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Comment communiquent nos politiciens ?

26 juin 2005, 00:00

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Nos politiciens sont-ils de bons communicants ? Christina Chan-Meetoo, chargée de cours en communication à l?Université de Maurice, apporte son éclairage sur la question. D?abord, comment définit-elle la communication politique ? « La communication politique se définit comme l?utilisation des techniques de la communication classiques, c?est-à-dire la persuasion et la séduction, pour attirer les gens et les inciter à voter. Les enjeux pour cette campagne électorale sont clairs. Il faut se mettre en avant pour séduire et convaincre. »

Selon elle, il s?agit dans un premier temps de savoir argumenter, pour faire de la place à un vrai débat, entre les politiciens et les votants. « On voudrait qu?il y ait évolution et progrès dans les débats d?idées, mais nous assistons au même déballage. Les politiciens sont restés très folkloriques dans leur approche. Ils privilégient le visuel, le plastique. On note même un certain recul, puisque nos billboards restent vides.»

Le point d?orgue à cette campagne électorale, ce sont les émissions politiques à la télévision. Christina Chan-Meetoo note que là encore, les politiciens « sont restés au point mort. Pour moi, c?est du vaudeville. C?est une belle farce. Chaque parti politique est invité à défendre un projet de société devant des téléspectateurs-électeurs, mais ils font tous de la propagande dénonciatrice. Il n?y a aucun argument, aucune phrase savoureuses ou assassines. Mais tout cela est fort peu reluisant. C?est guindé, c?est monocorde et ça manque de dynamisme. Les électeurs sont alors forcés de choisir le moindre mal entre tous ces maux ! »

Selon elle, le rapport à l?image est faussé, d?une part parce que le format est imposé et que d?autre part, le débat télévisé fait cruellement défaut. Par contre, Christina Chan-Meetoo soutient que les radios privées jouent un rôle intéressant dans cette campagne électorale, puisqu?elles permettent d?enrichir le débat, même si, déplore-t-elle, « il y a trop de poids accordé aux coalitions majeures. Les radios privées auraient pu être davantage complices de l?émergence des petits partis. »

Quant à savoir si les radios privées peuvent « influencer » le choix de l?électorat, Christina Chan-Meetoo est d?avis qu?il y a ce qu?on appelle, « un effet de consonance et de dissonance ». C?est-à-dire que l?auditeur retiendra ce qui va dans son sens et rejettera ce qui va à l?encontre de ses opinions, même si, soutient-elle, les radios privées permettent un élargissement de la plate-forme de débat, que l?auditeur, dans son ensemble, apprécie.

Enfin, Christina Chan-Meetoo salue les quelques innovations apportées dans le paysage de cette campagne électorale, comme le hotline et les SMS pour canaliser les électeurs vers les centres de vote, même si, cet exercice est limité.

Les sites Internet de quelques candidats des grands partis politiques, bien qu?étant nouveau, dans le paysage politique, auraient pu être plus accessibles, soutient-elle. « L?Internet est censé démocratiser l?accès à l?information. Or, pour accéder à ces sites Internet, il faut avoir sous la main, l?adresse exacte du site, puisque ces sites ne sont pas indexés sur les moteurs de recherche, pas même sur le moteur de recherche local. Accéder à ces sites relève du parcours du combattant ! Une fois connecté à ces sites web, on est déçu de ce que l?on voit, puisqu?il n?y a aucune originalité dans la présentation. »

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