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communication en pleine campagne
La campagne électorale est le moment dont disposent les différents candidats pour persuader l?électorat de voter pour eux. La compétition est alors féroce entre les candidats et les partis politiques. Différentes techniques sont utilisées afin de toucher l?électeur en multipliant les apparitions publiques. Ainsi, après le Nomination Day, quand les noms des candidats des différentes circonscriptions sont connus, les réunions nocturnes, congrès, meetings et porte-à-porte commencent.
Affiches placardées avec photos souriantes des candidats, oriflammes aux couleurs des parties ornant rond-point et tout autre point visible, distribution de brochures et de pamphlets? une campagne électorale, sans tout ce tralala visuel, est inconcevable. Même certains bâtiments se mettent aux couleurs de certains partis. Il faut être le plus visible possible. Le visuel est, cependant davantage là, pour rappeler la tenue imminente des élections plutôt que pour influencer vraiment les votes.
Convaincre relève tout simplement d?une communication politique effective. Lors des différentes activités politiques, on se rend comptes d?une stratégie en trois temps pour l?alliance gouvernementale. La première consiste à discréditer autant que possible ses adversaires. Le but : dévaloriser autant l?homme que le politicien.
Deuxièmement, le bilan du parti au pouvoir est mis en avant. Ses réalisations sont d?ailleurs détaillées dans un film à la fin de chaque meeting et réunion nocturne. En dernier lieu, le parti au pouvoir pousse les électeurs à avoir peur d?un changement. L?argument de la peur est, par exemple utilisé dans le film de campagne de l?alliance gouvernementale. A l?écran, des flammes entourent la période 1995 ? 2000, puis le montage montre des images des émeutes en 1999 notamment. Le tout orchestré de manière théâtrale avec un haussement du ton qui se fait sévère.
Du côté des candidats de l?opposition, on joue aussi la carte de la dévalorisation en dénigrant le bilan du gouvernement sortant. L?attaque est frontale. A la sortie des réunions et des meetings, un film est aussi diffusé. Cette fois, il s?agit de mettre en exergue tous les manquements du gouvernement sortant.
Convaincre la masse silencieuse
Mais s?il y a des électeurs à convaincre, ce sont bien ceux qui ne se rendent pas dans les réunions, dans les congrès et autres meetings. C?est cette masse, que l?on appelle silencieuse, qui fait le plus peur aux politiciens. D?où l?importance des émissions politiques télévisées, qui sont en fait des lectures de discours uniquement. Car il ne s?agit pas de faire un débat pour éclairer davantage l?électeur. Mais simplement de venir lui répéter ce qui a été dit dans les meetings et autres réunions.
Pourtant, l?attitude est différente. L?image se soigne davantage. Maquillage, brushing, costume assorti? le sourire du premier plan cède vite la place au visage sérieux. L?image donnée doit être la plus lisse possible. Navin Ramgoolam a mis de côté les grands sourires pour charmer l?électorat. Il a tout fait pour montrer qu?il a l?étoffe et la prestance d?un Premier Ministre. Tout comme Paul Bérenger, il se penche légèrement vers la caméra. Comme dans une conversation où il n?aurait en face de lui qu?un interlocuteur, il ponctue, ses phrases et surtout ses intentions, de petits gestes de la main.
Interférence visuelle
Ils sont d?ailleurs, suffisamment bas, pour ne pas être perçu comme étant une interférence visuelle. Navin Ramgoolam veut se positionner comme un homme proche du peuple dans sa manière de lui parler de ses problèmes et de se pencher vers lui. Il veut donner l?image d?un homme changé qui a gagné en maturité politique.
A Paul Bérenger dont l?opposition reproche l?arrogance et la propension à être cynique, le principal concerné aura, à peine, esquissé un sourire. Et là encore, totalement dépourvu d?impertinence. Le langage du corps est alors empreint de sérieux. Il se tient droit lors des interventions de Pravind Jugnauth. Quand le leader du MMM prend la parole, il se penche un peu vers la caméra se rapprochant de manière virtuelle du téléspectateur.
Des gestes souvent imperceptibles auxquels l?on pourrait ne pas faire attention. Un langage du corps que les adversaires tentent de décoder. Les émissions politiques de cette semaine apporteront une contribution dans cette campagne électorale courte. La culture de l?image et de la communication politique est déjà imprégnée dans les apparitions publiques et télévisées. Il faut maintenant que l?électeur fasse attention à ne pas se laisser charmer par une simple image mais qu?il se base surtout sur ses convictions et sur des faits.
« Le langage est aussi gestuel »
Véronique Wan Hok Chee, psychologue, est persuadée que les émissions politiques sont importantes pour toutes les personnes qui ne se déplacent pas dans les meetings et autres réunions nocturnes. Le langage du corps appuie les différentes déclarations des candidats. « Tout ce qui est fait à la télévision est une stratégie de marketing. Elle vise à attirer un maximum de gens en se montrant sous un regard favorable et en ayant une attitude encourageant la proximité », explique-t-elle.
La télévision permet aussi aux téléspectateurs de voir le politicien comme il ne l?aurait peut-être pas vu dans un meeting. « Le langage n?est pas que verbal. Il est aussi gestuel. Il transmet beaucoup de message. Cela peut se voir dans la manière de s?habiller, de tenir un discours, de sourire ou encore d?autres mimiques du visage », souligne Véronique Wan Hok Chee.
A travers la télévision, ce lien de proximité peut se créer si le politicien s?y prend bien. Cela en évitant sarcasme et attitude provocante. Véronique Wan Hok Chee explique aussi que suite aux différents discours, cela ne s?arrête pas à la simple diffusion. Car selon elle, cela offre la possibilité d?un débat en famille et dans le voisinage. « Tout dépendra du talent de locuteur du politicien. Il a à peine quelques minutes pour persuader et pour convaincre l?électorat. C?est un jeu de séduction avec les téléspectateurs. Ces émissions sont importantes », devait conclure Véronique Wan Hok Chee.
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