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“L’Empire des loups”
Le thriller glau-que existait déjà bien avant David Fincher, mais on pourrait dire qu’il l’est devenu beaucoup plus, depuis. Les exemples de ce genre assez particulier sortis post Se7en insistent en général assez lourdement sur des images de locaux mal éclairés ruelles sordides, sous-sols crasseux, etc., sans oublier les cadavres en putréfaction. L’Empire des Loups, thriller glauque de Chris Nahon, suit cette tendance, sans grande originalité pour ce qui est du visuel, mais avec pas mal d’efficacité, même s’il y a quelques décalages avec la réalité. Il est connu que Paris ne jouit pas d’un climat très ensoleillé, mais à voir ce film, on croirait que la capitale française est arrosée par la mousson dans certains pays d’Asie. L’histoire se déroulant pour en majeure partie à Paris, il pleut dans toutes les scènes d’extérieur, cela jusqu’au dernier quart d’heure plus ou moins.
Cette pluie donne à l’image une texture et une teinte qui conviennent à ce genre de film, mais cela n’a rien de très orignal. Reste que cette pluie est bien filmée dans certaines séquences : à la verticale, mais vue d’en haut. Pour le reste, il y a trois cadavres de jeunes travailleuses clandestines turques atrocement mutilés ; quelques quartiers qu’on imagine être les bas-fonds de Paris avec ateliers clandestins, souterrains obscurs, etc. ; des scènes d’intérieur tournées de nuit – à croire que personne ne dort dans cette histoire – dans des locaux mal éclairés, et un caïd de la mafia turque dont les cicatrices de brûlures à l’acide sont assez spectaculaires.
Tout en souhaitant plus, on se serait contenté de ces tableaux glauques et de cette atmosphère morbide s’il n’y avait pas cette désagréable impression que tout cela avait pour fonction première d’escamoter les faiblesses patentes du récit. En plus des meurtres en série sur lesquels enquêtent Jocelyn Quivrinen, jeune policier soucieux des règles et Jean Reno en vieux flic pas très net (l’éternel duo policier conflictuel), il y a une autre intrigue parallèle : celle d’une jeune femme (interprétée par Arly Jover) qui se fait traiter pour graves troubles de mémoire dans un hôpital militaire. L’Empire des Loups est adapté d’un roman de Jean-Christophe Grangé dont les intrigues sont réputées incompréhensibles et qui est l’un des auteurs du scénario pour le film.
Or, on pourrait reprocher au récit d’être“truqué”. Tout thriller avec des intrigues parallèles repose forcément sur ce moment où celles-ci se rejoignent, que ce soit au milieu, à la fin ou même au début du récit. Le film reposera alors sur l’anticipation et la résolution ou tout simplement (si les intrigues partent d’un seul événement) sur la résolution de ce moment. En suivant L’Empire des Loups, l’anticipation ne dure que quelques instants. Jean-Christophe Grangé nous amène vers cette jonction à travers des rebondissements qui n’ont aucune logique. Le moment lui-même est aussi explosif qu’une de ces “bombes” qu’annonçaient nos politiciens autrefois et ce qui s’ensuit est tout simplement risible, comme dans ces films d’action franchouillards des années 60 -70.
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