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Les deux alliances reprennent leurs thèmes de campagnes

24 juin 2005, 00:00

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“A la croisée des chemins”, disent les dirigeants de l’Alliance sociale. “Une décision importante pour le destin du pays”, répondent ceux de l’alliance gouvernementale. Les leaders des deux principaux blocs ont martelé les raisons pour lesquelles il faudrait voter pour eux. C’était lors des émissions politiques à la télévision hier, en vue des élections du 3 juillet prochain.

Paul Bérenger et Pravind Jugnauth, pour l’alliance MSM-MMM, et Navin Ramgoolam, Rashid Beebeejaun et Xavier-Luc Duval, pour l’alliance de l’opposition, ont tenu un discours à l’électricité contraire. Les premiers ont plaidé pour que “le progrès continue” et les seconds, pour le “changement”.

Navin Ramgoolam s’est évertué à convaincre les téléspectateurs de la nécessité de sanctionner un gouvernement qui, selon lui, “a fait tout le contraire de ce qu’il avait dit”. Il les invite à se demander s’il faut continuer avec une telle équipe. Il rappelle que le Premier ministre (PM)avait déclaré que “l’économie est en état d’urgence” et dresse un tableau sombre.

<B>Rs 55 mds de réserve</B>

À cela, Paul Bérenger oppose, lui, un gouvernement qui est “le premier à avoir complété un mandat de cinq ans… avec le sentiment du devoir accompli”, alors qu’il évoque la période 1995-2000, qui illustre “le fiasco du Parti travailliste”: il ne se prive pas de citer les cas de l’Amicale et de l’escadron de la mort.

Les deux blocs ont profité de ce passage à l’antenne pour comparer longuement leurs bilans respectifs lorsqu’au pouvoir. “Zot ti promet ou…”, lance Navin Ramgoolam comme un leitmotiv. Toutes les promesses, dit-il, n’ont pas été respectées par l’Alliance MSM-MMM : “Plus de 60 000 chômeurs… une dette publique qui a augmenté… une détérioration de la qualité de la vie… échec de la lutte contre la fraude et la corruption, contre l’insécurité, contre la drogue… Aujourd’hui, le pays est divisé plus que jamais”.

Bilan catastrophique, diront également les deux leaders de l’alliance MSM-MMM, en évoquant la période 1995-2000. “Nous avons hérité d’un pays traumatisé et nous avons ramené la confiance”, soutient Pravind Jugnauth. Ce dernier cite les “Rs 55 milliards de réserve”, le déficit budgétaire réduit, “la création de plus de 50 000 emplois”, la réforme de l’industrie sucrière, que “Navin Ramgoolam n’a pas restructurée alors que nous, nous avons eu le courage d’initier les réformes indispensables”. “Progre bizin kontinie”, insistent Paul Bérenger et Pravind Jugnauth. Le PM explique pourquoi les électeurs devraient faire confiance à l’alliance MSM-MMM. Il vante ainsi un bilan où “le pays a été remis sur les rails… où l’unité a été retrouvée entre les communautés… où la démocratie a été rétablie… où le système éducatif a été démocratisé et réformé (...)Un bilan formidable”, réalisé grâce à une “équipe sérieuse, hardworker, disciplinée et intègre”. Une équipe qu’il compare à une Alliance sociale qu’il définit comme un “galimatia électoral”.

“Mon équipe et moi”, c’est le refrain que lui oppose Navin Ramgoolam, qui veut bien faire comprendre qu’il travaille au sein d’un collectif. La double présence de Rashid Beebeejaun et de Xavier-Luc Duval en témoigne. Et c’est cette équipe qui, selon lui, mettra fin “à l’arrogance et au mépris du gouvernement sortant”. Les rôles des animateurs de cette équipe étaient définis.

Rashid Beebeejaun a fustigé Paul Bérenger alors que Xavier-Luc Duval a axé son intervention sur des question économiques. Il plaide pour la construction d’une île Maurice plus équitable. Il estime que tous les secteurs de la vie économique ont souffert ces cinq dernières années à cause “de l’incompétence du gouvernement”. “Bérenger a attaqué tous les pays amis. Ils ont tout mis sur le compte d’un contexte économique difficile alors que ce sont eux qui sont des incompétents… Nous, nous amènerons le progrès sans l’arrogance”, assure-t-il.

<B>Thème de la trahison</B>

“L’histoire politique de Bérenger, c’est l’histoire des trahisons”, affirme d’emblée Rashid Beebeejaun. Il reprend le thème des “cinq familles” pour lesquelles Bérenger travaillerait et de toutes les promesses qu’il n’aurait pas tenues. “Il s’est présenté comme un Zorro de l’unité nationale et quand il est arrivé au pouvoir, il a divisé pour régner”, assène le n° 2 du PTr. Et c’est sur ce thème de la trahison qu’il a consacré l’essentiel de son intervention.

A cela, Pravind Jugnauth oppose sa parole et celle de Paul Bérenger. “Paul et moi, nous sommes des gens de parole. Nous prenons des décisions et nous agissons”, rétorque-t-il. Dans la même veine, il rappelle que l’alliance MSM-MMM avait l’engagement de proposer davantage de candidatures féminines. Un engagement respecté, ajoute-t-il. Auparavant, il a pris un autre engagement : celui de venir encore plus en aide aux plus défavorisés de la société. C’est un leadership qu’il qualifie de “fort et d’éclairé” qui permet d’atteindre des résultats.

“Notre victoire sera la vôtre”, conclut Pravind Jugnauth. “Ensemble, nous allons construire une meilleure île Maurice”, avait affirmé Navin Ramgoolam avant lui. Les politiques s’invitent désormais dans nos salons. Et, pour leurs premières interventions, ils ont choisi de se la jouer très courtois.

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