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Didier Wong : Le goût de l?autre

25 juin 2005, 00:00

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« L?art n?a pas de limite. L?art joue avec les limites », un concept plutôt abstrait signé Didier Wong, un Mauricien étudiant en Doctorat d?Arts Plastiques et Sciences de l?Art à la Sorbonne à Paris. Il a donné récemment une conférence sur l?art contemporain au Collège Saint Esprit.

L?artiste a le calme pédagogue et une grande générosité. Qu?importe les ricanements en fond de classe face à une ?uvre abstraite ! Une fois son diplôme en poche, il s?adressera à un public plus averti, à l?université. En attendant, il continue ses recherches et ses expositions. Etudiant à Toulouse puis à Paris, Didier Wong a souvent exposé dans ces villes. Actuellement, il prépare une exposition à Lille, en attendant de pouvoir exposer à Maurice.

Bien que loin de son pays, Didier Wong suit avec intérêt l?évolution artistique du pays. «Je suis ravi de voir qu?on ne présente plus que des peintures de paysages. Le Salon de Mai est la preuve de cette évolution. La société évolue, la technologie évolue et l?art aussi» Il se dit toutefois scandalisé de l?incident qui s?est produit lors du Salon de Mai.

Défendre l?art contemporain

Pour défendre l?art contemporain, il l?explique. « L?art contemporain est provocation. L?un de ses objectifs est de déranger, de choquer, pour voir la réaction des gens. L?art prend différentes formes, ludique ou provocatrice. L?art contemporain est utile parce que les artistes osent proposer des ?uvres. Il y a une idée de transgression, pour mettre le doigt sur des problèmes sociaux».

Où se situe-t-il ? Artiste contemporain, Didier Wong se dit un provocateur soft. « Je ne prends pas position, quoique je puisse le faire. Cela viendra. J?utilise des phrases, des mots, des citations, des allusions au sexe, des gros mots.». Au public de donner son interprétation. Pourtant le public ne semble souvent pas prêt à se confronter à des ?uvres abstraites, contemporaines, choquantes. « Beaucoup ont du mal à saisir cette notion d?art plastique. L?art mauricien progresse, il y a pas mal d?artistes qui ont une volonté de faire changer le regard des gens sur l?art ». C?est un peu l?objet de sa thèse de doctorat, La peinture ça se fait avec l?Autre, ou comment démontrer que la peinture à a toujours sa place dans l?art contemporain.

Aujourd?hui les artistes privilégient les installations, la vidéo, la photo, le numérique, la peinture est abandonnée.

Il se dit intéressé par ces nouveaux médium d?expression mais reste fidèle à la peinture. Son ?uvre peut rappeler celle de Basquiat, un artiste américain qui l?a influencé, à ses débuts.

Sa démarche artistique consiste à s?inspirer des graffitis qu?il observe dans les rues, sur les murs et se les réapproprier plastiquement, avec ses explosions de couleurs et une notion d?inter-culturalité. « Les couleurs, je ne peux pas dire pourquoi. Est-ce parce que je viens d?une île, est-ce une référence à l?art enfantin ?. Je ne sais pas ». Encore une fois, chacun aura son interprétation. C?est l?autre qui décidera.

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