent. La Constitution n?est pas explicite sur ce point?.

Ce scénario peut-il se produire le 29 juillet ? Pour l?instant, il est encore trop tôt pour se prononcer. Au bureau de la présidence on affirme attendre simplement que la procédure suive son cours. Mais les signes d?une fin de la guerre froide entre la State House et l?hôtel du gouvernement tardent à se montrer. Et visiblement, le gouvernement ne fait rien pour permettre le dégel.

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